jeudi 30 juin 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-20LY00721 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SCP BIENVENU MYRIEL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Dijon, d'une part, d'annuler la décision du 3 avril 2019 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) de l'a licenciée pour motif disciplinaire de l'emploi fonctionnel de directrice de la santé publique qu'elle occupait au sein de l'établissement, d'autre part, d'enjoindre à cette autorité de la réintégrer jusqu'à échéance de son contrat.
Par un jugement n° 1901114 lu le 19 décembre 2019, le tribunal a fait droit à sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 février 2020 et le 6 octobre 2020 (ce dernier non communiqué), l'ARS de , représentée par Me Bergès et Me Gallardo, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement et de rejeter la demande présentée au tribunal par Mme A ;
2°) de condamner Mme A au remboursement des sommes perçues en exécution de l'injonction juridictionnelle en reconstitution de carrière ;
3°) de mettre à la charge de Mme A une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que le tribunal a retenu comme fondé le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure dès lors, d'une part, que Mme A a été informée de l'objet de l'entretien préalable, d'autre part, qu'elle a obtenu communication en temps utile de son dossier auquel ne manquait qu'une pièce non décisive, enfin, à supposer que ces irrégularités soient constituées, qu'elles n'ont pas eu d'effet sur les garanties disciplinaires ou le sens de la décision ;
- par voie d'effet dévolutif, les autres moyens invoqués en première instance doivent être écartés comme non fondés.
Par un mémoire enregistré le 29 juin 2020, Mme A, représentée par Me Nicolle, conclut au rejet de la requête et demande à la cour de mettre à la charge de l'ARS de une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que la cour est susceptible de relever d'office la méconnaissance du champ d'application du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, notamment de ses dispositions organisant la procédure disciplinaire des agents contractuels de l'État, catégorie dont Mme A, agent titulaire de l'État, ne relevait pas pendant sa période de détachement, alors même qu'un contrat à durée déterminée définissait ses fonctions et sa rémunération dans l'établissement d'accueil (article 45 de la loi n° 84-16 et du décret n° 85-986 du 16 septembre 1985).
Par un mémoire enregistré le 4 mai 2022, l'ARS de , répliquant à cette mesure d'instruction, persiste dans ses conclusions et soutient que le régime disciplinaire des agents contractuels était applicable à Mme A en vertu de la combinaison de l'article 13 ter de la loi du 13 juillet 1983, de l'article 45 de la loi du 11 janvier 1984 et de l'article L. 1432-2 du code de la santé publique.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 85-986 du 16 septembre 1985 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2015-1539 du 26 novembre 2015 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Arbarétaz, président de chambre ;
- les conclusions de M. Chassagne, rapporteur public ;
- et les observations de Me Aziere pour l'ARS de ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 14 juin 2022, présentée par Me Bergès, pour l'ARS de .
Considérant ce qui suit :
1.Mme A, fonctionnaire relevant du corps des ingénieurs du génie sanitaire de l'État, a été détachée pour trois ans à compter du 1er février 2017 auprès de l'ARS de qui l'a engagée sous contrat et l'a affectée aux fonctions de directrice de la santé publique. A la suite de divergences sur un projet de réorganisation et de souffrances au travail ressenties par certains agents placés sous l'autorité de l'intéressée, le directeur général, après avoir envisagé un changement d'affectation, l'a licenciée pour faute grave par décision du 3 avril 2019. L'ARS de relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Dijon a annulé cette décision et a enjoint à son directeur général de reconstituer la carrière de Mme A.
Sur l'appel de l'ARS de :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les moyens de la requête :
2.Considérant qu'en vertu des dispositions de l'article 45, alors en vigueur, de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, le fonctionnaire placé en position de détachement continue de bénéficier dans son corps d'origine de ses droits à l'avancement et à la retraite. Il s'ensuit qu'il demeure assujetti aux règles disciplinaires applicables à son corps d'origine auxquelles ne saurait faire obstacle le contrat à durée déterminée signé à la prise de fonction, qui n'a pour objet que de définir le contenu des missions et les modalités de la rémunération, mais ne peut avoir pour effet de soumettre un fonctionnaire à un régime d'agent non titulaire. En conséquence et hors le cas des militaires dont la situation est régie par l'article 13 ter, alors en vigueur, de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, tout manquement commis par un fonctionnaire de l'État dans son emploi de détachement ne peut être sanctionné que par l'autorité investie du pouvoir disciplinaire sur les membres du corps dont relève l'agent poursuivi, et selon les règles de procédure et de fond en vigueur pour les agents titulaires de la fonction publique de l'État.
3.Mme A, fonctionnaire détachée du ministère de la santé, ne relevait pas du champ d'application du décret susvisé du 17 janvier 1986 réservé aux contractuels de l'État et l'ARS de n'a pu faire une application régulière des dispositions de ce texte qui organisent la procédure disciplinaire des agents sous contrat.
4.Il résulte de ce qui précède que l'ARS de n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal a annulé la décision de licenciement pour faute grave de Mme A et enjoint à son directeur général de reconstituer la carrière de l'intéressée. Les conclusions de sa requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5.Les conclusions présentées par l'ARS de , partie perdante, doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme A.
DÉCIDE :
Article 1er :La requête de l'ARS de est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :Le présent arrêt sera notifié à l'agence régionale de santé de Bourgogne Franche-Comté et à Mme B A.
Délibéré après l'audience du 9 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Arbarétaz, président de chambre ;
M. Seillet, président assesseur ;
Mme Djebiri, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2022.
Le président, rapporteur,
Ph. ArbarétazLe président assesseur,
Ph. Seillet
La greffière,
A. Le Colleter
La République mande et ordonne au ministre de la prévention et de la sante, en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,ap
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026