lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY01898 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VAZ DE AZEVEDO |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A B a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler les décisions de la préfète de l'Allier du 1er mai 2023, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office et lui interdisant le retour sur le territoire pendant un an, d'une part et la décision du préfet du Puy-de-Dôme du même jour l'assignant à résidence, d'autre part.
Par un jugement n° 2300894 du 5 mai 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 2 juin 2023, M. B, représenté par Me Vaz de Azavedo, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand du 5 mai 2023 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Allier de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de la procédure devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand et la somme de 2 000 euros au titre de la procédure devant la cour, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et désignant le pays de destination, pris par la préfète de l'Allier :
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation ;
- il procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de l'arrêté l'assignant à résidence, pris par le préfet du Puy-de-Dôme :
- il est illégal, du fait de l'illégalité de l'arrêté pris par la préfète de l'Allier portant obligation de quitter le territoire français sans délai, désignation du pays de destination et interdiction de retour ;
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il porte atteinte à sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de son enfant.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant congolais, déclare être entré en France en 2017. Sa demande d'asile a été rejetée le 28 février 2018 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui a également rejeté sa demande de réexamen comme irrecevable par une décision du 31 octobre 2018. Le 1er mai 2023, M. B a été interpellé et placé en retenue administrative suite à un contrôle routier. Par un arrêté du 1er mai 2023, la préfète de l'Allier lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par arrêté du même jour, le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence pendant quarante-cinq jours. M. B fait appel du jugement par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et désignant le pays de destination, pris par la préfète de l'Allier :
3. En premier lieu, le requérant fait valoir que la préfète de l'Allier n'a pas procédé à un examen suffisant de sa situation personnelle. Toutefois, si M. B soutient que son entrée en France était régulière dès lors qu'il disposait d'un visa valable dans les États Schengen du 17 février au 19 mars 2017, il est constant que le requérant, comme l'a indiqué la première juge, ne verse au dossier aucun élément établissant qu'il serait entré en France durant cette période. Par suite, c'est à bon droit que la préfète de l'Allier a pu retenir que l'intéressé était entré irrégulièrement sur le territoire national. En outre, si M. B verse en appel un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour justifier qu'il a déposé une demande de titre de séjour en raison de son état de santé, il n'est pas contesté qu'aucun titre de séjour ne lui a été délivré sur ce fondement et que, depuis le rejet de sa demande de réexamen de sa demande d'asile, il se maintient irrégulièrement en France sans avoir sollicité la régularisation de sa situation. Enfin, s'il est exact que l'arrêté contesté ne fait pas mention de l'enfant né de l'union de M. B avec une compatriote cette circonstance, tout comme celles liées aux conditions de son entrée sur le territoire français et au dépôt d'une demande de titre de séjour, sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige, pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme l'a indiqué la magistrate désignée du tribunal administratif de Clermont-Ferrand. Ainsi, dès lors la préfète de l'Allier n'était pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la vie privée et familiale de l'intéressé, la circonstance qu'elle n'ait pas évoqué de manière exhaustive l'ensemble de ses liens privés et familiaux en France ne suffit pas à caractériser le défaut d'examen invoqué. Le moyen ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, M. B fait valoir qu'il entretient une relation de couple avec une compatriote, qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de l'enfant issue de leur union et qu'en outre, il occupe une place importante auprès des deux autres enfants de sa compagne. Toutefois, d'une part, les intéressés ne pouvaient ignorer, dès le début de leur relation, que leurs perspectives communes d'installation en France étaient incertaines, en l'absence de droit au séjour détenu par M. B. D'autre part, comme l'a indiqué la première juge, les seuls éléments produits, constitués de photographies et d'attestations peu circonstanciées de témoins et de sa compagne qui, au demeurant, mentionne dans un document héberger M. B à son domicile depuis le 30 janvier 2023 uniquement, ne permettent pas d'établir l'ancienneté et la stabilité de la vie commune du couple, ni qu'il participe effectivement à l'entretien et l'éducation de sa fille et des enfants de sa partenaire. De même, les écritures ambiguës du requérant en appel, qui affirme qu'il s'occupe de sa fille quotidiennement quand bien même lui et sa compagne " ne vivraient pas en couple " tout comme le fait qu'il ait déclaré, lors de son audition par les services de gendarmerie, recevoir son courrier à une adresse distincte du domicile de cette dernière, ne permettent pas davantage de justifier de la durée et de la continuité de la relation qu'il entretient. Enfin, M. B n'établit pas qu'il ne possède plus aucune attache en République démocratique du Congo, son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-sept ans, pas davantage qu'il ne justifie ou même ne soutient que la cellule familiale ne pourrait s'y reconstituer, alors que sa compagne possède la même nationalité. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment de la durée et des conditions d'entrée et de séjour du requérant en France, et eu égard aux effets d'une mesure d'éloignement, l'arrêté contesté ne porte pas au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Il ne méconnaît dès lors pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et ne procède pas davantage d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
5. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ne peut qu'être écarté pour les motifs énoncés au point précédent.
Sur la décision l'assignant à résidence, prise par le préfet du Puy-de-Dôme :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 5 que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour n'est pas illégal. M. B n'est donc pas fondé à solliciter l'annulation, par la voie de l'exception d'illégalité, de l'arrêté par lequel le préfet du Puy-de-Dôme l'a assigné à résidence.
7. En deuxième lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée par adoption des motifs retenus, à bon droit, par la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand.
8. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doivent être écartés pour les motifs énoncés aux points 4 et 5.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Allier et au préfet du Puy-de-Dôme.
Fait à Lyon, le 20 novembre 2023.
Le président,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026