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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY01277

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY01277

lundi 10 octobre 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY01277
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL BS2A - BESCOU & SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B A a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du préfet du Rhône du 30 novembre 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2110062 du 31 mars 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 27 avril 2022, M. A, représenté par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Lyon du 31 mars 2022 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ", ou de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de son pouvoir de régularisation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant des décisions accordant un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi :

- elles sont illégales du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant algérien né le 1erjanvier 1971, déclare être entré en France le 27 novembre 2014. Il a présenté une demande d'asile le 26 février 2015, rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 3 février 2016. Il a obtenu un titre de séjour, valable du 14 février 2018 au 13 février 2019, renouvelé jusqu'au 13 février 2021. Le 19 mars 2021, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par arrêté du 30 novembre 2021, le préfet du Rhône lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quatre-vingt-dix jours et a désigné le pays de renvoi. M. A fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :

3. En premier lieu, il ne ressort pas de l'arrêté contesté, qui mentionne notamment que M. B ne dispose plus de liens personnels et familiaux sur le territoire français, que le préfet ait entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation.

4. En deuxième lieu, M. A soutient que le préfet a commis une erreur de fait en retenant qu'au 9 février 2019, la communauté de vie avec sa compagne avait cessé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment des déclarations de l'ex-compagne de M. A qu'ils ont rompu leur pacs en février 2019. Dès lors, le préfet n'a pas commis d'erreur de fait en considérant que la communauté de vie entre les deux partenaires avait cessé à compter du 9 février 2019.

5. En troisième lieu, M. A soutient qu'il réside en France depuis plus de sept ans, qu'il entretient une relation avec une ressortissante française et qu'il est bien intégré. Toutefois, il est constant que sa compagne et lui ont rompu leur pacs en 2019 et qu'ils n'entretiennent plus de relation de couple. M. A n'établit pas disposer d'autres liens familiaux et amicaux sur le territoire français, alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches en Algérie, où résident ses parents, ses six frères et sa sœur et où il a vécu pendant quarante-trois ans. Par ailleurs, les activités de bénévolat auxquelles il a participé de 2016 à 2018 ne suffisent pas à établir qu'il dispose d'une insertion particulière sur le territoire français. S'il fait valoir qu'il a travaillé de 2018 à 2021, il ressort des pièces du dossier qu'il a exercé diverses missions de courte durée dans le cadre de contrats d'intérim. Ces activités ne permettent pas de considérer que M. A dispose d'une intégration professionnelle particulière en France, alors qu'il a exercé la profession d'infirmier durant huit ans dans son pays d'origine. Dès lors, le refus de titre de séjour n'est pas entaché d'une erreur de droit et ne méconnaît ni les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. En quatrième lieu, d'une part, si M. A se prévaut de sa présence en France depuis sept ans, il n'établit pas y disposer d'attaches familiales ou sociales. Dès lors, M. A, qui ne justifie pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre à titre exceptionnel au séjour par la délivrance d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ". D'autre part, M. A fait valoir qu'il justifie d'une expérience professionnelle de trois ans, dont un an au sein de la société La Poste, en période de confinement. Toutefois, ces circonstances ne constituent pas des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'un certificat algérien portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre à titre exceptionnel au séjour.

7. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, la décision contestée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

8. En premier lieu, il résulte de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour que M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

9. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, l'obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur les décisions accordant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :

10. Les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français étant légales, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'encontre des décisions accordant un délai de départ volontaire de quatre-vingt-dix jours et fixant le pays de destination.

11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Rhône.

Fait à Lyon, le 10 octobre 2022.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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