lundi 30 mai 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY00207 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. C A a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de la Haute-Savoie, du 9 août 2021, refusant de l'admettre au séjour, lui ordonnant de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2106107 du 14 décembre 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 et 25 janvier 2022, M. A, représenté par Me Blanc, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 14 décembre 2021 ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions susmentionnées ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Savoie de réexaminer son dossier et de lui délivrer un titre de séjour, en lui remettant, dans l'attente, un récépissé de demande ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision lui refusant un titre de séjour :
- elle a été prise en violation des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de consultation préalable de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du même code et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est contraire aux stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 9 de la même convention.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 27 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant béninois né le 10 juillet 1975, est entré en France le 1er avril 2014, selon ses déclarations, muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités italiennes. Le 16 septembre 2020, il a formulé une demande de protection internationale auprès de la préfecture de la Haute-Savoie. Par un arrêté du 9 août 2021, le préfet de la Haute-Savoie lui a opposé un refus, assorti de l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a désigné le pays de renvoi. M. A fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur le refus de séjour :
3. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
4. M. A soutient que la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il fait valoir, notamment, qu'il réside depuis 2014 en France, où il a repris contact avec ses trois enfants et leur mère, avec laquelle il a repris la vie commune et a conclu un pacte civil de solidarité, enregistré le 18 avril 2019, et qu'il s'occupe de ses enfants tandis qu'elle travaille comme agent contractuel dans un service hospitalier. Toutefois, le requérant ne produit aucun élément probant de nature à corroborer sa présence sur le territoire français avant l'automne 2018. Il n'a effectué, avant le 16 septembre 2020, aucune démarche en vue d'une régularisation de sa situation administrative, qui l'aurait mis en mesure de contribuer aux charges de sa famille, et a ainsi placé les autorités françaises devant le fait accompli. Par ailleurs, il ressort de l'ordonnance rendue le 28 mai 2018 par le tribunal de première instance de Lokossa que Mme D B et M. A " ont convolé en justes noces depuis plus de vingt ans ", qu'ils ont eu trois enfants nés en 2001, 2005 et 2009 et qu'à la suite de leur séparation, l'époux n'assurait plus les charges du ménage. Par un courrier du 25 mai 2018, M. A, certifiant demeurer " au C/SB Djeffa Houedome, maison Hounsey " à Cotonou, a autorisé ses trois enfants à s'installer en France avec leur mère, sous la garde de cette dernière. Il ressort des éléments du dossier qu'à cette date, l'aîné des enfants et la benjamine vivaient déjà en France, alors que le cadet résidait au Bénin sous la garde de son grand-père maternel, à la charge de sa mère. Il n'est pas établi que, depuis 2012 et en particulier à la suite de ce jugement, M. A aurait, en vain, tenté d'exercer ses droits de visite et d'hébergement et qu'il aurait respecté son obligation de contribuer à l'entretien et à l'éducation des enfants, rappelée par ce jugement confirmant la garde exclusive exercée par leur mère. La production de pièces n'établissant, au plus, que sa domiciliation postale à l'adresse de Mme B à compter d'avril 2019 et d'attestations de tiers, sans valeur probante, rédigées pour les besoins de la cause ne saurait suffire à établir la réalité de sa vie commune alléguée avec sa compagne et ses enfants, ni a fortiori son intensité et sa stabilité à la date de la décision contestée. Nonobstant sa connaissance de la langue, aucun élément du dossier ne permet non plus de considérer que le requérant bénéficierait d'une intégration particulière au sein de la société française ou d'une insertion socioprofessionnelle susceptible de lui conférer un droit au séjour dans ce pays. Ainsi, il ne ressort pas du dossier que M. A possède en France une vie privée et familiale ancrée dans la durée à laquelle, en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement, le préfet de la Haute-Savoie aurait porté une atteinte disproportionnée au regard des buts d'intérêt général qui l'ont motivée. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de l'article 9 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant. () ".
6. Les stipulations de l'article 9 de la convention relative aux droits de l'enfant créent seulement des obligations entre États sans ouvrir de droits aux intéressés. Par suite, M. A ne peut utilement s'en prévaloir.
7. En dernier lieu, la requête de M. A se borne à reprendre les autres moyens invoqués devant le tribunal administratif de Grenoble, qui les a écartés à bon droit. Dès lors, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs du jugement attaqué, à l'encontre desquels le requérant ne formule aucune critique utile ou pertinente.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Fait à Lyon, le 30 mai 2022.
Le président,
Gilles Hermitte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026