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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY01464

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY01464

lundi 23 octobre 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY01464
TypeOrdonnance
Avocat requérantGAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions de la préfète de la Drôme du 7 novembre 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2208017 du 29 mars 2023, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 28 avril 2023, Mme A, représentée par l'AARPI Cofluences, agissant par Me Gay, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Grenoble du 29 mars 2023 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Drôme de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale, en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est dépourvue de base légale, en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Mme A, ressortissante camerounaise née le 17 août 1978, déclare être entrée en France le 27 décembre 2019. Le 22 octobre 2022, elle a sollicité son admission au séjour, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 7 novembre 2022, la préfète de la Drôme lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Mme A fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :

3. Mme A fait valoir notamment qu'elle réside en France depuis plus de trois ans, qu'elle a conclu un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français et qu'elle justifie d'efforts d'intégration. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée, qui ne peut établir la régularité de son entrée sur territoire national, s'y est maintenue illégalement pendant près de deux ans avant de solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Par ce comportement, la requérante ne peut se prévaloir, en dépit de son engagement bénévole, de son insertion à la société française, dont le respect des lois est une composante. En outre, s'il n'est pas contesté que Mme A entretient une relation de couple avec un ressortissant français, les intéressés ne pouvaient ignorer la précarité de leur installation commune, la requérante n'ayant jamais bénéficié d'un droit au séjour en France. De surcroît, aucun enfant n'est issu de cette union, qui demeurait relativement récente à la date de l'arrêté contesté. À l'inverse, il est constant que Mme A conserve de fortes attaches familiales dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de quarante-et-un ans et où résident, selon ses propres déclarations, ses deux enfants. Enfin, en se bornant à soutenir qu'elle aurait dû quitter le Cameroun en raison des risques qu'elle y encourrait, sans davantage de précisions ni verser au dossier aucune pièce pour en justifier, la requérante n'établit pas qu'il lui serait impossible de retrouver une vie privée et familiale normale dans son pays d'origine. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions d'entrée et de séjour de Mme A en France, la décision contestée ne porte pas au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Dès lors, elle ne méconnaît ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

4. Le refus de titre de séjour n'étant pas illégal, l'obligation de quitter le territoire français n'est pas privée de base légale, et ne saurait donc faire l'objet d'une annulation par voie de conséquence.

Sur la décision désignant le pays de destination :

5. Les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégales, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait, de ce fait, privée de base légale.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.

Fait à Lyon, le 23 octobre 2023.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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