jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY00341 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme B, épouse C a demandé au tribunal administratif de Lyon, à titre principal, d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2021 par lequel la préfète de l'Ain lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour et, à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur sa situation, en application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un jugement n° 2108126 du 10 janvier 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Lyon a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de Mme C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire (article 1er), a annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français (article 2), a enjoint à la préfète de l'Ain de procéder, dans le délai de deux mois, à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (article 3), mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me A, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle (article 4) et rejeté le surplus de sa demande (article 5).
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, et un mémoire, enregistré le 13 février 2023, la préfète de l'Ain demande à la cour d'annuler l'article 4 de ce jugement.
Elle soutient que :
- la seule annulation, par le magistrat désigné, de l'interdiction de retour, qui constitue une mesure accessoire à l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de Mme C, dont le premier juge a confirmé la légalité, ne permet pas de qualifier l'Etat de partie perdante pour l'essentiel, ce qui fait obstacle à sa condamnation au versement d'une somme au titre des frais engagés par l'intéressée et non compris dans les dépens ;
- la délivrance à Mme C d'un titre de séjour le 8 novembre 2022, qui fait suite à une demande déposée postérieurement au rejet définitif de sa demande d'asile, n'implique pas que la mesure d'éloignement du 17 septembre 2021 était illégale, de telle sorte qu'il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais liés au recours introduit par l'intéressée à l'encontre de cette décision ;
- ce titre de séjour étant dépourvu de base légale, elle se réserve la possibilité de procéder à son retrait.
Par un mémoire, enregistré le 22 novembre 2022, présenté par Me A, cette dernière conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer.
Elle soutient que :
- la requête d'appel est irrecevable comme dépourvue d'objet dès l'origine, dès lors qu'elle a, dès le 13 janvier 2022, informé le tribunal administratif qu'elle n'entendait pas renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
- à titre subsidiaire, les conclusions sont devenues sans objet dès lors qu'elle n'a pas renoncé à l'aide juridictionnelle ;
- à titre très subsidiaire, la requête est mal fondée dès lors que les circonstances de l'espèce justifiaient, en opportunité, la mise à la charge de l'Etat d'une somme au titre des frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courbon, présidente-assesseure,
- et les conclusions de Mme Lesieux, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, épouse C, née le 15 août 1984, de nationalité kosovare, est entrée en France le 25 mai 2020, avec ses trois enfants alors mineurs. Le 29 avril 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile, décision contre laquelle elle a introduit un recours devant la Cour nationale du droit d'asile le 17 juin 2021. Par un arrêté du 17 septembre 2021, la préfète de l'Ain a procédé au retrait de son attestation de demande d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par un jugement du 10 janvier 2022, le magistrat désigné du tribunal administratif de Lyon, après avoir constaté qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, a annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, a enjoint à la préfète de l'Ain de procéder, dans le délai de deux mois, à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me A, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle et, enfin, a rejeté le surplus de la demande de Mme C tendant, à titre principal, à l'annulation de l'arrêté du 17 septembre 2021 et, à titre subsidiaire, à la suspension de la mesure d'éloignement en application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La préfète de l'Ain relève appel de l'article 4 de ce jugement mettant à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser au conseil de Mme C, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
2. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. / Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'Etat. / Si, à l'issue du délai de quatre ans à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'Etat, il est réputé avoir renoncé à celle-ci. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Me A, conseil de Mme C, a indiqué au greffe du tribunal administratif de Lyon, par un courrier du 13 janvier 2022, ne pas renoncer au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée et qu'elle s'est vu délivrer en conséquence, le 7 février suivant, une attestation de fin de mission, pièce justificative nécessaire au paiement de cette part contributive. En exprimant sa volonté de ne pas renoncer à la part contributive de l'Etat, Me A doit être regardée comme ayant, dès cette date, renoncé au bénéfice de la chose jugée par le jugement contesté, en tant qu'il a été mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à lui verser au titre des frais liés au litige, et qui n'est plus, dès lors, susceptible d'exécution. Cette renonciation, au demeurant confirmée dans les écritures en défense de M. A, étant intervenue le 13 janvier 2022, soit avant l'introduction de l'appel de la préfète de l'Ain, enregistré le 3 février 2022, la requête de cette dernière est irrecevable et doit, pour ce motif, être rejetée.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la préfète de l'Ain est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me A. Copie en sera adressée à la préfète de l'Ain.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pruvost, président de chambre,
Mme Courbon, présidente-assesseure,
M. Pin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 mars 2023.
La rapporteure,
A. Courbon
Le président,
D. Pruvost
La greffière,
N. Lecouey
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026