lundi 27 février 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY01180 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL AD JUSTITIAM |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions de la préfète de la Loire du 23 juin 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2107578 du 18 mars 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 15 avril 2022, Mme B, représentée par la SELARL Ad justitiam, agissant par maitre Thinion, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Lyon du 18 mars 2022 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) si le jugement du tribunal administratif était annulé pour un motif de fond, d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer le titre de séjour demandé, dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- elle est entachée d'erreur de droit, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'elle est fondée sur un refus de titre de séjour illégal ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, ressortissante tunisienne, née le 3 juillet 2001, est entrée en France en août 2016 munie d'un visa court séjour valable du 2 août 2016 au 1er août 2018 lui autorisant de multiples séjours pour une durée maximale de quatre-vingt-dix jours. Elle a sollicité en 2018 le bénéfice du regroupement familial, qui lui a été refusé, puis présenté une seconde demande le 9 février 2021 portant sur un titre " étudiant ". Par arrêté du 16 septembre 2021, la préfète de la Loire lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Mme B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :
3. En premier lieu, il ressort du dossier que Mme B est entrée en France muni d'un visa de court séjour et il est constant qu'à la date de sa demande de titre de séjour, elle n'était pas titulaire d'un visa de long séjour. Elle soutient remplir les conditions lui permettant d'obtenir un titre de séjour portant la mention " étudiant " en indiquant être entrée en France avant ses 16 ans et avoir été scolarisée de façon continue depuis l'année 2015-2016. Si elle est scolarisée en France depuis l'âge de seize ans, la seule circonstance alléguée qu'elle ait effectué quatre années d'études en France et ait disposé de ressources suffisantes n'était pas de nature à l'exonérer de l'obligation de visa. La requérante verse au dossier plusieurs bulletins scolaires qui font apparaitre un redoublement en terminale STMG et de nombreuses absences au cours de ces quatre années de scolarité mais également des résultats généralement inférieurs à la moyenne générale. Par ailleurs, l'inscription de la requérante au sein d'un BTS en alternance ne saurait démontrer, en l'absence de tout élément précis, une nécessité particulière d'obtenir un visa long séjour pour revenir régulièrement en France afin d'y terminer son parcours diplômant. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la préfète a commis une erreur de droit en ne faisant pas usage de la faculté offert par les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En deuxième lieu, si Madame B indique qu'elle résidait chez son père depuis 15 ans et qu'elle vit désormais dans son propre logement, elle n'a pas effectué sa demande de titre de séjour au titre de sa " vie privée et familiale ". Elle soutient également que la préfète de la Loire aurait dû examiner sa demande sur ce fondement. Mais ce moyen tiré d'une atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peut être utilement invoqué pour contester une décision de refus de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, qui procède exclusivement d'une appréciation par l'autorité préfectorale, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la satisfaction des conditions requises pour la délivrance d'un tel titre de séjour et de la réalité et du sérieux des études poursuivies par l'intéressée. Par suite, le moyen tiré par Mme B de ce que l'arrêté contesté, en ce qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme inopérant. Enfin, il doit en être de même, pour les mêmes motifs, du moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision de refus de titre de séjour sur la vie privée et familiale de l'intéressée.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, il résulte de l'examen de la légalité de la décision de refus de délivrance de titre de séjour, que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
6. En second lieu, Mme B indique disposer d'attaches familiales en France, où réside notamment son père. Elle allègue également avoir construit de véritables liens avec de nombreuses personnes au cours de sa scolarité. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante a vécu la majorité de son existence en Tunisie, où vivent encore sa mère ainsi que ses frères. La circonstance selon laquelle la requérante habite seule à Roanne ne suffit pas pour justifier d'une vie privée et familiale en France. Par conséquent, il n'est pas établi que cette décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Ces moyens doivent donc également être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire.
Fait à Lyon, le 27 février 2023.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026