jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY00426 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS PHILIPPE PETIT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme O J, M. R H, M. et Mme A D, S E, M. B K, Mme N F, M. G L, Mme M P et M. C I ont demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du 19 décembre 2019 par lequel le maire de Roanne a délivré à la SCCV Phenix 327 un permis de construire portant sur la réalisation d'un programme immobilier comprenant quatre locaux tertiaires et dix-sept logements.
Par un jugement n° 2003393 du 8 décembre 2020, le tribunal administratif de Lyon a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 12 février 2021 et un mémoire en réplique enregistré le 27 juillet 2021, Mme O J, M. R H, Mme Q E, M. B K, Mme N F, M. G L, Mme M P et M. C I, représentés par la Selas DFP et associés, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 8 décembre 2020 ;
2°) d'annuler cet arrêté du 19 décembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Roanne et de la SCCV Phénix 327 la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 mai 2021 et 27 septembre 2021, la SCCV Phénix 327, représentée par la Selas Léga-Cité, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire enregistré le 4 octobre 2021, la commune de Roanne, représentée par la Selarl Philippe Petit et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Par un arrêt avant-dire-droit du 14 décembre 2021, la cour a, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sursis à statuer jusqu'à l'expiration du délai de quatre mois imparti à la SCCV Phénix 327 pour justifier d'une mesure de régularisation, au regard du vice que cet arrêt a retenu.
Par un mémoire enregistré le 22 mars 2022, la SCCV Phénix 327 a justifié avoir obtenu, par arrêté du 18 mars 2022 du maire de Roanne, un permis de construire modificatif en vue de régulariser son projet.
Par un mémoire enregistré le 3 mai 2022, les requérants persistent dans leurs conclusions en demandant en outre l'annulation de l'arrêté du 18 mars 2022 du maire de Roanne.
Ils soutiennent que si le permis de construire modificatif régularise le vice tiré de la dangerosité de l'accès sur la voie publique, les voies de circulation nouvellement créées dans les parkings ont une largeur inférieure à 2,5 mètres, en méconnaissance des dispositions de l'article DG 8 du règlement du PLU.
Par un mémoire enregistré le 9 mai 2022, la SCCV Phenix 327 persiste dans ses conclusions.
Elle soutient que le permis modificatif régularise le vice du permis initial et que le moyen des requérants dirigé contre le permis modificatif n'est pas fondé.
Par un mémoire enregistré le 30 mai 2022, la commune de Roanne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens dirigés contre le permis de régularisation ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thierry Besse, président-assesseur,
- les conclusions de M. Jean-Simon Laval, rapporteur public,
- les observations de Me Niord pour Mme J et autres, celles de Me Chardonnet pour la commune de Roanne et celles de Me Depenau, substituant Me Perrier, pour la SCCV Phenix 327 ;
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 19 décembre 2019, le maire de Roanne a délivré à la SCCV Phenix 327 un permis de construire portant sur la réalisation d'un programme immobilier comprenant quatre locaux tertiaires et dix-sept logements. Mme J et autres relèvent appel du jugement du 8 décembre 2020 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté leur demande tendant à l'annulation de ce permis.
2. Par un arrêt avant-dire-droit du 14 décembre 2021, la cour a sursis à statuer sur la requête, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois imparti à la SCCV Phenix 327 pour justifier d'une mesure de régularisation du vice tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article DG 8 du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux accès et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en raison de la dangerosité de l'accès projeté sur la rue Saint-André.
3. La SCCV Phenix 327 a produit en cours d'instance l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le maire de Roanne lui a délivré un permis de construire modificatif en vue de régulariser ce vice.
4. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit désormais que l'accès et la sortie de tous les véhicules accédant aux places de stationnements situées au rez-de-chaussée et au sous-sol se feraient respectivement par la rue Saint-André et la rue Saint-Alban, dans le sens de la circulation et sans manœuvre sur la voie publique. Ainsi, le permis modificatif du 18 mars 2022 ne méconnaît ni les dispositions de l'article DG 8 du règlement du PLU relatives aux accès ni les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
5. Aux termes de l'article DG 8 du règlement du PLU : " Voirie./ Les voies privées doivent avoir des caractéristiques adaptées à l'approche du matériel de lutte contre l'incendie, et des véhicules de collecte des déchets. Leurs dimensions, formes et caractéristiques techniques doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et aux opérations qu'elles doivent desservir. Elles devront être compatibles avec un aménagement d'ensemble de la zone./ Les voies privées se terminant en impasse doivent être aménagées de telle sorte que les véhicules fassent demi-tour./ Dans les espaces de parking, toute voie de circulation nouvellement créée, devra présenter une larguer minimum de 2,50 mètres (hors trottoir). "
6. Les dispositions du dernier alinéa de l'article cité au point précédent, relatives aux voies nouvelles dans les espaces de parking, ne s'appliquent pas aux voies de desserte interne de l'immeuble. Au demeurant, il ressort des pièces de la demande de permis de construire que la rampe d'accès aux stationnements en sous-sol ainsi que la voie d'accès au stationnement en rez-de-chaussée, où les véhicules ne doivent pas se croiser, du fait de la signalisation et des espaces d'attente aménagés, ont une largeur en tous points supérieure à 2,5 mètres. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire modificatif méconnaît les dispositions du règlement du PLU relatives aux voiries doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté leur demande.
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions présentées par l'ensemble des parties au titre des frais non compris dans les dépens qu'elles ont exposés.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme J et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Roanne et la SCCV Phenix 327 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme O J, pour les requérants, à la commune de Roanne et à SCCV Phénix 327.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Danièle Déal, présidente de chambre,
M. Thierry Besse, président-assesseur,
M. François Bodin-Hullin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
Thierry BesseLa présidente,
Danièle Déal
La greffière,
Fabienne Prouteau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui les concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026