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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-25DA01048

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-25DA01048

mardi 9 septembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-25DA01048
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantWELSCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler l'arrêté du préfet de l'Aisne du 16 décembre 2024 portant refus de renouveler son titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant un an.

Par un jugement n° 2500309 du 15 mai 2025, le tribunal administratif d'Amiens a annulé l'interdiction de retour en France et rejeté le surplus de la demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 12 juin 2025, M. B, représenté par Me Maud Welsch, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement en ce qu'il n'a pas accueilli sa demande ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et la fixation du pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais de justice.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 16 juillet 2025, l'aide juridictionnelle totale a été accordée au requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements ;

- la circulaire du ministre de l'intérieur du 22 juillet 2011 sur la maîtrise de l'immigration au titre des liens personnels et familiaux ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il y a lieu d'écarter par adoption des motifs du jugement les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de l'insuffisance de la motivation de l'arrêté et du défaut d'examen de la situation.

3. M. B est entré en France en février 2021, a été confié à l'aide sociale à l'enfance en avril 2021 et a obtenu un titre de séjour " travailleur temporaire " jusqu'en août 2024.

4. Toutefois, si M. B s'est inscrit en CAP pâtisserie en septembre 2022, il n'a produit aucun relevé de notes et son contrat d'apprentissage a pris fin en août 2024.

5. Le contrat d'engagement jeune signé par M. B en septembre 2024 avait seulement pour objet de l'aider à trouver un emploi.

6. Il résulte de l'article R. 5221-6 du code du travail que le contrat signé par M. B et une entreprise d'insertion en novembre 2024, sur le fondement de l'article L. 5132-5 de ce code, ne permettait pas d'obtenir un titre de séjour " travailleur temporaire ".

7. Pour l'application de l'article 5 de la convention franco-ivoirienne, à la date de l'arrêté, une autorisation de travail n'avait pas été demandée et ce contrat de travail n'avait pas été visé par l'autorité compétente.

8. Ce contrat aidé était à durée déterminée et sur un poste de manutentionnaire sans lien avec la formation antérieure de M. B et sans qualification particulière.

9. M. B, né en février 2005, a vécu la majeure partie de sa vie en Côte d'Ivoire où résident sa mère et sa fratrie. Selon le rapport social de novembre 2022, il " est en lien avec sa famille restée en Côte d'Ivoire. Ils s'appellent temporairement pour prendre des nouvelles ".

10. Dans ces conditions, alors que la circulaire du 22 juillet 2011 ne peut utilement être invoquée, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation même au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas violé les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 421-3, L. 423-23 et L. 612-1 de ce code et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de cette convention.

11. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.

12. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :

13. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

14. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me Maud Welsch.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Aisne.

Fait à Douai, le 9 septembre 2025.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Elisabeth Héléniak

N°25DA01048

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