lundi 24 octobre 2022
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY01526 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIGNAUD EMILIE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler la décision du préfet de l'Allier du 12 octobre 2021 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
Par un jugement n° 2102818 du 17 mars 2022, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 13 mai 2022, M. B, représenté par Me Pignaud, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 17 mars 2022 ;
2°) d'annuler la décision susmentionnée pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Allier de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou " travailleur temporaire ", dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- est insuffisamment motivée ;
- ne tient pas compte de ce qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " ;
- méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant tunisien né le 19 juillet 1971, déclare être entré en France le 10 mai 2016, sous couvert d'un visa de type C. Le 8 mars 2018, il s'est vu reconnaître la qualité de réfugié et a bénéficié, le 18 novembre de la même année, de la délivrance d'une carte de résident. Toutefois, par décision du 8 octobre 2020, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a, à la demande de l'intéressé, mis fin à la protection internationale dont il bénéficiait. En conséquence, par arrêté du 29 avril 2021, M. B s'est vu retirer la carte de résident susmentionnée. Par arrêté du 12 octobre 2021, le préfet de l'Allier a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ". M. B fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.
3. En premier lieu, il ressort de l'examen de la décision contestée que celle-ci comporte les considérations de fait et droit sur lesquelles elle se fonde. En conséquence, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" ". Selon l'article 11 du même accord, les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord. Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. "
5. Si M. B soutient qu'il remplissait les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour au titre de son activité salariée, il est constant qu'il n'a présenté ni contrat de travail visé par les autorités compétentes prévues par les stipulations de l'accord franco-tunisien précitées, ni le visa de long séjour exigé par les dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, c'est à bon droit que le préfet de l'Allier a pu, pour ces motifs, rejeter sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ".
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée déterminée ou qui fait l'objet d'un détachement conformément aux articles L. 1262-1, L. 1262-2 et L. 1262-2-1 du code du travail se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " et non " travailleur temporaire ". En outre, même à supposer qu'il ait bien sollicité du préfet de l'Allier la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " travailleur temporaire ", il est constant que seul l'article 3 de l'accord franco-tunisien précité est applicable aux ressortissants tunisiens qui sollicitent leur admission au séjour au titre de l'exercice d'une activité professionnelle. Par suite, M. B ne peut utilement soutenir qu'il remplissait les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour " travailleur temporaire ".
8. Pour les mêmes motifs, à supposer qu'il ait entendu s'en prévaloir, M. B ne peut pas davantage utilement soutenir que le préfet de l'Allier était tenu de lui délivrer un titre de séjour en raison de son activité salariée sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour, dès lors qu'il n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur ce fondement.
9. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans charge de famille en France, où il est arrivé à l'âge de quarante-cinq ans seulement. S'il fait valoir qu'il a tissé des liens sur le territoire national en raison de ses activités professionnelles, il n'établit pas, par les pièces versées au dossier, que les liens en question se caractérisent par une ancienneté, une stabilité et une intensité telles qu'ils lui ouvriraient un droit au séjour. Enfin, il est constant que M. B conserve des attaches dans son pays d'origine, où il indique notamment être en contact téléphonique avec l'une de ses sœurs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
10. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par les articles précités auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Or, il ressort de ce qui a été exposé aux points précédents que M. B ne remplit ni les conditions de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ni celles permettant la délivrance d'un titre portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " alors même qu'en tout état de cause, aucune disposition de l'article L. 432-13 précité ne prévoit la saisine de la commission du titre de séjour pour un étranger remplissant les conditions de délivrance d'un titre de séjour " salarié " ou " travailleur temporaire ". Par suite, le moyen tiré du vice de procédure en raison du défaut de saisine de la commission du titre de séjour doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée à la préfète de l'Allier.
Fait à Lyon, le 24 octobre 2022.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026