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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY01080

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY01080

lundi 18 juillet 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY01080
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantPETIT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A B a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2021 par lequel la préfète de l'Ain a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, d'enjoindre à la préfète de l'Ain, en cas d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour, de lui délivrer, à titre principal, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail jusqu'au réexamen de sa situation, en cas d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et/ou de la décision fixant le pays de destination, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail jusqu'au réexamen de sa situation et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 300 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2109180 du 4 mars 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 4 avril 2022, M. A B, représenté par Me Petit, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon en date du 4 mars 2022 ;

2°) d'annuler les décisions de la préfète de l'Ain en date du 21 octobre 2021 ;

3°) de prononcer, à compter de l'arrêt à intervenir, les injonctions demandées en première instance ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour, elle est entachée d'une erreur de droit en l'absence d'examen particulier de sa situation ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfants ainsi que les stipulations de l'article 24-3 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- s'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français, elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'article 24-3 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- s'agissant de la décision fixant le pays de destination, elle est illégale, par voie d'exception, du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant kosovare, né le 31 août 1991, déclare être entré pour la première fois en France le 3 novembre 2016 afin de solliciter l'asile. Sa demande ayant été rejetée, en dernier lieu, par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 28 août 2017, le requérant a fait l'objet, le 27 octobre 2017, d'une obligation de quitter le territoire français avant d'être assigné à résidence le 24 juin 2018. Après être retourné au Kosovo le 16 juillet 2018, M. B est à nouveau entré en France, le 14 octobre 2018, afin de solliciter le réexamen de sa demande d'asile. Celle-ci a toutefois été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 6 décembre suivant. Par un arrêté en date du 1er août 2019, le préfet de l'Ain a obligé l'intéressé à quitter le territoire français. Par un jugement n° 2000573 du 28 janvier 2020, rectifié par une ordonnance du 26 février 2020, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a annulé l'interdiction de retour prise le 28 janvier 2020 à l'encontre de M. B. M. B, qui a été éloigné du territoire national le 7 février 2020, y est revenu en août 2020 et le 29 janvier 2021, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 21 octobre 2021, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de l'Ain a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. M. B relève appel du jugement n° 2109180 du 4 mars 2022, par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

3. D'une part, en raison des effets qui s'y attachent, l'annulation pour excès de pouvoir d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l'annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n'auraient pu légalement être prises en l'absence de l'acte annulé ou qui sont en l'espèce intervenues en raison de l'acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l'acte annulé et de celles dont l'acte annulé constitue la base légale. Il incombe au juge de l'excès de pouvoir, lorsqu'il est saisi de conclusions recevables dirigées contre de telles décisions consécutives, de prononcer leur annulation par voie de conséquence, le cas échéant en relevant d'office un tel moyen qui découle de l'autorité absolue de chose jugée qui s'attache à l'annulation du premier acte.

4. D'autre part, l'annulation pour excès de pouvoir d'une décision d'interdiction de retour n'implique pas la délivrance d'une carte de séjour temporaire. Mais à la suite d'une telle annulation, il incombe au préfet de faire procéder à l'effacement du signalement de l'intéressé dans le système d'information Schengen.

5. Si M. B soutient en appel que sa vie privée et familiale est protégée par l'autorité de la chose jugée qui s'attache aux motifs du jugement du 28 janvier 2020 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a annulé l'interdiction de retour prise le 28 janvier 2020 à son encontre, l'autorité absolue de la chose jugée qui s'attache à l'annulation d'une décision consécutive à un refus de séjour et à une obligation de quitter le territoire français n'est susceptible, ni d'entraîner une annulation par voie de conséquence des décisions précédentes, ni de lier l'autorité préfectorale amenée à statuer de nouveau sur le séjour en France de l'intéressé et sur son éventuel éloignement.

6. Les autres moyens susvisés ont été écartés à bon droit par le jugement attaqué, dont il y a lieu d'adopter les motifs.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'Etat des frais d'instance non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Rhône.

Fait à Lyon, le 18 juillet 2022.

Le premier vice-président de la cour,

François Bourrachot

La République mande et ordonne au ministre l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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