vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY01320 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | fiscal |
| Avocat requérant | LEX EDERIM |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. et Mme A et B C ont demandé au tribunal administratif de Lyon de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014 et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 2108848 du 21 février 2023, le tribunal administratif de Lyon a déchargé M. et Mme C de la pénalité de 40 % pour manquements délibérés qui leur a été infligée au titre de l'année 2014 (article 1er) et rejeté le surplus de cette demande (article 2).
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 18 avril 2023, M. et Mme A et B C, représentés par Me Ceyhan, demandent à la cour :
1°) d'annuler l'article 2 de ce jugement du tribunal administratif de Lyon en date du 21 février 2023 ;
2°) de leur accorder la décharge des impositions et majorations contestées et restant à leur charge ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration fiscale supportant la charge de la preuve de l'appréhension des distributions qu'elle entend imposer sur le fondement des dispositions de l'article 109 du code général des impôts ne peut se fonder sur la notion de maître de l'affaire seulement pertinente pour l'application de l'article 111 du code général des impôts ;
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que la proposition de rectification qui leur a été adressée n'est pas suffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors qu'ils n'ont reçu aucune proposition de rectification au titre de l'année 2013 ;
- les pénalités pour manœuvres frauduleuses ne sont pas justifiées tant sur le terrain de la loi fiscale que sur celui de la doctrine administrative BOI-CF-INF-10-20-20-20120912 ;
- les pénalités pour manquement délibéré ne sont pas justifiées en l'absence du contribuable d'éluder l'impôt ;
- la majoration de 80 % n'est pas justifiée dès lors qu'ils n'avaient pas qualité pour représenter la SARL C et ne pouvaient répondre aux demandes du vérificateur.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, () par ordonnance, rejeter () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () Les présidents des cours administratives d'appel et les présidents des formations de jugement des cours peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. La SARL C, qui a exercé une activité de travaux spécialisés dans le bâtiment jusqu'au 19 avril 2017, date du jugement d'ouverture de sa liquidation judiciaire, et dont Mme C était alors la gérante, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014, à l'issue de laquelle des revenus réputés distribués, sur le fondement des articles 109 1 2° et 111 a du code général des impôts, imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, ont été notifiés à M. et Mme C au titre des années 2013 et 2014 par deux propositions de rectification des 24 novembre 2016 (année 2013) et 18 mai 2017 (année 2014). Les rappels d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux correspondants ont été mis en recouvrement le 31 décembre 2017. A la suite du rejet de leur réclamation préalable, M. et Mme C ont demandé au tribunal administratif de Lyon la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013 et 2014. Par un jugement du 21 février 2023, le tribunal administratif de Lyon a déchargé M. et Mme C de la pénalité de 40 % pour manquements délibérés qui leur a été infligée au titre de l'année 2014 (article 1er) et rejeté le surplus de cette demande (article 2). M. et Mme C relèvent appel de l'article 2 de ce jugement.
3. Il résulte de l'article 1er du jugement attaqué que M. et Mme C ont été déchargés des pénalités pour manquement délibéré initialement qui leur ont été appliquées pour la seule année 2014. Leurs conclusions tendant à la décharge de cette pénalité sont dès lors sans objet et, par suite, irrecevables.
4. Pour maintenir les impositions en litige les premiers juges, après avoir estimé que l'administration s'était fondée à tort sur les dispositions du 2° de l'article 109 du code général des impôts, ont fait droit à la demande de substitution de base légale du ministre en y substituant les dispositions du c de l'article 111 du code général des impôts. Cette substitution de base légale n'est pas contestée en appel. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'administration fiscale, supportant la charge de la preuve de l'appréhension des distributions qu'elle entend imposer sur le fondement des dispositions de l'article 109 du code général des impôts, ne peut se fonder sur la notion de maître de l'affaire seulement pertinente pour l'application de l'article 111 du code général des impôts.
5. Il résulte de l'instruction que les requérants ont personnellement pris part aux différents procédés d'artifices destinés à égarer ou à restreindre le pouvoir de contrôle de l'administration fiscale et utilisés par la société C. Dans ces conditions, ils ne peuvent utilement soutenir que la majoration de 80 % n'est pas justifiée dès lors qu'ils n'avaient pas qualité pour représenter la SARL C et ne pouvaient répondre aux demandes du vérificateur.
6. Les autres moyens susvisés ont été écartés à bon droit par le jugement attaqué, dont il y a lieu d'adopter les motifs.
7. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A et B C est manifestement dépourvu de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme A et B C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A et B C et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Fait à Lyon, le 12 mai 2023.
Le premier vice-président,
François Bourrachot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-24LY01635
26/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02455
11/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02454
11/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02351
11/07/2024