lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY00844 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCHURMANN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de l'Isère du 27 juillet 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office à l'expiration de ce délai et lui interdisant le retour sur le territoire français durant un an.
Par un jugement n° 2107131 du 16 février 2022, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 16 mars 2022, M. A, représenté par Me Schürmann, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 16 février 2022 ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français susmentionnées ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé ou un titre de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant du jugement attaqué :
- il est entaché d'une omission à statuer, les premiers juges n'ayant pas répondu au moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de l'arrêté contesté :
- le préfet de l'Isère n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant guinéen né le 27 janvier 2001, déclare être entré en France le 1er juin 2017. À la suite d'une ordonnance de placement provisoire, il a été confié aux services de la protection de l'enfance de l'Isère. Il a sollicité, le 22 mars 2019, son admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 octobre 2019, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, qu'il a assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Grenoble en date du 31 janvier 2020. Toutefois, par un arrêt du 27 avril 2021, la cour administrative de Lyon a annulé le jugement du 31 janvier 2020 et a rejeté les demandes présentées par M. A. Le 8 janvier 2021, M. A a sollicité, auprès des services préfectoraux, le renouvellement de son titre de séjour en qualité de salarié ou sur le fondement de la vie privée et familiale. Par arrêté du 27 juillet 2021, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a désigné le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour d'une durée d'un an. M. A fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur le jugement attaqué :
3. Contrairement à ce que soutient M. A, le tribunal administratif s'est bien prononcé sur le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiées à l'article L. 435-3 de ce code, au point 5 du jugement contesté. Le moyen tiré de l'omission à statuer ne peut donc qu'être écarté.
Sur l'arrêté contesté :
4. En premier lieu, si M. A soutient que l'arrêté en litige repose sur des faits matériellement inexacts, il n'en n'apporte aucune justification. Au contraire, il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet de l'Isère a procédé à un examen réel, sérieux et approfondi de la situation de M. A. Rien n'obligeait le préfet à faire mention d'éléments que le requérant regarde comme lui étant favorables et sur lesquels le préfet n'a pas entendu faire reposer sa décision. Le moyen tiré du défaut d'examen doit en conséquence être écarté.
5. En deuxième lieu, il est constant qu'au jour de dépôt de sa demande de titre de séjour M. A n'était plus, comme l'a indiqué le tribunal administratif, dans l'année qui suivait son dix-huitième anniversaire. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifiées à l'article L. 435-3 de ce code, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges, à l'encontre desquels le requérant ne formule aucune critique utile ou pertinente.
6. En troisième lieu, M. A se prévaut de sa présence en France depuis l'année 2017 et fait valoir qu'il s'est intégré professionnellement et socialement sur le territoire. Le requérant ajoute que ses attaches personnelles se situent désormais en France, alors qu'il n'entretiendrait plus de lien avec sa famille à l'étranger. Toutefois, il est constant que M. A a vécu la majorité de son existence dans son pays d'origine, où réside toujours sa mère. La circonstance qu'il ait pu, postérieurement à son entrée en France, faire établir et parvenir depuis la Guinée un acte de naissance et un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance, démontre qu'il dispose toujours d'attaches dans son pays d'origine. M. A ne justifie pas davantage du décès de son père comme il l'allègue. Enfin, il ressort des pièces du dossier que, suite à l'arrêt rendu le 31 janvier 2020 par la cour administrative d'appel de Lyon, M. A était tenu d'exécuter l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 2 octobre 2019. Le requérant, qui n'établit ni même n'allègue avoir respecté cette mesure, n'est dès lors pas fondé à se prévaloir d'une insertion particulière dans la société française, dont le respect des lois et des décisions de justice est une composante. En outre, il ne pouvait ignorer, suite à la décision de la cour de céans, la précarité de ses perspectives d'installation en France.
7. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier de la durée et des conditions de séjour de l'intéressé en France, l'arrêté contesté ne porte pas au droit de ce dernier au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs de son édiction. Il ne méconnaît pas, dès lors, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Si M. A soutient que l'arrêté en litige emporte des conséquences graves sur sa situation personnelle, dès lors que le centre de ses intérêts se situerait désormais en France, il résulte de ce qui a été exposé au point 6 que les attaches qu'il a développées sur le territoire ne sont pas caractérisées par une ancienneté, une stabilité et une intensité particulières. En outre, si l'intéressé se prévaut de son emploi en qualité de maçon, il ne pouvait ignorer la précarité de sa situation professionnelle, dès lors qu'il séjournait irrégulièrement en France, où il se maintenait en dépit de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Isère a commis une erreur d'appréciation de sa situation. Le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Lyon, le 24 octobre 2022.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026