jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY03291 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | fiscal |
| Avocat requérant | IBARRA MICKAEL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Grenoble de prononcer la décharge du complément d'impôt sur le revenu et des cotisations de contributions sociales auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2015 et des majorations correspondantes.
Par un jugement nos 1804829 - 1804831 du 2 août 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Ibarra, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de lui accorder la décharge de ces impositions et majorations ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la méthode de reconstitution du résultat de l'EURL Sarene services est excessivement sommaire ;
- l'administration ne démontre pas qu'elle a appréhendé le bénéfice ;
- l'application de majorations pour manquement délibéré n'est pas justifiée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
2. Mme A a été assujettie à un complément d'impôt sur le revenu résultant de l'inclusion dans son revenu imposable de l'année 2015 de revenus distribués par l'EURL Sarene service, société ayant exercé une activité de nettoyage jusqu'à sa mise en liquidation judiciaire le 29 mars 2017 dont elle était l'unique associée et la gérante, que l'administration a imposés entre ses mains sur le fondement du 1° de l'article 109-1 du code général des impôts à la suite d'une vérification de comptabilité qui l'a conduite, en l'absence de présentation de la comptabilité, à reconstituer le chiffre d'affaires et le résultat de la société. Mme A relève appel du jugement du 21 août 2021 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande de cette imposition, des contributions sociales auxquelles elle a été assujetti du chef de cette rectification de son revenu imposable et des majorations correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions :
3. Aux termes du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués :/1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ".
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires de l'EURL Sarene Service a été reconstitué à partir des encaissements bancaires et qu'a été retenu, pour évaluer son résultat imposable, le ratio de 60 % du chiffre d'affaires communément admis pour la profession du nettoyage. En l'absence de toute pièces justificatives des charges, une telle méthode, ne peut être regardée excessivement sommaire. Au demeurant, Mme A, qui supporte la charge de la preuve dès lors qu'elle n'a pas contesté les rectifications dans le délai imparti, n'apporte, pas plus en appel qu'en première instance, les éléments de nature à établir l'exagération du bénéfice reconstitué sur la base duquel elle a été personnellement imposée à l'impôt sur le revenu.
5. En second lieu, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle. Il est constant que Mme A, qui était la gérante de droit de l'EURL Sarene et détenait l'intégralité des parts sociales, disposait seule de la gestion des fonds sociaux. Dans ces conditions, elle était la seule maître de l'affaire et doit, par suite, être regardée comme ayant appréhendé les distributions effectuées par cette société.
Sur les majorations pour manquement délibéré :
6. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
7. En relevant que Mme A a omis, en tant que dirigeante de l'EURL Sarene Service, de transmettre la déclaration de résultats de la société alors que la société avait réalisé un chiffre d'affaires de 210 567 euros en 2015, l'administration établit l'intention délibérée de l'intéressée d'éluder l'impôt justifiant l'application de la majoration pour manquement délibéré. Mme A ne saurait sérieusement justifier cette omission par le vol dont elle a été victime dès lors qu'il ressort du récépissé de dépôt de plainte joint au dossier de première instance que le vol déclaré dans l'entrepôt de la société est intervenu entre le 27 juin et le 12 juillet 2016 alors que le délai de déclaration était expiré depuis le 3 mai 2016. Il suit de là que c'est par une exacte application de ces dispositions que l'administration a assorti les impositions supplémentaires de majorations pour manquement délibéré au taux de 40 %.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais liés au litige.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A. Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Fait à Lyon, le 13 octobre 2022.
Le président de la 2ème chambre,
Dominique Pruvost
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-24LY01635
26/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02455
11/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02454
11/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02351
11/07/2024