jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-20LY02259 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | ARCO-LEGAL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La fédération Flying Disc France a demandé au tribunal administratif de Lyon de condamner la commune de Feurs à lui verser la somme de 99 786,69 euros, outre intérêts de droit, en indemnisation des préjudices nés de l'arrêté du 30 juillet 2018 par lequel le maire de Feurs aurait illégalement interdit la poursuite de la manifestation "Ultimate Future Club France 2018" organisée du 28 juillet au 3 août 2018.
Par jugement n° 1900465 du 10 juin 2020, le tribunal a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 7 août 2020, la fédération Flying Disc France, représentée par Me Fergeon, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de condamner la commune de Feurs à lui verser la somme de 99 786,69 euros ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Feurs la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'interdiction de poursuivre la compétition prononcée par le maire est disproportionnée au regard de l'objectif de maintien de l'ordre public en vue duquel il a été pris, de sorte que l'arrêté municipal du 30 juillet 2018 est illégal ;
- cette illégalité est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de la commune ;
- son préjudice financier est constitué par le remboursement de différents frais, dont elle présente les justificatifs, qu'elle a exposés pour cette compétition à hauteur de 49 786,69 euros ;
- son préjudice d'image s'élève à 50 000 euros.
La commune de Feurs, à laquelle la requête a été communiquée, n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Savouré, rapporteur public,
- et les observations de Me Fergon pour la fédération Flying Disc France ;
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une intoxication alimentaire survenue lors de la compétition "Ultimate Future Club France 2018" organisée du 28 juillet au 3 août 2018 par l'association Fumble sur le territoire de la commune de Feurs qui accueillait deux-cent-cinquante participants âgés de 17 à 19 ans, le maire de Feurs a décidé, par arrêté du 30 juillet 2018, d'annuler la suite de la compétition. La fédération Flying Disc France, estimant que l'arrêté municipal était illégal, a saisi la commune d'une réclamation préalable tendant à la réparation du préjudice subi résultant des frais qu'elle a dû exposer pour l'organisation de cette compétition et de l'atteinte portée à son image. A la suite du rejet implicite de sa réclamation, elle a saisi le tribunal administratif de Lyon qui a rejeté sa demande par un jugement du 10 juin 2020 dont elle relève appel.
2. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du compte-rendu de la réunion qui s'est déroulée le 14 septembre 2018 à la sous-préfecture de Montbrison, que quarante-trois adolescents, et non trente-quatre comme indiqué dans l'arrêté municipal, participants à la compétition, ont été intoxiqués au cours du déjeuner servi le 29 juillet 2018 par l'organisateur de la compétition. D'importants services de secours ont été mobilisés. Quatorze participants, six israéliens, sept belges et un colombien, ont dû être hospitalisés jusqu'au 30 juillet 2018 pour un bilan médical. Eu égard, tant au nombre qu'à l'âge des participants victimes des mêmes symptômes dont le maire de Feurs ignorait alors les causes et ne pouvait augurer des suites, la mesure d'interdiction de poursuivre la compétition ne peut être regardée comme disproportionnée à l'impératif de protection des participants, alors qu'en outre, une vague de chaleur traversait la France et pouvait laisser craindre une aggravation de la situation sanitaire. Il est, dès lors, sans incidence que les intoxications alimentaires aient ultérieurement été attribuées aux conditions de préparation et de conservation des aliments fournis à l'organisateur de la compétition par un tiers. Par suite, la fédération Flying Disc France n'est pas fondée à soutenir qu'en prenant un tel arrêté le maire de Feurs aurait commis une faute de nature à engager la responsabilité de la commune.
3. Il résulte de ce qui précède que la fédération Flying Disc France n'est pas fondée à se plaindre de ce que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la fédération Flying Disc France est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la fédération Flying Disc France et à la commune de Feurs.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Arbarétaz, président,
Mme Evrard, présidente assesseure,
Mme Duguit-Larcher, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
A. ALe président,
Ph. Arbarétaz
Le greffier,
J. Billot
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026