jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY01967 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | DJINDEREDJIAN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B et Mme E ont demandé au tribunal administratif de Grenoble, chacun en ce qui les concerne, d'une part, d'annuler les arrêtés du 19 mars 2021 par lesquels le préfet de la Haute-Savoie leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et leur a fait interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, subsidiairement, de diminuer la durée des interdictions de retour sur le territoire français et, d'autre part, d'enjoindre au préfet, à titre principal, de réexaminer leur situation et de leur délivrer un récépissé de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification des jugements à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Par un jugement n° 2102240, 2102241 du 12 mai 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 11 juin 2021, M. B et Mme D, représentés par Me Djinderedjian, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement et les arrêtés du 19 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de réexaminer leur situation et de leur délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- les arrêtés attaqués méconnaissent les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- ils méconnaissent les stipulations des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés au regard de l'intérêt de l'enfant ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen des critères établis par le III de l'article L. 511-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avant de prononcer une interdiction de retour.
M. B et Mme D ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Le rapport de M. Chassagne, premier conseiller, ayant été entendu au cours de l'audience publique ;
Considérant ce qui suit :
1.En premier lieu, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de ce que les arrêtés attaqués méconnaîtraient les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, par les motifs retenus par les premiers juges et qu'il y a lieu pour la cour d'adopter.
2.En deuxième lieu, aux termes des dispositions alors codifiées au dernier alinéa de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (). " Aux termes de cet article : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " D'une part, la méconnaissance de ces dispositions ne peut utilement être invoquée à l'encontre du refus d'admission au séjour et de la décision d'éloignement dès lors que de telles décisions n'ont pas pour objet ni pour effet de déterminer le pays de renvoi des intéressés. D'autre part, M. B et Mme D n'établissent pas, ainsi que les dispositions précitées leur en attribuent la charge, la réalité des risques allégués dans leur pays d'origine à raison des violences subies de la part du beau-père de Mme D compte tenu de la relation entretenue avec M. B ni même l'absence de protection par l'État Serbe dans ce litige. Il suit de là qu'ils ne sont pas fondés à soutenir que la fixation du pays de destination les exposerait à des risques de traitements inhumains ou dégradants.
3.En troisième lieu, dès lors que la réalité des risques allégués n'est pas démontrée, la méconnaissance, par les arrêtés en litige, des stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, prohibant les discriminations notamment religieuses, ne peut être retenue.
4.En quatrième lieu, les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an relèvent expressément la présence de la fille mineure des appelants sur le territoire français en indiquant que les membres de la famille sont dans la même situation administrative sur le territoire national. Elles sont dès lors suffisamment motivées au regard de l'intérêt de la fille mineure des intéressés.
5.En dernier lieu, il ressort des arrêtés en litige que le préfet de la Haute-Savoie a fondé les décisions portant interdiction de retour en litige, d'une durée d'un an, sur la durée de séjour des intéressés en France, leurs attaches sur le territoire national et hors de France, en l'absence de circonstances humanitaires et compte tenu du maintien des intéressés en situation irrégulière sur le territoire français. En conséquence, M. B et Mme D ne peuvent soutenir que le préfet de la Haute-Savoie n'a pas pris en compte les quatre critères énoncés par les dispositions alors codifiées au III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6.Il résulte de ce qui précède que M. B et Mme D ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné du tribunal administratif de Grenoble a rejeté leurs demandes aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte. Leur requête en appel doit, dans l'ensemble de ses conclusions, être rejetée.
DÉCIDE :
Article 1er :La requête de M. B et Mme D est rejetée.
Article 2 :Le présent arrêt sera notifié à M. A B, à Mme E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Picard, président de chambre ;
M. Seillet, président assesseur ;
M. Chassagne, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
J. ChassagneLe président,
V.-M. Picard
La greffière,
A. Le Colleter
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,al
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026