lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY01516 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BEN HADJ YOUNES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler les décisions du préfet de la Côte-d'Or du 7 avril 2022, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office, lui interdisant le retour sur le territoire français durant dix-huit mois et l'assignant à résidence.
Par une ordonnance n° 2200974 du 14 avril 2022, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 15 mai 2022, M. B, représenté par Me Ben Hadj Younes, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Dijon du 14 avril 2022 ;
2°) à titre principal, d'ordonner le renvoi de l'affaire devant le tribunal administratif de Dijon ;
3°) à titre subsidiaire, d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'ordonnance attaquée :
- son recours n'était pas tardif, dès lors que l'arrêté en litige comportait une mention erronée des voies et délais de recours ;
S'agissant de l'arrêté attaqué dans son ensemble :
- il a été pris en méconnaissance de son droit à être entendu ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant :
- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant algérien né le 4 mars 1989, déclare être entré en France en janvier 2020 sous couvert d'un visa de type C, sans toutefois en justifier. Suite à son interpellation pour détention et usage de faux document administratif, par arrêtés du 7 avril 2022, le préfet de la Côte-d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi, a prononcé une interdiction de retour d'une durée de dix-huit mois et l'a assigné à résidence. M. B fait appel de l'ordonnance par laquelle la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté comme tardive sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, comme l'a relevé la première juge, les arrêtés contestés du 7 avril 2022 ont été notifiés à M. B le même jour. Ces arrêtés comportaient l'indication des voies et délais de recours. Les mentions des arrêtés litigieux, qui précisent que le recours doit contenir " l'exposé des faits et des arguments juridiques précis " que le requérant souhaite invoquer et " être accompagné d'une copie de la décision contestée " ou que " le bénéfice de l'aide juridictionnelle peut être demandé au plus tard lors de l'introduction de la requête en annulation " ne comportent aucune ambiguïté qui aurait été susceptible d'induire en erreur M. B sur les modalités, en particulier de délai, selon lesquelles le recours juridictionnel devait être formé et ainsi de porter atteinte à son droit au recours effectif. Or, la demande de l'intéressé tendant à leur annulation n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Dijon que le 11 avril 2022, au-delà du délai de recours de quarante-huit heures.
4. D'autre part, dès lors qu'il n'a pas introduit de recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de quarante-huit heures prévu, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il disposait d'un délai plus étendu pour contester les autres décisions contestées prises par le préfet de la Côte-d'Or.
5. Ainsi, la demande de l'intéressé, présentée devant le tribunal administratif le 11 avril 2022, était tardive et, par suite, irrecevable, comme l'a jugé à bon droit la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Dijon.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.
Fait à Lyon, le 24 octobre 2022.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01669
03/08/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL01953
03/08/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-25NT03278
Refus de conditions matérielles d’accueil par l’OFII – Cour Administrative d’Appel de Nantes (juge des référés) – Rejet de la requête de M. B..., ressortissant tchadien, contestant le refus de l’OFII fondé sur l’absence de demande d’asile dans le délai de 90 jours (article L. 551-15 du CESEDA). La cour confirme le jugement du tribunal administratif de Nantes, estimant que la décision est suffisamment motivée et que l’allégation de vulnérabilité, non étayée, ne constitue pas un motif légitime. La requête est rejetée comme manifestement dépourvue de fondement.
01/07/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA01295
Obligation de quitter le territoire français (OQTF) assortie d’une fixation du pays de renvoi. La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, rejette la requête de M. B..., ressortissant égyptien, comme manifestement dépourvue de fondement. Elle confirme l’ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral. La cour retient que l’appelant ne présente aucun argument nouveau de nature à remettre en cause l’analyse des premiers juges, laquelle était fondée sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.
01/07/2026