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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-22LY02609

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-22LY02609

lundi 13 février 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-22LY02609
TypeOrdonnance
Avocat requérantSELARL BS2A - BESCOU & SABATIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. C A et Mme D A épouse A ont demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du préfet du Rhône du 12 avril 2022, refusant leur admission au séjour, les obligeant à quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et désignant le pays à destination duquel ils seraient reconduits d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement nos 2203611-2203612 du 27 juillet 2022, le tribunal administratif de Lyon a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 25 août 2022, M. et Mme A, représentés par la SELARL BS2A Bescou et Sabatier avocats associés, demandent à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Lyon du 27 juillet 2022 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet du Rhône de leur délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, un certificat de résidence algérien d'un an portant la même mention ou, à tout le moins, de réexaminer leur situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, au profit de leur conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

S'agissant du jugement attaqué :

- les premiers juges n'ont pas répondu au moyen tiré du défaut d'examen ;

- il méconnaît les stipulations du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- elle procède d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est illégale, du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale, du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. et Mme A, ressortissants algériens nés respectivement le 4 juin 1952 et le 7 décembre 1960, sont entrés en France le 2 février 2020, sous couvert de visas portant la mention " court séjour circulation ", valables du 25 novembre 2019 au 24 novembre 2021. Le 4 février 2021, ils ont sollicité leur admission au séjour, sur le fondement des stipulations du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Par arrêté du 12 avril 2022, le préfet du Rhône leur a opposé un refus, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours et a désigné le pays de renvoi. M. et Mme A font appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté leur demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur le jugement attaqué :

3. En premier lieu, il ressort du jugement attaqué, en particulier de son point 5, que les premiers juges ont répondu au moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Le moyen tiré de l'omission à statuer ne peut donc qu'être écarté.

4. En second lieu, hormis le cas où les juges de première instance ont méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à eux et ont ainsi entaché leur jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels les juges de première instance se sont prononcés sur les moyens qui leur étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, les époux A ne peuvent utilement soutenir que le jugement attaqué méconnaîtrait les stipulations du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien.

Sur l'arrêté contesté :

5. Devant la cour, M. et Mme A reprennent l'énoncé des moyens déjà invoqués en première instance. D'une part, au soutien du moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du b) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, les requérants invoquent en appel, en sus de l'argumentation déjà exposée devant le tribunal administratif, qu'ils percevraient des ressources inférieures à deux salaires moyens cumulés, que le salaire minimum algérien ne peut être utilisé pour déterminer leur capacité à subvenir à leurs besoins et qu'ils auraient des besoins supplémentaires en termes de prise en charge médicale. D'autre part, en ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les époux A réitèrent qu'ils entretiennent des liens forts avec leurs enfants et leurs petits enfants résidant en France. Par ces seuls nouveaux arguments, qui ne sont établis par aucune nouvelle pièce versée en appel, les requérants ne formulent aucune critique utile ou pertinente des motifs pour lesquels les premiers juges ont, à bon droit, écarté ces moyens.

6. Par suite, il y a lieu, par adoption des motifs du jugement de première instance, de rejeter la requête présentée par M. et Mme A devant la cour, qui est manifestement dépourvue de fondement, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M.et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, à Mme D A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Rhône.

Fait à Lyon, le 13 février 2023.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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