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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY01143

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY01143

jeudi 4 mai 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY01143
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantALLALA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. C B et Mme A B ont demandé au tribunal administratif de Grenoble de prononcer la décharge de l'obligation, qui a été notifiée à M. B D les mises en demeure tenant lieu de commandement du 26 août 2020, de payer une somme de 3 336 euros se rapportant à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux dus D le foyer fiscal au titre de l'année 2014 et une somme de 120 774 euros se rapportant aux droits de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à M. B au titre de la période du 1er octobre 2012 au 30 septembre 2014 ainsi qu'aux prélèvements libératoires et retenues à la source dus D celui-ci au titre des années 2013 et 2014.

D un jugement n° 2007049 du 1er juillet 20121, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande.

Procédure devant la cour

D une requête, enregistrée le 14 avril 2022, M. et Mme B, représentés D Me Allala, demandent à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer ces sommes ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à leur conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que les dettes d'impôt dont le recouvrement est poursuivi auprès de M. B, qui ont notamment pour origine une plus-value constatée à l'occasion de la vente de biens immobiliers leur appartenant, sont des dettes personnelles du couple qui relèvent de la procédure de surendettement et non des dettes professionnelles de l'intéressé, qui ne se confondent pas, contrairement à ce qu'ont estimé l'administration fiscale et le tribunal d'instance de Vienne.

M. et Mme B ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale D une décision du 24 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet D le président de la cour peuvent, () D ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

2. Le 26 août 2020, le comptable public du centre des finances publiques de l'Isère a décerné à l'encontre de M. B deux mises en demeure tenant lieu de commandement pour avoir paiement, d'une part, d'une somme de 3 336 euros se rapportant à la dette d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dont M. et Mme B étaient redevables au titre de l'année 2014 et, d'autre part, d'une somme de 120 774 euros se rapportant aux droits de taxe sur la valeur ajoutée réclamés à M. B au titre de la période du 1er octobre 2012 au 30 septembre 2014 ainsi qu'aux prélèvements libératoires et retenues à la source dont celui-ci était redevable au titre des années 2013 et 2014. M. et Mme B relèvent appel du jugement du 1er juillet 2021 D lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leur demande de décharge de l'obligation de payer notifiée à M. B D ces actes de poursuites.

3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / () 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée () ".

4. D une décision du 17 juillet 2018, la commission de surendettement des particuliers de Vienne, saisie à l'initiative de M. et Mme B, a déclaré leur demande irrecevable au motif que M. B relevait, en sa qualité d'artisan, des dispositions propres aux procédures collectives. D un jugement du 7 mars 2019, le tribunal d'instance de Vienne a invalidé cette décision en tant qu'elle a déclaré la demande de Mme B irrecevable et a confirmé l'irrecevabilité de la demande de M. B au motif qu'une partie de son passif provenant de son activité professionnelle, sa situation relevait des dispositions du code de commerce et non de celles du code de la consommation. D ailleurs, le comptable public s'est désisté de la procédure de rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ouverte contre Mme B, ce dont le juge des contentieux et de la protection judiciaire du tribunal judiciaire de Vienne a pris acte D une décision du 9 juillet 2020, de sorte que la dette d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux de Mme B a été effacée. Ainsi, si la décision de la commission a eu pour effet, en vertu de l'article L. 722-2 du code de la consommation, de suspendre et d'interdire les mesures d'exécution diligentées à l'encontre de celle-ci, la procédure de surendettement diligentée D les intéressés, qui ne sauraient utilement contester l'appréciation portée D le tribunal d'instance de Vienne sur la recevabilité de la demande de M. B, ne s'opposait pas à l'adoption et à l'exécution des mises en demeure tenant lieu de commandement du 26 août 2020 notifiées à celui-ci. Le moyen tiré de ce que les créances fiscales dont le recouvrement a été poursuivi auprès de M. B au moyen des mises en demeure en litige n'étaient pas exigibles lorsqu'ont été décernés ces actes de poursuites ne peut dès lors qu'être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et Mme A B. Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 4 mai 2023.

Le président de la 2ème chambre,

Dominique Pruvost

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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