lundi 27 juin 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY00193 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BARONE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de la Haute-Savoie du 16 août 2021 refusant de l'admettre au séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2106178 du 16 décembre 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2022, M. B, représenté par Me Barone, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 16 décembre 2021 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) de l'autoriser à se maintenir sur le territoire français à titre exceptionnel au-delà du délai de trente jours et de dire que sa situation personnelle justifie une mesure dérogatoire ;
4°) d'enjoindre au préfet de lui restituer sa carte de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer, dans le délai d'un mois, un titre de séjour provisoire ;
6°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à son profit, au titre des frais exposés non compris dans les dépens.
Il soutient que :
S'agissant du jugement attaqué :
- il est insuffisamment motivé ;
S'agissant de l'arrêté dans son ensemble
- il est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
S'agissant des décisions refusant l'admission au séjour et portant obligation de quitter le territoire français :
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'erreur de qualification juridique des faits, le préfet ayant à tort considéré que les membres de la famille étaient en situation irrégulière ;
- elles ont été prises en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant de la République du Kosovo né le 5 mai 2002, est entré en France le 2 septembre 2015, selon ses déclarations, avec ses parents et ses frères. Les demandes de protection internationale formulées par ces derniers pendant sa minorité ont été rejetées à plusieurs reprises par la Cour nationale du droit d'asile. Le 8 décembre 2020, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour à titre exceptionnel. Par l'arrêté contesté du 16 août 2021, le préfet de la Haute-Savoie lui a opposé un refus, lui a fait l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. M. B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur la régularité du jugement :
3. Aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Contrairement à ce que soutient le requérant, le jugement contesté, suffisamment motivé quant aux circonstances de l'espèce, ne méconnaît pas ces dispositions.
Sur l'arrêté dans son ensemble :
4. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet de la Haute-Savoie a refusé d'admettre M. B au séjour à titre exceptionnel est suffisamment motivée en droit par le visa, notamment, de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en fait par l'indication, en particulier, que les parents et frères du requérants sont dépourvus de droit au séjour en France, que sa scolarité et l'obtention du CAP de maçon ne constituent pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels et qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches au Kosovo, où il a vécu jusqu'à l'âge de treize ans. Le préfet n'était pas tenu de motiver de façon distincte la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code, mentionné dans les visas de l'arrêté, de même que la décision accordant à M. B le délai de départ volontaire de droit commun. Enfin, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée en droit par le visa de l'article L. 721-3 du même code et en fait par l'indication que l'intéressé est originaire du Kosovo, où il n'établit pas encourir des risques particuliers en cas de retour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté manque en fait.
5. En second lieu, il ne ressort pas de l'examen des décisions contestées que celles-ci auraient été prises sans que la situation particulière de M. B ait été examinée au préalable.
Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :
6. En premier lieu, il ressort du dossier que M. B, entré sur le territoire alors qu'il était mineur, ne résidait que depuis six ans en France à la date de la décision contestée, durée principalement due au temps nécessaire à l'instruction des demandes d'admission à l'asile de ses parents et au maintien irrégulier de la famille. Célibataire et sans charge de famille en France, il n'établit pas y disposer d'attaches personnelles ou familiales particulièrement anciennes, intenses et stables, la plupart des membres de sa cellule familiale se maintenant sur le territoire en situation irrégulière. Sa maîtrise de la langue française, sa participation à un club de football et la circonstance que son frère aîné aurait été autorisé à séjourner en France à titre exceptionnel ne sauraient suffire à conférer un quelconque droit au séjour à M. B. En outre, il ne ressort pas des éléments produits que le requérant serait exposé à des menaces dans son pays d'origine l'empêchant d'y mener une vie privée et familiale normale. Par ailleurs, la production d'une " promesse d'embauche " postérieure à la décision en litige et ne comportant, au surplus, aucune mention de temps de travail, de rémunération et de limite de validité ne saurait caractériser à elle seule une insertion particulière en France sur le plan professionnel, susceptible de justifier son admission exceptionnelle au séjour. En outre, il n'apparaît pas qu'il dispose de ressources personnelles suffisantes pour subvenir à ses besoins sans représenter une charge injustifiée pour le système social français. Par suite, en l'absence de circonstances humanitaires ou de motifs exceptionnels, le moyen tiré de l'erreur manifeste que le préfet aurait commise dans l'appréciation de sa vie privée et familiale comme de son activité professionnelle doit être écarté.
7. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés au point précédent, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il possède en France une vie privée et familiale caractérisée par une ancienneté, une intensité et une stabilité particulières, à laquelle la décision contestée porterait une atteinte disproportionnée au regard des buts d'intérêt général qui l'ont motivée, méconnaissant ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En dernier lieu, l'arrêté contesté indique " qu'en dehors de la présence de ses parents, lesquels au demeurant persistent tous deux à se maintenir en situation irrégulière en France, d'un frère majeur et d'un frère mineur, M. B, Aldrin ne justifie pas d'autres liens personnels ou familiaux en France () ". Ainsi, à supposer même que son frère aîné ait disposé d'un titre de séjour en cours de validité à la date de la décision en litige, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait fait une inexacte appréciation des faits en considérant que l'ensemble de la cellule familiale séjournait irrégulièrement sur le territoire français.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6, 7 et 8 ci-dessus, les moyens tirés d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une erreur d'appréciation des faits et de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Fait à Lyon, le 27 juin 2022.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026