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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-21LY03605

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-21LY03605

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-21LY03605
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantBAROCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme C A a demandé au tribunal administratif de Dijon de prononcer la décharge la décharge du complément d'impôt sur le revenu et des cotisations de contributions sociales auxquels elle et son ancien époux ont été assujettis au titre de l'année 2015 et des majorations correspondantes.

Par un jugement n° 2001125 du 14 septembre 2021, le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2021, Mme A, représentée par Me Baroche, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de lui accorder la décharge de ces impositions et majorations assortie du paiement des intérêts moratoires.

Elle soutient que :

- la somme taxée en France provient de la succession de M. B A, son père, décédé en 2010, dont elle a hérité en 2011 alors qu'elle était résidente en Suisse et qui est exonérée d'impôt les successions dans le canton de Zurich lorsqu'elle intervient au profit des descendants directs ;

- elle est de bonne foi et n'a pas eu l'intention de dissimuler des avoirs à l'étranger ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

2. Mme C A et son ancien époux, divorcés en 2017, ont fait l'objet d'un examen contradictoire de situation fiscale personnelle portant sur les années 2015 et 2016 à l'issue duquel l'administration a soumis à l'impôt sur le revenu, sur le fondement de l'article 1649 A du code général des impôts, ainsi qu'aux contributions sociales, la somme de 1 405 000 euros transférée sur un compte bancaire ouvert à son nom en France en provenance de deux comptes bancaires que l'intéressée détenait en Suisse au moyen de huit virements effectués en 2015. Mme A relève appel du jugement du 14 septembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande de décharge des impositions auxquelles son foyer fiscal a été assujetti de ce fait au titre de l'année 2015 et des majorations correspondantes.

3. Aux termes de l'article 1649 A du code général des impôts : " () Les personnes physiques, les associations, les sociétés n'ayant pas la forme commerciale, domiciliées ou établies en France, sont tenues de déclarer, en même temps que leur déclaration de revenus ou de résultats, les références des comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger. (). / Les sommes, titres ou valeurs transférés à l'étranger ou en provenance de l'étranger par l'intermédiaire de comptes non déclarés dans les conditions prévues au deuxième alinéa constituent, sauf preuve contraire, des revenus imposables. ". Pour faire échec à la présomption ainsi prévue, il appartient au contribuable d'apporter la preuve que les sommes transférées n'entrent pas dans le champ d'application de l'impôt ou sont exonérées ou qu'elles constituent des revenus qui ont déjà été soumis à l'impôt.

4. Il est constant que Mme A n'a pas déclaré, en même temps que la déclaration de revenus du foyer fiscal de l'année 2015, deux comptes numérotés 923987357-8 et 802070833-8 ouverts à son nom dans les livres de la banque suisse PostFinance et que huit virements, d'un montant total de 1 405 000 euros, ont été émis au débit de ces deux comptes sur le compte bancaire qu'elle détenait à la Caisse régionale de crédit agricole centre-est en France. En vertu de l'article 1649 A précité du code général des impôts, ces sommes constituent des revenus imposables, sauf pour l'intéressée à établir que ces sommes n'entrent pas dans le champ d'application de l'impôt, en sont exonérées ou ont déjà été soumises à l'impôt.

5. Si Mme A soutient que la somme transférée provient de la succession de son père, décédé en 2010, dont elle a hérité en 2011 alors qu'elle était encore résidente en Suisse, laquelle a été exonérée d'impôt les successions conformément à la législation du canton de Zurich, les relevés de comptes bancaires incomplets qu'elle a versés au dossier de première instance ne permettent pas de retracer les mouvements financiers intervenus depuis 2011. Elle ne produit aucun autre élément en appel et ne peut dès lors être regardée comme justifiant l'origine alléguée des sommes en provenance de Suisse.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais liés au litige.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 10 novembre 2022.

Le président de la 2ème chambre,

Dominique Pruvost

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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