lundi 27 juin 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-21LY03782 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL BS2A - BESCOU & SABATIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme C A épouse D a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du préfet du Rhône du 11 juin 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours, désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai et lui interdisant le retour sur le territoire français durant dix-huit mois.
Par un jugement n° 2104950 du 26 octobre 2021, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2021, Mme D, représentée par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier avocats associés, agissant par Me Sabatier, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Lyon du 26 octobre 2021 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à tout le moins de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la régularité du jugement :
- il est entaché d'erreur de fait dès lors qu'elle a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence temporaire et non une admission au séjour à titre exceptionnel ;
S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision accordant un délai de départ volontaire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance de titre de séjour ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de délivrance de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ainsi que celle accordant un délai de départ volontaire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme D, ressortissante algérienne née le 2 août 1977, est entrée en France le 20 juillet 2013 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa court séjour pour y faire soigner son fils B qui est autiste et dont elle assure la tutelle depuis qu'il est devenu majeur. Par arrêté du 22 mai 2014, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. La légalité de cet arrêté a été confirmée en dernier lieu par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 30 juin 2015. Par un deuxième arrêté du 1er février 2016, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a désigné le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français durant dix-huit mois. La légalité de cet arrêté a été confirmée par un arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 27 avril 2017. Le 22 octobre 2018, Mme D a sollicité de nouveau la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 11 juin 2021, le préfet du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours, a désigné le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français durant dix-huit mois. Mme D fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur la régularité du jugement :
3. Mme D soutient que le jugement est irrégulier, dès lors que les premiers juges auraient commis une erreur sur le fondement de sa demande de titre de séjour. Toutefois, l'erreur de fait invoquée, qui se rattache au bien-fondé de la décision juridictionnelle, n'est pas au nombre des moyens susceptibles d'en affecter sa régularité.
Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :
4. En premier lieu, Mme D fait valoir que la décision contestée porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. La requérante se prévaut de la durée de son séjour en France et de la présence sur le territoire français de ses trois enfants et des problèmes de santé de deux d'entre eux, souffrant de trouble du spectre de l'autisme pour l'un et d'un handicap lourd pour l'autre, ainsi que la poursuite des études de son autre fille sur le territoire français. Toutefois, par un avis émis le 18 mars 2021, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé que l'état de santé de son fils nécessitait une prise en charge dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si la requérante fait valoir que le défaut de prise en charge des troubles autistiques dont souffre son fils est susceptible d'entraîner des risques graves pour sa santé, il ne ressort pas des pièces du dossier que des structures adaptées à son état santé n'existeraient pas en Algérie. En tout état de cause, son fils s'est vu refuser la délivrance d'un certificat de résidence algérien au regard de son état de santé, refus dont la légalité est confirmée par une ordonnance n° 21LY03793 du 27 juin 2022 du président de la cour administrative d'appel de Lyon. Par ailleurs, si Mme D se prévaut de l'état de santé de sa plus jeune fille, atteinte d'un lourd handicap, elle ne produit aucune pièce permettant d'établir qu'elle ne pourrait bénéficier d'une prise en charge adaptée en Algérie. De surcroît, il ressort des pièces du dossier que Mme D s'est maintenue sur le territoire français sans respecter les obligations qui lui avait été faites, par décisions du 22 mai 2014 et du 1er février 2016, de quitter le territoire français, méconnaissant ainsi deux mesures de police administrative prises à son encontre par une autorité publique, confirmées par deux décisions juridictionnelles. Son époux et père de ses enfants réside en Algérie et son autre fille fait également l'objet d'un refus de séjour dont la légalité est confirmée par une ordonnance n° 21LY03786 du 27 juin 2022 du président de la cour administrative d'appel de Lyon. Dans ces conditions, rien ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie, pays où la requérante a vécu jusqu'à ses 35 ans. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier des conditions d'entrée et de séjour de la requérante en France, la décision de refus de titre de séjour contestée ne porte pas au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus. Elle ne méconnaît, dès lors, ni les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
5. En troisième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. La décision portant refus de délivrance de titre de séjour opposée à Mme D n'a ni pour objet, ni pour effet de la séparer de sa fille. En outre, rien ne s'oppose à ce que sa fille puisse poursuivre ses soins hors de France. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de l'admettre au séjour, le préfet du Rhône aurait porté atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille garanti par les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.
7. Enfin, sauf en ce qui concerne les moyens ci-dessus analysés, la requête de Mme D se borne à reprendre l'énoncé des moyens invoqués devant les premiers juges. Ces moyens ont été écartés à bon droit par les premiers juges. Il y a lieu, dès lors, par adoption des motifs du jugement attaqué, à l'encontre desquels la requérante ne formule aucune critique utile ou pertinente, d'écarter ces autres moyens.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse D et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Rhône.
Fait à Lyon, le 27 juin 2022.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026