vendredi 20 mai 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-20LY03626 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | YVER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 446707 du 4 décembre 2020, enregistrée à la cour le 11 décembre 2020 sous le n° 20LY03626, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis à la cour administrative d'appel de Lyon, en application de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, la requête de Mme B F, Mme C F, épouse E, et Mme D F, tendant à l'annulation de la décision du 20 mai 2019 du conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme, décidant de transmettre leur plainte contre un médecin du centre hospitalier de Romans-sur-Isère à la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes de l'ordre des médecins, et de la décision du 10 septembre 2020 du conseil national de l'ordre des médecins, décidant de ne pas traduire le médecin concerné par leur plainte devant la chambre disciplinaire de première instance de l'ordre des médecins Auvergne-Rhône-Alpes, et à la réparation des préjudices résultant de ces décisions, pour se prononcer sur le renvoi de l'affaire devant une autre juridiction au motif que les requérantes mettaient en doute l'impartialité du tribunal administratif de Grenoble.
Mme B F, à titre personnel et en qualité de mandataire de ses sœurs, a été invitée par une lettre du 21 décembre 2020 à faire régulariser leur requête par un avocat ou un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation.
Par des décisions du 23 juin 2021 les demandes d'aide juridictionnelle présentées pour Mmes B F et Ourda F épouse E ont été rejetées par la section cour administrative d'appel du bureau d'aide juridictionnelle de Lyon et par des décisions des 17 novembre 2021 et 23 mars 2022 des demandes d'aide juridictionnelle présentées pour Mme D F ont également été rejetées. Toutefois, par une décision du 7 juillet 2021, Mme B F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par la section tribunal administratif du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Grenoble pour une action devant le tribunal administratif de Grenoble.
Par un mémoire enregistré le 16 septembre 2021, Mme B F, représentée par Me Yver, demande à la cour le renvoi de l'affaire devant le tribunal administratif qu'il lui plaira de désigner.
Elle soutient que :
- le Conseil d'Etat a renvoyé l'affaire devant la cour administrative d'appel en vue de la désignation d'un tribunal administratif autre que celui de Grenoble dont l'impartialité est remise en question par les demanderesses ;
- le conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme et la chambre disciplinaire de première instance d'Auvergne-Rhône-Alpes n'ont pas respecté les délais de procédure ;
- les décisions contestées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- ces décisions sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Suite à la réception de mémoires en désistement présentés par Mme B F dans d'autres instances, Mme B F a été invitée par lettre du 6 octobre 2021, en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à maintenir les conclusions de sa requête et, par un mémoire, enregistré le 6 octobre 2021, Mme B F, représentée par Me Yver a confirmé le maintien de sa requête.
Par un mémoire, enregistré le 25 février 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 24 avril 2022 et communiqué avec la mention que l'instruction est close en ce qui concerne les conclusions en suspicion légitime et que l'instruction se poursuivra devant le tribunal qui sera désigné par le présent arrêt en ce qui concerne le fond de l'affaire, le conseil national de l'ordre des médecins, représenté par la société d'avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation Matuchansky, Poupot et Valdelièvre, conclut à l'attribution de l'affaire au tribunal administratif que la cour choisira et, à titre subsidiaire, au rejet des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- l'affaire n'a été renvoyée à la cour que pour qu'elle désigne le tribunal administratif compétent pour statuer sur les conclusions de la requête ;
- les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables ;
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme sont également irrecevables, cette décision n'étant pas détachable de la procédure disciplinaire ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Un mémoire, présenté pour Mme F a été enregistré le 26 avril 2022 et n'a pas été communiqué en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au tribunal administratif de Grenoble et au conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pourny, président-rapporteur,
- et les conclusions de Mme Cottier, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A F, mère des requérantes, a subi le 4 septembre 2014 une ponction lombaire au centre hospitalier de Romans-sur-Isère. Elle en a gardé des séquelles importantes. Un premier expert, désigné par une ordonnance du 16 juillet 2015 du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, a retenu, dans son rapport du 26 février 2016, que les soins prodigués à Mme A F n'ont pas été attentifs, diligents, conformes aux données acquises de la science médicale et adaptés à son état et cet expert a évalué les préjudices en résultant. Mme A F a ensuite été victime d'un accident vasculaire cérébral, le 30 août 2016, et elle a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Grenoble une nouvelle expertise, en vue d'établir l'existence d'une aggravation de son préjudice. Cette expertise a eu lieu après son décès survenu le 10 juillet 2017. Estimant que le décès de Mme A F est en lien avec la ponction lombaire réalisée le 4 septembre 2014, les requérantes ont, d'une part, présenté plusieurs requêtes au tribunal administratif de Grenoble, qui aurait alors fait preuve à leur égard d'un manque d'impartialité, d'autre part, engagé des procédures devant les juridictions judiciaires à l'encontre du médecin qui a pratiqué la ponction lombaire en septembre 2014, et, enfin, saisi en janvier 2019 le conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme d'une plainte envers ce médecin. Le conseil départemental a décidé le 20 mai 2019 de ne pas s'associer à cette plainte qu'il a transmise à la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes de l'ordre des médecins et cette plainte a été rejetée pour irrecevabilité manifeste par une ordonnance du 20 décembre 2019 du président de cette chambre disciplinaire. Les requérantes ont alors saisi le conseil national de l'ordre des médecins qui a refusé, par une décision du 30 septembre 2020, de traduire le médecin concerné devant la chambre disciplinaire de première instance de l'ordre des médecins du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. Refusant de saisir le tribunal administratif de Grenoble, compte tenu du conflit qui les opposerait à ce tribunal administratif, les requérantes ont demandé directement au Conseil d'Etat l'annulation de la décision du 20 mai 2019 du conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme, l'annulation de la décision du 30 septembre 2020 du conseil national de l'ordre des médecins, la condamnation du conseil national de l'ordre des médecins et du conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme à les indemniser des préjudices qu'elles auraient subis du fait de ces décisions, et le renvoi de l'affaire devant une autre chambre disciplinaire. Par une ordonnance du 4 décembre 2020 le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué leur demande à la cour administrative d'appel de Lyon pour qu'elle se prononce sur le renvoi de l'affaire devant une autre juridiction de l'ordre administratif. Dès lors, il appartient à la cour, qui doit être regardée comme saisie d'une demande de renvoi pour cause de suspicion légitime, de se prononcer sur cette demande et d'attribuer le jugement du fond de l'affaire au tribunal territorialement compétent pour en connaître, si elle estime cette demande de renvoi infondée, ou à un autre tribunal administratif, dans le cas contraire.
2. Tout justiciable est recevable à demander à la juridiction immédiatement supérieure qu'une affaire dont est saisie la juridiction compétente soit renvoyée à une autre juridiction lorsqu'il suspecte le tribunal compétent de partialité dès lors qu'il en justifie les raisons. Aucune disposition ne fait obstacle à ce que la juridiction immédiatement supérieure choisisse, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, une juridiction qui n'est pas située dans son propre ressort territorial.
3. Il n'est pas contesté que dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il y a lieu pour la cour administrative d'appel de Lyon, qui doit se prononcer sur le renvoi de l'affaire devant une autre juridiction que le tribunal administratif de Grenoble normalement compétent pour en connaître, de renvoyer l'affaire à un autre tribunal administratif. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de renvoyer l'affaire au tribunal administratif de Paris.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement des conclusions de la demande de Mme F et autres, présentées directement devant le Conseil d'Etat, est attribué au tribunal administratif de Paris.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme B F, agissant en son nom personnel et en qualité de mandataire de ses sœurs, au conseil départemental de l'ordre des médecins de la Drôme, au conseil national de l'ordre des médecins et aux tribunaux administratifs de Grenoble et de Paris.
Délibéré après l'audience du 28 avril 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pourny, président de chambre,
M. Gayrard, président assesseur,
Mme Conesa-Terrade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mai 2022.
Le président-rapporteur,
F. Pourny
L'assesseur le plus ancien,
J.-P. Gayrard
La greffière,
F. Abdillah
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026