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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-21LY03819

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-21LY03819

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-21LY03819
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantARBOR TOURNOUD PIGNIER WOLF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. et Mme B A ont demandé au tribunal administratif de Grenoble de prononcer la décharge de l'amende fiscale infligée à M. A sur le fondement du 2 de l'article 1737-I du code général des impôts.

Par un jugement n° 1905973 du 30 septembre 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 29 novembre 2021, M. et Mme B A, représentés par Me Tournoud, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge de cette amende ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que l'amende ne peut s'appliquer qu'à l'émetteur de la facture, ce que M. A n'est pas.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

2. M. A, qui exerçait, à titre individuel, une activité de terrassement et travaux publics, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices clos les 31 décembre 2014 et 2015 à la suite de laquelle le vérificateur a notamment réintégré dans les bénéfices industriels et commerciaux des deux exercices contrôlés certaines des charges de sous-traitance comptabilisées par l'intéressé au motif qu'elles correspondaient à des prestations fictives et lui a infligé l'amende fiscale pour factures fictives, égale à 50 % des montants facturés, prévue au 2 de l'article 1737-I du code général des impôts. M. et Mme A relèvent appel du jugement du 30 septembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande de décharge de l'amende appliquée sur ce fondement.

3. Aux termes de l'article 1737 du code général des impôts : " I. - Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant : () 2. De la facture, le fait de délivrer une facture ne correspondant pas à une livraison ou à une prestation de service réelle () ". Il résulte de ces dispositions que l'amende fiscale pour facture fictive ne peut être mise à la charge que de la personne ayant délivrée la facture fictive, redevable de cette amende, égale à 50 % du montant de la facture. Si la personne dont le nom figure sur une facture est présumée être celle qui l'a délivrée, cette présomption peut être combattue par l'administration comme par la personne en cause. Si l'une ou l'autre établit qu'une facture fictive a été délivrée non par la personne dont le nom figure sur cette facture, mais par une autre personne, l'amende prévue par les dispositions précitées ne peut être mise à la charge que de cette dernière.

4. Il est constant que les factures des entreprises Souissi Hmaied, Ben Azzouz Fehmi et Eco-confort au titre desquelles M. A s'est vu infliger une amende de 17 500 euros ont été présentées par l'intéressé en cours de contrôle sur demande du vérificateur pour justifier quatre écritures de charges de sous-traitance inscrites en comptabilité en 2014 et 2015 dont les montants, les libellés et les numéros de pièces comportaient des incohérences. Il n'est pas contesté que les factures présentées ne disposent pas d'une numérotation chronologique en méconnaissance des règles de facturation et ne comportent pas de mentions relatives aux lieux, à la date et au détail des prestations effectuées. Il n'est pas davantage contesté qu'aucun des prestataires mentionnés sur les factures n'est identifié en comptabilité par un compte ouvert à son nom. Il résulte enfin des éléments circonstanciés exposés par l'administration en première instance et non contestés en appel que les chantiers auxquels se rapportent ces factures, soit n'existent pas, soit ne comportent aucun élément de cohérence avec les autres données comptables. Enfin M. A n'a pu justifier du paiement de trois de ces quatre factures émises. S'agissant de la quatrième facture émise en décembre 2014, son émetteur n'est pas le destinataire des paiements, deux chèques ayant été émis au nom de tiers et une somme réglée en espèces. Il résulte de ces éléments de fait concordants, d'une part, qu'aucune des factures émises ne correspond à une prestation de service réellement délivrée et, d'autre part, que les entreprises Souissi Hmaied, Ben Azzouz Fehmi et Eco-confort désignées sur ces factures comme les prestataires n'ont pas fourni les prestations facturées. L'administration établit ainsi que ces factures ont été établies par M. A dans le seul but de régulariser ses écritures comptables non justifiées. C'est dès lors par une exacte application du 2 de l'article 1737-I précité du code général des impôts qu'elle lui a infligé l'amende pour factures fictives prévue par ce texte.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais liés au litige.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B A.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 10 novembre 2022.

Le président de la 2ème chambre,

Dominique Pruvost

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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