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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-25DA01017

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-25DA01017

jeudi 30 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-25DA01017
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantFOUTRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... a demandé au tribunal administratif de Rouen d’annuler l’arrêté du 17 octobre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination et d’enjoindre à l’administration compétente de réexaminer sa demande, sous astreinte.

Par un jugement n° 2500457 du 20 mai 2025, le tribunal administratif de Rouen a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 juin et 10 septembre 2025, M. A..., représenté par Me Foutry, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement ;

2°) d’annuler cet arrêté ;

3°) d’enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans le délai d’un mois à compter de la décision à intervenir.


Il soutient que :
il est père d’un enfant né de sa relation avec une ressortissante canadienne titulaire d’une carte de résident et exerce un droit de visite sur son enfant ;
l’acte méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l’article 6-5 de l'accord franco-algérien.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 21 août 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
l’accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, complété par un protocole, deux échanges de lettres et une annexe, modifié, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;
le code des relations entre le public et l’administration ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement (…) des cours peuvent, par ordonnance : (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 (…) ». Aux termes du dernier alinéa du même article : « (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…), par ordonnance, rejeter (…) (…), les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application de l'une des dispositions des 1° à 7°. ».

2. M. A..., ressortissant algérien né le 19 septembre 1996, déclare être entré en France fin 2020. Il relève appel du jugement du 20 mai 2025 par lequel le tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté du 17 octobre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

3. Aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : « (...) / Le certificat de résidence d’un an portant la mention « vie privée et familiale » est délivré de plein droit : / (…) / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; (…) ».

4. M. A... est entré irrégulièrement en France. Il a obtenu un titre de séjour valable de 2023 au 12 août 2024 à la suite de la naissance d’un enfant né de sa relation avec une ressortissante canadienne titulaire d’une carte de résident. Il a toutefois été condamné le 19 avril 2024 à un an d’emprisonnement avec sursis pour des faits de violence sur sa conjointe en présence de leur enfant et sur un mineur, qui semble être le fils de son ex compagne. Contrairement à ce qu’il allègue son comportement constitue bien une menace pour l’ordre public. Il s’est vu retirer l’autorité parentale sur son enfant né en 2022 qu’il ne voit que dans le cadre d’un droit de visite. Il n’est pas dépourvu d’attaches en Algérie où résident ses parents. Dans les circonstances de l’espèce, en refusant de renouveler le titre de séjour de M. A..., le préfet n’a ni méconnu l’article 6-5 de l'accord franco-algérien ni les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d’injonction.



ORDONNE :



Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A..., au ministre de l’intérieur et à Me Foutry.


Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.



Fait à Douai le 30 octobre 2025.

La présidente de la 1ère chambre,





Signé : G. Borot






La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.



Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,





Nathalie Roméro


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