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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY01342

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY01342

lundi 24 octobre 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY01342
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantVIGNERON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B A a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de l'Isère du 1er juin 2021, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office, et lui interdisant le retour sur le territoire français durant un an.

Par un jugement n° 2104783 du 4 novembre 2021, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 4 mai 2022, M. A, représenté par Me Vigneron, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 4 novembre 2021 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Isère de réexaminer sa situation, dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de deux jours à compter de cette même notification, le tout sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant du jugement attaqué :

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que les premiers juges ont écarté le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation ;

- il est entaché d'une seconde erreur de droit, dès lors que le tribunal administratif a omis de répondre au moyen tiré du caractère déraisonnable du délai d'examen de sa demande de titre de séjour ;

- il procède d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

S'agissant de l'arrêté dans son ensemble :

- il a été signé par une autorité administrative incompétente ;

S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle a été prise en méconnaissance du délai raisonnable d'examen d'une demande de titre de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle doit être annulée, par voie de conséquence de l'annulation de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- pour le surplus, il entend reprendre ses moyens développés à l'encontre du refus de titre de séjour ;

S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle doit être annulée, par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle est illégale, dès lors qu'il ne présente pas le risque de se soustraire à l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- pour le surplus, il entend reprendre ses moyens développés à l'encontre du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle doit être annulée, par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- pour le surplus, il entend reprendre ses moyens développés à l'encontre du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle doit être annulée, par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire et fixant le pays de destination ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- pour le surplus, il entend reprendre ses moyens développés à l'encontre du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.

Par décision du 30 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant de la république démocratique du Congo né le 10 mai 1995, déclare être entré en France le 13 décembre 2011. Il a été confié par les autorités compétentes au service de l'aide sociale à l'enfance du 16 décembre 2011 au 10 mai 2013. Le 24 juin 2013, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette demande a été rejetée par un arrêté du 11 décembre 2015 du préfet de l'Isère portant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, dont la légalité a été confirmée par la cour administrative d'appel de Lyon le 14 novembre 2016. Le 31 octobre 2019, M. A a formulé une nouvelle demande de titre de séjour, sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et L. 313-14 du code précité, aujourd'hui respectivement codifiées aux articles L. 423-23 et L. 435-1. Par arrêté du 1er juin 2021, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur le jugement attaqué :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Contrairement à ce que soutient le requérant le tribunal, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments avancés, a suffisamment détaillé et motivé dans le point 5 de son jugement les raisons pour lesquelles il a estimé que l'arrêté du préfet de l'Isère n'était pas entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, M. A soutient que le jugement attaqué est entaché d'une erreur de droit, le tribunal ne pouvant écarter le moyen tiré du défaut d'examen tout en indiquant que le préfet de l'Isère n'a pas retenu tous les éléments relatifs à sa situation personnelle. Toutefois, il est constant que le préfet n'était pas tenu de mentionner dans son arrêté l'ensemble des faits caractérisant la situation particulière du requérant, mais uniquement ceux sur lesquels il entend fonder ses décisions. Par suite, c'est à bon droit que les premiers juges ont écarté le moyen tiré du défaut d'examen, dès lors qu'il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet a effectivement procédé à un examen particulier de la situation de M. A.

5. En troisième lieu, il ressort du point 6 du jugement attaqué que le tribunal a répondu au moyen tiré du caractère déraisonnable du délai d'examen de sa demande de titre de séjour.

6. En quatrième et dernier lieu, M. A fait valoir que le jugement contesté serait entaché d'une erreur de droit, dès lors que les premiers juges auraient dénaturé le moyen tiré du caractère déraisonnable du délai d'examen de sa demande de titre de séjour, en l'interprétant comme absence de droit à un recours effectif. Le requérant soutient également que les premiers juges ont commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa durée de présence en France et de l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre en 2015. Cependant, ces deux moyens se rattachent au bien-fondé du raisonnement suivi par le tribunal administratif et sont sans incidence sur sa régularité.

Sur le refus de titre de séjour :

7. Si M. A soutient que le délai d'examen de sa demande de titre de séjour a revêtu un caractère déraisonnable cette circonstance, à la supposer avérée, est en tout état de cause sans influence sur la légalité de la décision attaquée.

8. La requête de M. A se borne, pour le surplus, à reprendre littéralement l'énoncé des moyens invoqués devant les premiers juges. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le tribunal administratif de Grenoble. Il y a lieu, dès lors, par adoption des motifs du jugement attaqué à l'encontre desquels le requérant ne formule aucune critique utile, d'écarter ces moyens.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Lyon, le 24 octobre 2022.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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