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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY01408

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY01408

lundi 18 juillet 2022

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY01408
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
Avocat requérantTEISSIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Lyon de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2014 ainsi que des pénalités correspondantes et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement n° 2008353 du 8 mars 2022, le tribunal administratif de Lyon a constaté qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge présentées par Mme B à hauteur de la somme, en droits et pénalités, de 2 529 euros (article 1er) et rejeté le surplus de cette demande (article 2).

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 6 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Teissier, demande à la cour :

1°) d'annuler l'article 2 de ce jugement du tribunal administratif de Lyon en date du 8 mars 2022 ;

2°) de lui accorder la décharge des impositions et majorations restant à sa charge ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- La procédure d'imposition est irrégulière dès lors que les demandes que lui a adressées l'administration le 25 septembre 2017 et le 19 octobre 2017 constituaient des demandes de justifications au sens de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales sans qu'aient respectées les garanties prévues par les articles L. 16 et L. 16 A du même livre ;

- c'est à tort que l'administration a annulé le déficit reportable d'un montant de 43 201 euros dont elle bénéficiait depuis 2011 alors qu'elle n'a pas bénéficié d'un débat oral et contradictoire, que l'administration s'appuie sur des éléments recueillis postérieurement auprès de l'ANAH en mars 2018 par l'exercice du droit de communication, que l'administratif ne pouvait reprendre le déficit sans avoir préalablement procédé au contrôle de la SCI TJ conformément aux dispositions combinées des article 8 du code général des impôts, L. 53, L. 55 et L. 57 du livre des procédures fiscales et que les factures produites attestent que les dépenses correspondent à des travaux d'entretien, de réparation et de d'amélioration ;

- c'est à tort que l'administration a regardés les sommes de 10 000 euros, de 11 000 euros et de 22 000 euros comme des revenus de capitaux mobiliers imposables sur le fondement des dispositions du 2° de l'article 109-1 du code général des impôts sans vérification préalable de ces bénéfices de la société Asya Market ;

- c'est à tort que les sommes de 3 500 euros et de 5 200 euros ont été regardées comme des salaires imposables en 2014, dès lors que la somme de 3 500 euros se rattachent à l'exercice de fonction de gérance de la SASU Toki au titre de l'année 2013 et que la somme de 5 200 euros correspond à une restitution des fonds engagés lors de la constitution de la société Toki ;

- les pénalités de 40 % qui lui ont été infligées ne sont pas justifiées dès lors que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas constitutifs d'un manquement délibéré ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A B a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle, à l'issue duquel l'administration a rectifié, selon la procédure contradictoire, les revenus déclarés au titre de l'année 2014 dans la catégorie des traitements et salaires, des revenus fonciers et des revenus de capitaux mobiliers. Compte-tenu à la fois des observations présentées sur la proposition de rectification du 13 décembre 2017 et de la position du supérieur hiérarchique et de l'interlocuteur départemental, Mme B a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales assorties d'intérêts de retard et d'une majoration de 40 % pour un montant total de 25 102 euros en droits et de 10 374 euros en pénalités. Sa réclamation contentieuse ayant été rejetée, elle a demandé au tribunal administratif de Lyon de prononcer la décharge de ces droits et pénalités. Par jugement du 8 mars 2022, le tribunal administratif de Lyon a constaté qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge présentées par Mme B à hauteur de la somme, en droits et pénalités, de 2 529 euros (article 1er) et rejeté le surplus de cette demande (article 2). Mme B relève appel de l'article 2 de ce jugement.

3. En vertu des dispositions combinées des articles 8 et 60 du code général des impôts et des articles L. 53, L. 55 et suivants du livre des procédures fiscales, c'est avec la société de personnes que l'administration fiscale doit engager la procédure de vérification des résultats sociaux régulièrement déclarés par cette société, au regard de la comptabilité qu'elle doit tenir en vertu de cet article 60.

4. Il est constant que la rectification des revenus fonciers de la requérante procède de la reprise de la part de déficit née de l'activité la SCI TJ, l'administration ayant estimé que les travaux réalisés par cette société avaient le caractère de travaux de reconstruction et n'étaient pas déductibles du revenu foncier en application des dispositions de l'article 31 du code général des impôts. Une telle rectification s'analyse comme une modification du résultat comptable de la société qui ne pouvait intervenir qu'au terme d'une procédure de contrôle de cette société. Il est également constant que l'administration fiscale n'a pas procédé à un tel contrôle avant de tirer les conséquences de cette rectification sur la situation des associés. Elle a dès lors entaché la procédure d'imposition des associés d'irrégularité.

5. Toutefois, une telle irrégularité demeure sans conséquence sur le bien-fondé de l'imposition s'il est établi que, n'ayant privé le contribuable d'aucune garantie, elle n'a pas pu avoir d'influence sur la décision de redressement.

6. Il résulte de l'instruction que Mme B, à qui l'administration a notifié les rectifications qu'elle envisageait d'apporter à ses propres bases d'imposition au titre de l'année 2014 à concurrence de la fraction du déficit foncier réalisé en 2011 par la société civile immobilière TJ lui revenant en sa qualité d'associée, a bénéficié des garanties de la procédure contradictoire et disposait de tous les éléments comptables lui permettant de contester les motifs retenus par l'administration pour la rectifier. Ainsi, l'irrégularité de la procédure, qui n'a privé la contribuable d'aucune garantie, n'a pu avoir d'influence sur la décision de redressement. Mme B n'est dès lors pas fondée à demander la décharge des impositions correspondant à la réintégration de ces dépenses et à la reprise du déficit en résultant.

7. Les autres moyens susvisés ont été écartés à bon droit par le jugement attaqué, dont il y a lieu d'adopter les motifs.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 18 juillet 2022.

Le premier vice-président,

François Bourrachot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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