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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY00885

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY00885

jeudi 4 mai 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY00885
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantDEREYMEZ MARC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A B a demandé au tribunal administratif de Grenoble de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 à 2019 et des intérêts de retard correspondants.

Par un jugement n° 1907118 du 27 janvier 2022, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête, enregistrée le 24 mars 2022, M. B, représenté par Me Dereymez, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 à 2021 ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 30 000 euros en réparation des préjudices subis

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la rectification portant sur les années 2015 à 2021, la demande de première instance est recevable en totalité

- l'administration a commis une erreur dans le calcul de la surface de l'appartement, conditionnant le loyer mensuel maximal permettant de bénéficier de la réduction d'impôt de l'article 199 novovicies du code général des impôts qui diffère de celui relevé sur des sites internet.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

2. M. B a été assujetti à des compléments d'impôt sur le revenu au titre des années 2015 et 2016 résultant de la remise en cause par l'administration de la réduction d'impôt appliquée sur le fondement de l'article 199 novovicies du code général des impôts à raison de l'acquisition, en 2015, d'un appartement situé à Chambéry qu'il a donné en location. Il relève appel du jugement du 27 janvier 2022 par lequel le tribunal administratif a rejeté sa demande de décharge de ces impositions et des impositions établies au titre des années suivantes.

Sur les impositions établies au titre des années 2015 et 2016 :

3. Aux termes du premier paragraphe de l'article 199 novovicies du code général des impôts dans sa version applicable : " I. ' A. ' Les contribuables domiciliés en France, au sens de l'article 4 B, qui acquièrent, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016, un logement () en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale fixée, sur option du contribuable, à six ans ou à neuf ans. (). / III. ' L'engagement de location mentionné au I doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cet engagement prévoit que le loyer et les ressources du locataire appréciées à la date de conclusion du bail ne doivent pas excéder des plafonds fixés par décret en fonction de la localisation du logement et de son type. Selon l'article 2 terdecies D de l'annexe III au code: " I. ' Pour l'application du premier alinéa du III de l'article 199 novovicies du code général des impôts : / 1. Les plafonds de loyer mensuel, par mètre carré, charges non comprises, sont fixés, pour les baux conclus en 2015, () 10,06 € en zone B 1 (). / Aux plafonds de loyer définis à l'alinéa précédent, il est fait application d'un coefficient multiplicateur calculé selon la formule suivante : 0,7 + 19/ S, dans laquelle S est la surface du logement. Le coefficient ainsi obtenu est arrondi à la deuxième décimale la plus proche et ne peut excéder 1,2. / Pour l'application du présent 1, la surface à prendre en compte s'entend de celle prévue au dernier alinéa du a de l'article 2 duodecies ". Selon le dernier alinéa du a de l'article 2 duodecies de la même annexe III : " La surface à prendre en compte pour l'appréciation du plafond de loyer s'entend de la surface habitable au sens de l'article R. 111-2 du code de la construction et de l'habitation, augmentée de la moitié, dans la limite de 8 mètres carrés par logement, de la surface des annexes mentionnées aux articles R. 353-16 et R. 331-10 du même code ". Enfin, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 9 mai 1995 auquel renvoient les articles R. 353-16 et R. 331-10 du code de la construction et de l'habitation : " Pour la définition de la surface utile visée à l'article R. 331-10 et au 2° de l'article R. 353-16 du code de la construction et de l'habitation, les surfaces annexes sont les surfaces réservées à l'usage exclusif de l'occupant du logement et dont la hauteur sous plafond est au moins égale à 1,80 mètre. Elles comprennent () dans la limite de 9 mètres carrés les parties de terrasses accessibles en étage ou aménagées sur ouvrage enterré ou à moitié enterré ".

4. En l'espèce, l'administration n'a commis aucune erreur en retenant la valeur limite de 9 m² pour la terrasse d'une surface réelle de 12,52 m² et en prenant en compte la moitié de cette valeur, soit 4,5 m², pour le calcul de la surface utile de l'appartement de M. B. Dès lors que la surface de son logement a été déterminée conformément aux dispositions citées au point 3, celui-ci ne saurait utilement se prévaloir d'interprétations différentes n'émanant pas de l'administration fiscale pour faire échec à l'application de la loi fiscale. Le requérant ne conteste pas que le loyer de l'appartement excède le montant mensuel plafonné de 676,10 euros applicable à un logement d'une superficie de 68,5 m² de sorte que c'est à bon droit que l'administration a remis en cause la réduction d'impôt appliquée.

Sur les conclusions relatives aux impositions établies au titre des autres années :

5. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial () de la direction générale des finances publiques () dont dépend le lieu de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 200-2 du même livre : " Le demandeur ne peut contester devant le tribunal administratif des impositions différentes de celles qu'il a visées dans sa réclamation ".

6. Il est constant que, dans sa réclamation préalable du 30 juillet 2019, M. B n'a contesté que les cotisations d'impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2015 et 2016. S'il a demandé, devant le tribunal administratif puis devant la cour, la décharge des impositions auxquelles il a été assujetti les années suivantes, ces conclusions, qui portent sur des impositions établies au titre d'années différentes de celles soumises à l'administration ne sont pas recevables en application des dispositions précitées quand bien même elles procèdent du même chef de rectification. Ainsi que l'a jugé à bon droit le tribunal administratif, M. B n'était pas recevable à saisir le tribunal de conclusions relatives aux années autres que les années 2015 et 2016.

Sur les conclusions indemnitaires :

7. Si le requérant entend également demander la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité en réparation des préjudices prétendument subis, il résulte ce qui précède que l'administration n'a commis aucune faute en rappelant les impositions en cause.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de condamnation de l'Etat versement d'une indemnité et de mise à sa charge des frais liés à l'instance et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 4 mai 2023.

Le président de la 2ème chambre,

Dominique Pruvost

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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