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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-21LY01905

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-21LY01905

jeudi 8 septembre 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-21LY01905
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantCABINET DURAFFOURD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. et Mme A B ont demandé au tribunal administratif de Grenoble de leur accorder la restitution partielle des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2010, 2011 et 2012.

Par un jugement n° 1901865 du 29 avril 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande.

Procédure devant la cour

Par une requête, enregistrée le 10 juin 2021, M. et Mme B, représentés par Me Duraffourd, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la restitution partielle de ces impositions à concurrence de 17 500 euros par an ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la réclamation n'est pas tardive dès lors qu'elle a été présentée dans le délai ouvert par la décision de la cour administrative d'appel de Lyon statuant sur l'imposition de l'année 2009 qui constitue un événement de nature à rouvrir le délai de réclamation au sens du c) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ;

- ils ont droit au bénéfice de la réduction d'impôt de l'article 199 undecies B du code général des impôts au titre des années 2010, 2011 et 2012, années au cours desquelles les centrales photovoltaïques ont commencé à être effectivement exploitées.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

2. A la suite d'un contrôle sur pièces portant sur l'année 2009, l'administration a remis en cause la réduction d'impôt appliquée par M. et Mme B sur le fondement de l'article 199 undecies B du code général des impôts au titre d'investissements réalisés à La Réunion consistant en l'acquisition de centrales photovoltaïques données en location en vue de leur exploitation pour la production et la vente d'énergie électrique au motif que les installations n'étaient pas raccordées au réseau électrique le 31 décembre 2009. M. et Mme B ont, en conséquence, été assujettis à une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de cette année qu'ils ont vainement contestée devant le juge administratif, leur demande de décharge ayant été rejetée par une ordonnance du président de la 2ème chambre de la cour administrative d'appel de Lyon du 2 mars 2018 confirmant un jugement du tribunal administratif de Grenoble du 6 avril 2017. Le 22 octobre 2018, M. et Mme B ont présenté une réclamation portant sur les cotisations primitives d'impôt sur le revenu qu'ils ont acquittées au titre des années 2010, 2011 et 2012, années au cours desquelles les centrales photovoltaïques ont été progressivement accordées au réseau électrique, par laquelle ils ont demandé la restitution d'une somme de 17 500 euros par an correspondant à l'imputation de cette réduction d'impôt. Ils relèvent appel du jugement du 29 avril 2021 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande comme irrecevable.

3. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales applicable aux réclamations relatives aux impôts directs autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation () ". Seuls doivent être regardés comme constituant le point de départ du délai prévu au c) de cet article les événements qui ont une incidence directe sur le principe même de l'imposition, son régime ou son mode de calcul.

4. La réclamation présentée en 2018 par M. et Mme B tendant à obtenir la restitution partielle des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettie au titre des années 2010, 2011 et 2012 sur la base des éléments qu'ils ont déclarés est tardive au regard des dispositions du b) de l'article R. 196-1 précité du livre des procédures fiscales. La décision du président de la 2ème chambre de la cour administrative d'appel de Lyon du 2 mars 2018, qui comporte une appréciation de leur situation au titre d'une année différente de celles en litige et ne peut être regardée comme ayant une incidence directe sur le principe même des impositions, leur régime ou leur mode de calcul, ne peut, pas davantage, constituer l'événement mentionné au c) de l'article R. 196-1 susceptible de rouvrir au profit des intéressés un délai de réclamation contre des impositions qu'ils n'ont pas contestées en temps utile. Il en résulte que c'est à bon droit que le tribunal administratif a considéré que la réclamation étant tardive, la demande de restitution partielle de M. et Mme B était irrecevable.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A B.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 8 septembre 2022.

Le président de la 2ème chambre,

Dominique Pruvost

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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