vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY00732 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre - formation à 3 |
| Avocat requérant | AARPI VATIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A a demandé au tribunal administratif de Dijon 1°) d'annuler la décision par laquelle la directrice déléguée de site de l'hôpital de Decize a rejeté sa demande du 21 novembre 2019 tendant à la régularisation de ses horaires de travail et au versement d'une indemnité ; 2°) de condamner le centre hospitalier de Decize à lui verser la somme de 79 200 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi ; 3°) d'enjoindre au centre hospitalier de prendre une nouvelle décision dans un délai de deux semaines à compter du jugement, sous astreinte de 80 euros par jour de retard jusqu'à l'entière exécution, avec liquidation de l'astreinte à son profit ; 4°) de mettre les dépens éventuels à la charge du centre hospitalier de Decize.
Par un jugement n° 2000495 du 11 janvier 2022, le tribunal administratif de Dijon a rejeté la demande de M. A.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 9 mars 2022 et un mémoire en réplique enregistré le 6 janvier 2023, M. A, représenté par Me Brey, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Dijon du 11 janvier 2022 et la décision par laquelle la directrice déléguée de site de l'hôpital de Decize a rejeté sa demande du 21 novembre 2019 ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Decize à lui verser 79 200 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Decize de régulariser ses horaires, soit en supprimant les vacations de moins de trois heures, soit en créant une pause rémunérée constituant du temps de travail effectif ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Decize une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît le 3° de l'article 7 du décret du 4 janvier 2002, dès lors que la dernière vacation de sa journée est d'une durée inférieure à trois heures ; du moment que l'agent n'est plus à la disposition de l'employeur, et qu'il n'est plus rémunéré entre deux périodes de travail, la discontinuité est juridiquement constituée ;
- il est fondé à demander l'indemnisation du préjudice qui résulte de cette faute, lequel peut être évalué à 79 200 euros, soit 80 euros par jour irrégulier.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2022, le centre hospitalier de Decize, représenté par l'AARPI Vatier, agissant par Me Jaafar, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il expose que :
-la demande présentée devant le tribunal administratif de Dijon, laquelle était dirigée contre un accusé de réception n'ayant pas un caractère décisoire, était irrecevable ;
-les moyens soulevés, qui ne sont pas fondés, doivent être écartés.
Par ordonnance du 2 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°2002-9 du 4 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Joël Arnould, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Samuel Deliancourt, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ouvrier principal employé par le centre hospitalier de Decize, a saisi le 21 novembre 2019 le directeur de cet établissement d'une demande tendant à ce que ses horaires de travail soient régularisés de façon à ne pas comporter de vacation de moins de trois heures, et à l'octroi d'une indemnité en réparation du préjudice subi selon lui depuis quatre ans. Il relève appel du jugement du 11 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif de Dijon a rejeté la demande par laquelle il contestait la décision de rejet prise par la directrice déléguée de l'établissement.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
2. Aux termes de l'article 7 du décret du 4 janvier 2002 visé ci-dessus, relatif au temps de travail et à l'organisation du travail dans les établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Les règles applicables à la durée quotidienne de travail, continue ou discontinue, sont les suivantes : () 3° Dans le cas de travail discontinu, l'amplitude de la journée de travail ne peut être supérieure à 10 h 30. Cette durée ne peut être fractionnée en plus de deux vacations d'une durée minimum de 3 heures. / 4° Une pause d'une durée de 20 minutes est accordée lorsque le temps de travail quotidien est supérieur à 6 heures consécutives. Pour les agents soumis à un régime d'équivalence, les heures sont décomptées heure pour heure ".
3. La journée d'un agent qui n'est interrompue que par la pause réglementaire obligatoire, conserve un caractère continu, dès lors que cette pause, alors même qu'elle n'est pas rémunérée, n'excède pas la durée maximale prévue par le 4° de l'article 7 du décret du 4 janvier 2002 ou par l'accord collectif applicable. En l'espèce, M. A, qui bénéficiait d'une pause entre 12h et 12h30 ou entre 12h30 et 13h00, d'une durée de trente minutes conformément à l'accord du 22 janvier 2010 relatif à l'aménagement du temps de travail, se trouvait dès lors dans une situation de travail continu. Il ne peut ainsi utilement se prévaloir des dispositions du 3° de l'article 7 du décret du 4 janvier 2002. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision portant refus d'adaptation de ses horaires de travail et à la condamnation du centre hospitalier de Decize à l'indemniser du préjudice qu'il estime avoir subi du fait d'horaires irréguliers.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision implicite attaquée, n'implique aucune mesure de la part de l'administration. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Decize, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire droit aux conclusions que le centre hospitalier de Decize présente sur le fondement des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Decize présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de Decize.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Yves Tallec, président de chambre,
Mme Emilie Felmy, présidente-assesseure,
M. Joël Arnould, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
Le rapporteur,
Joël ArnouldLe président,
Jean-Yves Tallec
La greffière,
Sandra Bertrand
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026