mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-20LY03803 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | SARL LE PRADO - GILBERT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Lyon de condamner les hospices civils de Lyon à lui verser la somme de 95 000 euros, assortie des intérêts au taux légal.
Par un jugement n° 1909545 du 22 septembre 2020, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2020, M. A B, représenté par Me Parisi, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1909545 du 22 septembre 2020 du tribunal administratif de Lyon ;
2°) de condamner les hospices civils de Lyon à lui verser la somme de 25 000 euros, assortie des intérêts au taux légal ;
3°) de mettre à la charge des hospices civils de Lyon une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
* c'est à tort que le tribunal administratif de Lyon n'a pas reconnu la faute de l'hôpital pour méconnaissance de l'article L. 1112-1 du code de la santé publique ;
* il a subi un préjudice d'établissement estimé à 25 000 euros.
Par un mémoire, enregistré le 12 octobre 2021, les hospices civils de Lyon, représentés par Me Le Prado, concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* le code de la santé publique ;
* la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
* le code de la justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
* le rapport de M. Gayrard, président assesseur,
* les conclusions de Mme Cottier, rapporteure publique,
* et les observations de Me Parisi, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 20 novembre 1964, a été hospitalisé du 19 au 21 mai 2011 au centre hospitalier Lyon sud, faisant partie des hospices civils de Lyon (HCL), pour une endoscopie de contrôle à la suite de laquelle il déclare avoir présenté des saignements persistants au niveau de l'anus. Le 5 septembre 2011, un examen proctologique a mis en évidence une tumeur volumineuse allant du rectum à l'anus avec extension extradigestive et sur la prostate. Cette tumeur a été traitée par radiothérapie et chimiothérapie puis a été pratiquée le 10 février 2012 une pelvectomie totale avec cystectomie, colostomie et urétrectomie. Le 25 juin 2012, une métastasectomie pulmonaire droite par thoracotomie a été pratiquée suivie de nouvelles chimiothérapies et radiothérapies. M. B a également souffert d'occlusions liées à une fistule anastomotique nécessitant une résection du grêle et une iléostomie terminale le 18 juillet 2013 et présente une insuffisance rénale chronique. Par ordonnance du 9 avril 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a ordonné une expertise dont le rapport a été déposé le 3 août suivant. La réclamation préalable de M. B du 23 juillet 2019 a été expressément rejetée par les HCL le 11 octobre suivant. Par requête enregistrée le 10 décembre 2019, M. B a demandé au tribunal administratif de Lyon de condamner les HCL à lui verser la somme de 95 000 euros assortie des intérêts moratoires. Par un jugement n°1909545 du 22 septembre 2020, dont M. B relève appel, le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.
Sur la responsabilité :
2. Au préalable, en cause d'appel, M. B n'invoque plus la faute tenant à un retard de diagnostic de sa tumeur mais uniquement le défaut d'information des HCL sur la possibilité de conserver des gamètes à l'origine d'un préjudice d'établissement qu'il évalue à 25 000 euros.
3. L'article L. 1111-2 du code de la santé publique dispose que : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus ". Indépendamment de la perte d'une chance de refuser un acte médical, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus lors de cet acte ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a pu subir du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité, notamment en prenant certaines dispositions personnelles. L'existence d'un tel préjudice ne se déduit pas de la seule circonstance que le droit du patient d'être informé des risques de l'acte médical a été méconnu. Il appartient à la victime d'en établir la réalité et l'ampleur.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que M. B a été informé des risques encourus en matière de fertilité en raison de l'intervention chirurgicale de pelvectomie totale réalisée le 10 février 2012 mais aussi des séances de chimiothérapie pratiquées à compter d'octobre 2011. Toutefois, le requérant fait grief aux HCL de ne pas l'avoir informé de la possibilité de réaliser à titre préventif un prélèvement de gamètes en vue de les conserver dans la perspective d'une fécondation in vitro. Même à regarder une telle information comme une action de prévention que les médecins des HCL auraient dû porter à sa connaissance conformément aux dispositions de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, il résulte de l'instruction que M. B a fait lui-même une demande de conservation de sperme début janvier 2012 mais que la tentative de recueil effectuée au CECOS du groupement hospitalier Est des HCL le 9 mars 2012 a échoué. Si le requérant soutient que cet échec ait dû à la chimiothérapie, il n'est pas établi que ce traitement en soit la cause, le médecin du CECOS indiquant que le traitement à base de neuroleptiques que prenait l'intéressé depuis une dizaine d'années pour traiter une psychose était à l'origine de troubles de l'érection et de l'éjaculation et l'expert confirmant la survenue fréquente de troubles de l'érection et de l'éjaculation chez des patients soumis à des traitements neuroleptiques de longue durée. Enfin, il est constant que l'intéressé n'a pas réalisé de spermogramme et n'a pas souhaité pratiquer d'auto-injections intra-caverneuses pour restaurer les érections comme il lui a été proposé. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas que le défaut d'information reproché soit à l'origine du préjudice d'établissement allégué. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Sur les frais du litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 s'opposent à ce que les HCL, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, versent une quelconque somme à M. B, au titre de frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
6. Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros sont laissés à la charge de l'Etat, au titre de l'aide juridictionnelle totale dont bénéficie M. B, partie perdante tenue aux dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros, sont laissés à la charge de l'Etat, au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B, à la caisse primaire d'assurance maladie du Rhône, aux hospices civils de Lyon et à la société hospitalière d'assurances mutuelles.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
* M. Pourny, président de chambre,
* M. Gayrard, président assesseur,
* Mme Conesa-Terrade, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
J-P GayrardLe président,
F. Pourny
La greffière,
F. Abdillah
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026