LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY00227

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY00227

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY00227
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS ARMAND ET WILFRIED SAMBA-SAMBELIGUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B D a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du 28 juillet 2022 par lesquelles le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a ordonné de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il serait reconduit d'office, à l'expiration de ce délai, et a prononcé une interdiction de retour d'une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2205152 du 13 décembre 2022, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 17 janvier 2023, M. D, représenté par Me Samba Sambeligue, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 13 décembre 2022 ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

3°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

4°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'arrêté dans son ensemble :

- il a été pris en violation de son droit d'être entendu ;

S'agissant de la décision refusant la délivrance du titre de séjour sollicité :

- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision l'obligeant à quitter le territoire français :

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est illégale, le préfet s'étant cru obligé de prendre cette décision ;

S'agissant de la décision lui refusant un délai de départ volontaire :

- elle est illégale, le préfet s'étant cru obligé de prendre cette décision ;

- elle est disproportionnée ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale, dès lors qu'il est menacé de mort en Arménie, où il n'est pas certain qu'il puisse bénéficier de la protection des autorités ;

S'agissant de l'interdiction de revenir sur le territoire français pendant deux ans :

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle présentée par M. D a été classée sans suite le 24 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel (), peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Le requérant, se présentant sous l'identité de M. A C, né en 1963, de nationalité azerbaïdjanaise, a déclaré être entré le 18 février 2004 en France, où il s'est vu refuser la protection internationale. Le 4 novembre 2005, il a fait l'objet d'un arrêté du préfet de la Loire l'invitant à quitter le territoire. Par la suite, il a bénéficié de plusieurs titres de séjour entre le 21 août 2006 et le 25 juin 2011, eu égard à sa situation familiale. Le 27 mars 2012, au cours de l'examen d'une demande de renouvellement, il a révélé être M. B D, ressortissant arménien né le 20 mai 1962. Le 18 janvier 2017, il a présenté une demande d'admission au séjour auprès de la préfecture de l'Isère, qu'il n'a pas complétée. Le 5 avril 2018, il a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour, motivée par sa vie privée et familiale. À la suite de l'avis défavorable rendu le 4 juillet 2022 par la commission du titre de séjour, le préfet de l'Isère, par un arrêté du 28 juillet 2022, lui a opposé un refus, assorti de l'obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de renvoi et a interdit à l'intéressé de revenir sur le territoire français pendant deux ans. M. D fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur l'arrêté dans son ensemble :

3. Aux termes de l'article L. 432-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger dont le cas est soumis à la commission du titre de séjour " peut être assisté d'un conseil ou de toute personne de son choix et être entendu avec l'assistance d'un interprète ". Aux termes de l'article R. 432-14 du même code : " Devant la commission du titre de séjour, l'étranger fait valoir les motifs qu'il invoque à l'appui de sa demande d'octroi ou de renouvellement d'un titre de séjour. Un procès-verbal enregistrant ses explications est transmis au préfet avec l'avis motivé de la commission. () ".

4. Si le requérant soutient que l'arrêté contesté a été pris dans des conditions méconnaissant son droit d'être entendu préalablement à la prise d'une décision défavorable, il ne ressort pas du dossier qu'il ait été empêché de faire part de tout élément pertinent, de nature à influer sur le sens de cette décision, tant à la date du dépôt de sa demande qu'au cours de son instruction par les services préfectoraux. En particulier, il a été invité à exposer ses observations devant la commission du titre de séjour, dont l'avis défavorable a été remis au préfet avant la signature de l'arrêté litigieux. Par suite, ce moyen doit être écarté.

Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :

5. M. D soutient qu'il séjourne sur le territoire français depuis le 18 février 2004, où il est entré à l'âge de quarante-deux ans. Toutefois, la continuité de ce séjour n'est pas corroborée par les éléments produits. En outre, à la supposer établie, cette durée serait principalement due au temps nécessaire à l'instruction de ses demandes d'asile et de titres de séjour et à son maintien sur le territoire en situation irrégulière, qui ne saurait être pris en compte comme la preuve d'une intégration particulière au sein de la société française. Il en va de même des cinq années au cours desquelles il a obtenu des cartes de séjour au moyen de faux documents d'identité. Par ailleurs, s'il se prévaut de bonnes relations avec son épouse, dont il est séparé, et deux de leurs trois enfants également installés en France, il ne réside plus avec sa famille depuis avril 2012 et n'établit pas que sa présence serait indispensable à ses fils, devenus majeurs en 2005, 2007 et en mai 2020. Il n'apparaît pas non plus que M. D aurait tissé en France des liens privés ou qu'il bénéficierait d'une insertion professionnelle tels qu'ils suffiraient à lui conférer un droit au séjour dans ce pays. Le requérant n'établit pas davantage qu'il disposerait de ressources personnelles légales lui permettant de subvenir à ses besoins sans constituer une charge injustifiée pour les organismes sociaux. Enfin, il ressort du dossier que M. D conserve des attaches en Arménie, en la personne de ses parents et de ses frères et sœur, et que rien ne s'oppose à ce qu'il se réinsère dans son pays d'origine. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus contestée serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à la durée de son séjour et à la réalité de sa vie privée et familiale en France. Pour les mêmes motifs, cette décision ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, il ne ressort d'aucun élément du dossier que le préfet aurait commis une erreur de droit, en s'estimant tenu de prendre une mesure d'éloignement à l'égard du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, il ne ressort pas du dossier que la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. D serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Sur le refus d'un délai de départ volontaire :

8. En premier lieu, il ne ressort pas de l'examen du dossier que le préfet se serait, à tort, considéré dans l'obligation de prendre à son égard une mesure d'éloignement. Ce moyen doit être écarté.

9. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". L'article L. 612-2 du même code dispose que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien, un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () ".

10. Il est constant que le requérant a fait usage d'un document d'identité établi sous un autre nom que le sien. Si, en l'espèce, elle ne caractérise pas une menace pour l'ordre public, cette circonstance permet de regarder comme établi le risque que M. D se soustraie à l'obligation qui lui incombe de quitter spontanément le territoire français. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5 ci-dessus, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que le refus de lui accorder un délai de départ volontaire constituerait une mesure disproportionnée.

Sur la désignation du pays de retour :

11. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; () 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

12. M. D, qui soutient que sa vie est menacée en Arménie, où il n'est pas certain de bénéficier de la protection de la part des autorités, a vu sa demande de protection internationale rejetée par les organismes compétents. Dans la présente instance, il ne produit aucun élément nouveau de nature à établir qu'il serait exposé, de façon personnelle et actuelle, à des risques sérieux pour sa vie, sa liberté ou sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".

14. Le requérant, qui se borne à faire valoir la durée de son séjour, la présence de ses fils sur le territoire français et le fait qu'il n'aurait pas commis de nouveau délit au cours des dernières années, ne fait état d'aucune circonstance humanitaire justifiant que le préfet ne prononce pas de mesure d'interdiction. Par suite, le moyen tiré de ce que cette interdiction serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Lyon, le 20 juillet 2023.

Le président,

Gilles Hermitte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions