LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY00060

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY00060

lundi 27 juin 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY00060
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBARONE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A B a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de la Haute-Savoie, du 16 août 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, lui ordonnant de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office.

Par un jugement n° 2106218-2106332 du 2 décembre 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 6 janvier 2022, M. B, représenté par Me Barone, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 2 décembre 2021 ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions susmentionnées ;

3°) de l'autoriser à se maintenir sur le territoire français, à titre exceptionnel, au-delà du délai de trente jours et dire que sa situation justifie une mesure dérogatoire ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de lui restituer sa carte de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer un titre de séjour provisoire dans le délai d'un mois ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à son profit, au titre des frais exposés non compris dans les dépens.

Il soutient que :

S'agissant du jugement attaqué :

- il est insuffisamment motivé, le tribunal administratif n'ayant guère examiné les pièces produites et le changement de circonstances survenu après la prise de l'arrêté contesté ;

S'agissant de l'arrêté dans son ensemble

- il est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

S'agissant des décisions refusant l'admission au séjour et portant obligation de quitter le territoire français :

- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elles sont entachées d'erreur de qualification juridique des faits, le préfet ayant à tort considéré que les membres de la famille étaient en situation irrégulière ;

- elles ont été prises en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;

- elles méconnaissent les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant de la République du Kosovo né le 22 janvier 1975, est entré en France le 2 septembre 2015, selon ses déclarations, accompagné de son épouse et de leurs trois enfants. Il s'est soustrait à l'exécution de l'arrêté du 3 décembre 2015 le transférant vers l'Allemagne, rendant la France responsable de l'examen de sa demande de protection internationale. Par des décisions des 29 août 2017 et 23 mai 2018, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté ses demandes d'asile et de réexamen. Le préfet de la Haute-Savoie, par des décisions du 22 décembre 2017 confirmées par le tribunal administratif de Lyon, a refusé de l'admettre au séjour et a pris à son égard une mesure d'éloignement, assortie d'une interdiction de retour d'un an. Le 23 septembre 2018, il a également assigné M. B à résidence. Ce dernier, qui a fait échec à son éloignement le 6 décembre suivant, a sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel le 1er décembre 2020. Par l'arrêté contesté du 16 août 2021, le préfet de la Haute-Savoie lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. M. B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur la régularité du jugement :

3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Contrairement à ce que soutient le requérant, le jugement contesté, suffisamment motivé quant aux circonstances de l'espèce, ne méconnaît pas ces dispositions.

Sur l'arrêté dans son ensemble :

4. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a refusé d'admettre M. B au séjour à titre exceptionnel est suffisamment motivée en droit par le visa, notamment, de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en fait par l'indication, en particulier, que sa durée de présence en France n'a été acquise que " par les différentes démarches mises en place par l'intéressé pour se soustraire aux décisions préfectorales ", qu'il " ne justifie pas d'autres liens () en France appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité et de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine, de ses conditions d'existence, de son insertion dans la société française (), alors qu'il " n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 40 ans ". Le préfet n'était pas tenu de motiver de façon distincte la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code, mentionné dans les visas de l'arrêté, de même que la décision accordant à M. B le délai de départ volontaire de droit commun. Enfin, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée en droit par le visa de l'article L. 721-3 du même code et en fait par l'indication que M. B est originaire du Kosovo, où il n'établit pas encourir des risques particuliers en cas de retour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté manque en fait.

5. En second lieu, il ne ressort pas de l'examen des décisions contestées que celles-ci auraient été prises sans que la situation particulière de M. B ait été examinée au préalable.

Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :

6. En premier lieu, il ressort du dossier que M. B se maintient en France de façon irrégulière, en dépit du rejet de ses demandes d'asile et de réexamen ainsi que d'une décision de l'autorité préfectorale pourtant confirmées par des décisions de justice. Par ce comportement, il ne manifeste aucune adhésion réelle aux valeurs de la République, dont le respect des lois et des institutions est une des composantes. Nonobstant la durée de sa présence sur le sol français, principalement due au temps nécessaire à l'instruction de ses demandes d'admission à l'asile et à son maintien irrégulier, qui ne saurait être regardé comme la marque d'une intégration particulière au sein de la société française, il n'établit pas disposer en France d'attaches personnelles ou familiales particulièrement anciennes, intenses et stables, la plupart des membres de sa cellule familiale se maintenant sur le territoire dans les mêmes conditions. La seule circonstance que son fils aîné, majeur, aurait été autorisé à séjourner en France à titre exceptionnel ne saurait, en tout état de cause, conférer un quelconque droit au séjour à ses parents et au reste de sa fratrie, dont la présence sur le sol national n'apparaît pas indispensable à ce dernier. En outre, il ne ressort pas du dossier que le requérant serait exposé à des menaces dans son pays d'origine l'empêchant d'y mener une vie privée et familiale normale. Par ailleurs, par la production d'une promesse d'embauche postérieure à la décision de refus contestée, M. B n'établit pas qu'à la date de cette décision, à laquelle s'apprécie sa légalité, il bénéficiait d'une insertion particulière sur le plan professionnel, susceptible de justifier son admission exceptionnelle au séjour. En outre, il n'apparaît pas qu'il dispose de ressources personnelles suffisantes pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille sans constituer une charge injustifiée pour le système social français. Par suite, en l'absence de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels, le moyen tiré de l'erreur manifeste que le préfet aurait commise dans l'appréciation de sa vie privée et familiale comme de son activité professionnelle doit être écarté.

7. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés au point précédent, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il possède en France une vie privée et familiale caractérisée par une intensité et une stabilité particulières, à laquelle la décision contestée porterait une atteinte disproportionnée au regard des buts d'intérêt général qui l'ont motivée, méconnaissant ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. En troisième lieu, l'arrêté contesté indique " qu'en dehors de la présence de ses trois enfants, dont deux sont majeurs, et de sa conjointe de même nationalité, laquelle au demeurant persiste également à se maintenir en situation irrégulière, M. B A ne justifie pas d'autres liens personnels ou familiaux en France () ". Ainsi, à supposer même que son fils aîné disposait d'un titre de séjour en cours de validité à la date de la décision en litige, le requérant, qui n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause ces énonciations, n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait fait une inexacte appréciation des faits en considérant que l'ensemble de la cellule familiale séjournait irrégulièrement sur le territoire français.

9. En quatrième lieu, la décision contestée, qui se borne à refuser de régulariser la situation administrative de M. B, n'a ni pour objet ni pour effet de le séparer de son fils mineur ou de mettre un terme à la scolarité de ce dernier. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

10. En cinquième lieu, le requérant n'a pas sollicité son admission au séjour pour raisons médicales et le préfet n'a pas non plus fondé sa décision sur les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant à l'encontre de cette décision de refus.

11. En dernier lieu, M. B ne peut utilement invoquer la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prohibant les traitements inhumains et dégradants à l'encontre de la décision de refus contestée, qui n'a pas pour effet de désigner le pays de renvoi.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6, 7, 8 et 10 ci-dessus, les moyens tirés d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur de fait, de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'ancien l'article L. 313-11 (11°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu son article L. 425-9, doivent être écartés.

13. En deuxième lieu, la décision contestée se borne à faire obligation au requérant de quitter le territoire français et ne désigne pas elle-même de pays de renvoi. Par suite, M. B, qui soutient être menacé de mort dans son pays d'origine, ne peut utilement invoquer la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'appui de ses conclusions dirigées contre cette décision.

14. En dernier lieu, l'obligation de quitter le sol français n'emporte pas séparation de la cellule familiale, susceptible de porter atteinte à l'intérêt supérieur du fils mineur de M. B, qui a vocation à accompagner ses parents, son épouse faisant l'objet d'une mesure similaire. Rien ne permet de considérer, en particulier, que cet enfant serait dans l'impossibilité de suivre une scolarité dans son pays d'origine.

15. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.

Fait à Lyon, le 27 juin 2022.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions