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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY00707

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY00707

jeudi 12 mai 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY00707
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantARBOR TOURNOUD PIGNIER WOLF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A B a demandé au tribunal administratif de Lyon d'ordonner la production de la décision portant remise de l'amende fiscale visée à l'article 1759 du CGI d'un montant de 198 870 euros, mise à la charge de l'EURL PLANETE OSCAR dont il est le gérant, de prononcer subséquemment la décharge de cette même amende fiscale mise finalement à sa charge en tant que codébiteur solidaire, de mettre les dépens à la charge de l'Etat et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance n° 2008815 du 12 janvier 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 7 mars 2022, M. A B, représenté par Me Tournoud, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon en date du 12 janvier 2022 ;

2°) de lui accorder la décharge de l'obligation de payer la somme contestée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que c'est à tort que le premier juge a rejeté sa demande comme manifestement irrecevable ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Pour rejeter comme manifestement irrecevable en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice, la contestation de recouvrement de M. Chevalier, le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Lyon a relevé que le requérant avait produit un courrier du comptable public, daté du 9 juin 2020 aux termes duquel la direction régionale des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes et du département du Rhône reconnaissait avoir procédé, en application des dispositions de l'article 1756 du code général des impôts, à la remise de l'amende visée à l'article 1759 du code général des impôts mise à la charge de la société Planète Oscar, déchargeant M. B en tant que codébiteur solidaire, de toute poursuite et que l'extrait du journal des opérations non-comptables du pôle de recouvrement spécialisé du Rhône établissait que ladite remise a été effectuée le 4 juin 2020, soit antérieurement avant l'enregistrement de la requête.

3. Lorsque l'administration accorde un dégrèvement ou une remise ou lorsque le juge de l'impôt accorde une décharge, l'imposition, la majoration ou l'amende cessent d'être exigibles à due concurrence. Il s'ensuit que l'intervention d'une décision de dégrèvement ou de remise ou d'un jugement de décharge, même si la décision ou le jugement ne sont pas définitifs, frappe de caducité les effets des actes tendant au recouvrement forcé relatifs à l'obligation de payer ces impositions, majoration ou amende. En pareille hypothèse, il appartient au juge saisi de la contestation de cette obligation de payer, de constater soit qu'elle était sans objet avant l'enregistrement de la demande, et, par suite irrecevable, soit qu'elle est devenue sans objet postérieurement à l'enregistrement de la demande sur laquelle, il n'y a dès lors plus lieu de statuer. Dans le cas où l'impôt, la majoration ou l'amende seraient finalement remis à la charge du contribuable par l'administration ou par le juge et, partant, redevenus exigibles, il revient à l'administration, si elle entend procéder à leur recouvrement forcé, d'émettre les actes lui permettant de le faire.

4. En l'espèce, les documents sur lesquels s'est appuyé le premier juge sont suffisants pour établir l'existence de la décision de remise de l'amende en litige qui est intervenue dans le cadre de la procédure collective ouverte à l'égard de la société Planète Oscar, sans qu'il soit besoin d'exiger de l'administration qu'elle produise une décision de dégrèvement.

5. Il résulte de ce qui précède que, contrairement à ce que soutient le requérant, le débiteur solidaire d'une amende remise, ne peut faire l'objet de poursuites en l'état du dossier et que c'est à bon droit que sa contestation a été rejetée comme manifestement irrecevable.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.

Fait à Lyon, le 12 mai 2022.

Le premier vice-président,

François Bourrachot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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