vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY01250 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | FRERY |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme C A épouse B a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions de la préfète de la Loire du 30 avril 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2107388 du 30 novembre 2021, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 21 avril 2022, Mme B, représentée par Me Frery, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Lyon du 30 novembre 2021 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir. Dans les deux hypothèses, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la Loire d'effacer son signalement aux fins de non admission dans le système d'informations Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation familiale et personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation.
Mme A épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme A épouse B, ressortissante albanaise née le 13 février 1987, est entrée irrégulièrement en France le 1er octobre 2016, avec son époux et leurs deux enfants mineurs. La requérante a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou " travailleur temporaire ". Par arrêté du 30 avril 2021, la préfète de la Loire a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Mme B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
S'agissant de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour :
3. Il ressort des mentions de l'arrêté en litige, qui indique notamment que Mme B est entrée irrégulièrement en France le 1er octobre 2016 accompagnée de son époux, également en situation irrégulière, et de leurs deux enfants mineurs, qu'elle ne peut prétendre à l'obtention d'un titre de séjour dès lors qu'elle n'a aucune attache familiale en France en dehors de sa propre cellule familiale alors qu'elle conserve des attaches en Albanie, où résident notamment ses parents, sa sœur ainsi que son frère. La préfète de la Loire a procédé à un examen particulier de sa situation personnelle et a pris en compte l'ensemble des éléments dont elle avait connaissance à la date de sa décision, notamment s'agissant de sa durée de présence en France, de la scolarisation de ses enfants mineurs ou encore de l'appréciation des conditions de séjour. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen de la situation de Mme B doit être écarté.
S'agissant de la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
4. La préfète de la Loire a, par un même arrêté, refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B et fait obligation à cette dernière de quitter le territoire français. Dès lors, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour qui, en l'espèce, est suffisamment motivée.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
5. Pour le même motif que celui évoqué au point 4, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la préfète de la Loire a entaché sa décision d'une insuffisance de motivation.
6. Sauf concernant les moyens ci-dessus analysés, Mme B se borne à reprendre dans sa requête les moyens invoqués devant les premiers juges. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le jugement du tribunal administratif de Lyon. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs du jugement de première instance, à l'encontre desquels la requérante ne formule aucune critique utile ou pertinente, d'écarter ces autres moyens.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de la Loire.
Fait à Lyon, le 29 juillet 2022.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,