mardi 14 mai 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-23LY01919 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | fiscal |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL LABONNE & ACDP |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La SAS CAMC Riom Caravaning a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand de prononcer la décharge des droits de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2015 et des majorations correspondantes.
Par un jugement n° 1902203 du 6 avril 2023, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 6 juin 2023, la SAS CAMC Riom Caravaning, représentée par Me Robin, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer la réduction de ces impositions et majorations ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a lieu d'imputer sur les droits rappelés la taxe sur la valeur ajoutée correspondant à des factures de livraison non acquittées, d'un montant de 151 731,94 euros, qui constituent des créances irrécouvrables ;
- la doctrine administrative 3 D-1211 n° 18, en date du 1er mai 1982, précisant que les formalités de rectification de la facture initiale n'ont pas à être observées lorsque le vendeur peut justifier que son débiteur a disparu sans laisser d'adresse est applicable à sa situation ;
- il y a lieu de déduire des droits rappelés la taxe sur la valeur ajoutée déclarée et acquittée au titre des acomptes versés en 2014 ;
- la majoration pour manquement délibéré n'est pas justifiée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
2. La SAS CAMC Riom Caravaning, qui avait pour activité la vente de caravanes, camping-cars et mobile homes neufs et d'occasion, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er septembre 2013 au 31 décembre 2015 à l'issue de laquelle le vérificateur a reconstitué son chiffre d'affaires de l'exercice clos en 2015 et a taxé à la taxe sur la valeur ajoutée les omissions de recettes révélées par le contrôle d'un montant de 397 135,61 euros. Les droits, rappelés selon la procédure contradictoire, ont été assortis de la majoration pour manquement délibéré de 40 % prévue au a) de l'article 1729 du code général des impôts. La SAS CAMC Riom Caravaning relève appel du jugement du 6 avril 2023 par lequel le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande de décharge de ces impositions et pénalités.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 272 du code général des impôts : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a été perçue à l'occasion de ventes ou de services est imputée ou remboursée dans les conditions prévues à l'article 271 lorsque ces ventes ou services sont par la suite résiliés ou annulés ou lorsque les créances correspondantes sont devenues définitivement irrécouvrables. / Toutefois, l'imputation ou le remboursement de la taxe peuvent être effectués dès la date de la décision de justice qui prononce la liquidation judiciaire. / L'imputation ou la restitution est subordonnée à la justification, auprès de l'administration, de la rectification préalable de la facture initiale. () ".
4. Si la SAS CAMC Riom Caravaning demande l'imputation sur la taxe rappelée d'une somme de 151 731,94 euros, correspondant, selon elle, à la taxe figurant sur plusieurs factures de livraison de véhicules établies en 2015 restées impayées en totalité ou en partie au motif qu'il s'agirait de créances irrécouvrables, elle n'établit pas le caractère irrécouvrable de ces créances en se bornant à soutenir, sans en justifier, que les factures se rapportent à des créances détenues sur des clients, gens du voyage, dont elle ignore l'adresse et à invoquer les courriers de relance produits devant la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, qui sont datés de juin 2017, soit postérieurement à la période vérifiée. Faute d'établir avoir procédé aux diligences nécessaires auprès de ses clients pour obtenir le paiement intégral des biens livrés, sa demande d'imputation de la taxe grevant les factures impayées ne peut qu'être rejetée.
5. Si la SAS CAMC Riom Caravaning invoque, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, dans une version postérieure à l'année d'imposition en litige, le paragraphe 40 de la doctrine administrative référencée BOI-TVA-DED-40-10-20 selon lequel " (), il est admis, à titre de règle pratique, que la récupération de la taxe puisse intervenir lorsque le créancier établit que son débiteur a disparu sans laisser d'adresse ou que le règlement a été effectué par un chèque volé ", il ne résulte pas de ses seules affirmations que les sommes en cause correspondraient à des créances détenues sur des clients dont l'adresse lui est inconnue.
6. En second lieu, la SAS CAMC Riom Caravaning reprend en appel les autres moyens qu'elle avait invoqués en première instance tirés de ce que la taxe sur la valeur ajoutée déclarée et acquittée au titre d'acomptes versés en 2014 doit être déduite de la taxe sur la valeur ajoutée rappelée et de ce que la pénalité pour manquement délibéré n'est pas encourue. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS CAMC Riom Caravaning est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la SAS CAMC Riom Caravaning est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS CAMC Riom Caravaning.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Fait à Lyon, le 14 mai 2024.
Le président de la 2ème chambre,
Dominique Pruvost
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-24LY01635
26/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02455
11/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02454
11/07/2024
COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-23LY02351
11/07/2024