LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-21LY01319

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-21LY01319

jeudi 20 octobre 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-21LY01319
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre - formation à 3
Avocat requérantCABINET PHILIPPE PETIT & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

La société Domaine de Raboulet, M. A C et Mme B D ont demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2017 par lequel le préfet de la Haute-Loire a d'une part, suspendu l'activité de tir à longue distance sur le domaine de Raboulet et, d'autre part, a interdit cette activité en tant qu'elle implique le survol du chemin communal n° 3 par des projectiles.

Par jugement n° 1800052 du 25 février 2021, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour

Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés le 23 avril 2021 et les 12 juillet et 19 septembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la Sarl Domaine de Raboulet, M. A C et Mme B D, représentés par Me Petit, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du 25 février 2021 et cet arrêté du 21 décembre 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à la société Domaine de Raboulet ainsi qu'à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté litigieux est entaché d'un vice de procédure ;

- cet arrêté est entaché d'erreur d'appréciation, d'erreur de fait et est disproportionné ; le danger pour la sécurité des biens et personnes n'est pas démontré ;

- cet arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir.

Par mémoires enregistrés les 2 et 14 septembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 2 septembre 2022, prise en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 septembre suivant.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Christine Psilakis, rapporteure,

- les conclusions de M. Bertrand Savouré, rapporteur public,

- et les observations de Me Debaty pour la société Domaine de Raboulet et autres ;

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 21 décembre 2017, le préfet de la Haute-Loire a, d'une part, suspendu l'activité de tir à longue distance sur le domaine de Raboulet, gérée par la société du même nom, et d'autre part, a interdit cette même activité en tant qu'elle implique le survol du chemin communal n° 3 sur le territoire de la commune de Ferussac par des projectiles au motif qu'elle est génératrice, telle qu'elle est pratiquée et encadrée sur le domaine, de dangers immédiats pour la sécurité des biens et personnes sur et à proximité du domaine. Par jugement du 25 février 2021, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de la société Domaine de Raboulet et autres tendant à l'annulation de cet arrêté. La société Domaine de Raboulet et autres relèvent appel de ce jugement.

Sur la légalité de l'arrêté du 21 décembre 2017 :

2. En premier lieu, les requérants réitèrent en appel leur moyen tiré du vice de procédure sans y ajouter de nouveau développement en appel. Il doit être écarté par adoptions des motifs circonstanciés retenus par les premiers juges.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2215-1 du code général des collectivités locales : " La police municipale est assurée par le maire, toutefois : () 3° Le représentant de l'Etat dans le département est seul compétent pour prendre les mesures relatives à l'ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques, dont le champ d'application excède le territoire d'une commune () ". Il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'apprécier la nécessité de prendre des mesures de police au vu des risques de troubles à l'ordre public dont elle a connaissance et de veiller à ce que ces mesures soient proportionnées à ces risques.

4. Le préfet de Haute Loire s'est fondé sur les circonstances que les pas de tirs exploités par la société requérante sont situés à proximité de voies ouvertes à la circulation ainsi que des habitations de villages, que le tir à longue distance est générateur de dangers accrus par rapport au tir sportif, activité dont la fermeture avait été prononcée par arrêté préfectoral du 29 mai 2003 en raison de manquements graves à la sécurité, qu'aucune mesure hormis l'affichage d'un règlement intérieur n'est venue améliorer la sécurité des usagers du site ainsi que celle des riverains et usagers des voies publiques situées à proximité depuis cette fermeture et que la trajectoire des balles induite par l'orientation des pas de tir et des cibles entraîne le survol régulier et répété par des projectiles du chemin communal n° 3, où a été relevée la présence de tireurs et où ont été apposés par le gestionnaire des panneaux " Danger de tir " au point que le gérant a interdit de sa propre initiative la circulation publique.

5. Le tir à longue distance sur le domaine privé de Raboulet ne peut se pratiquer qu'à la condition qu'il n'emporte aucun risque pour la sécurité des biens et des personnes à proximité ou sur le domaine et qu'il soit conforme à la réglementation régissant le port et la détention d'armes à feu ainsi que celle relative à l'usage des armes à feu dans le département. Il ressort des pièces du dossier qu'un chemin communal dont l'emprise est peu identifiable et qui est ouvert à la circulation du public, traverse de part en part le domaine et met à portée de tir d'armes adaptées au tir à longue distance les usagers empruntant ce chemin ainsi que les villages et hameaux alentours, des traces d'impact de balles ayant d'ailleurs été identifiées à l'extérieur du domaine à proximité de ses clôtures. En outre et d'une part, les cibles fixes sont masquées par de la végétation et des boisements depuis les zones de tirs, qui peuvent dissimuler des personnes. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'encadrement des tireurs, des armes utilisées et des séances de tir n'est pas réalisé par le gérant ou des employés de la société requérante mais par des tiers qui proposent cette prestation sur le domaine dans leur offre commerciale, le gérant se bornant à renvoyer au règlement intérieur de son activité. Enfin, la portée des armes employées pour le tir à longue distance varie de 2 500 à 5 000 mètres et ne permet pas d'assurer le respect du prospect de deux cents mètres prescrit par l'arrêté du 12 avril 2010 et portant sur les distances minimales de tir à respecter vis-à-vis des objectifs à protéger telles que voies publiques et zones d'habitations. Alors même qu'aucun incident n'est à déplorer ou que les contrôles de police effectués inopinément sur le site n'ont pas donné lieu à procès-verbal d'infraction jusqu'alors, il ressort de l'ensemble des pièces du dossier que le préfet établit la dangerosité de l'activité en cause pour les biens et personnes sur et à proximité du domaine. Dans ces conditions, la suspension de l'activité jusqu'à la sécurisation des abords ainsi que l'interdiction de tirer en surplomb du chemin communal n° 3 à Ferrussac sont adaptées et proportionnées aux risques et les moyens tirés de ce que l'arrêté en litige est entaché d'erreur matérielle, d'erreur d'appréciation et serait disproportionné ne sont pas fondés et doivent être écartés.

6. En troisième lieu, l'arrêté en litige étant justifié par des motifs d'ordre public, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.

7. Il résulte de ce qui précède que la société Domaine de Raboulet et autres ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué du 25 février 2021, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé l'arrêté du préfet de la Haute-Loire du 21 décembre 2017.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la société Domaine de Raboulet et autres au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de la société Domaine de Raboulet et autres est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la Sarl Domaine de Raboulet, premier requérant désigné, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Loire.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Philippe Arbarétaz, président de chambre,

Mme Aline Evrard, présidente-assesseure,

Mme Christine Psilakis, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.

La rapporteure,

Christine Psilakis

Le président,

Philippe Arbarétaz

Le greffier,

Julien Billot

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions