LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY01991

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY01991

lundi 18 décembre 2023

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY01991
TypeOrdonnance
Recourscontentieux des pensions

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A C a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du 7 juin 2022 par lesquelles le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a ordonné de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel il serait reconduit d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2207924 du 23 février 2023, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 9 juin 2023, M. C, représenté par Me Cans, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 23 février 2023 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) à défaut, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter du prononcé de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision refusant la délivrance du titre de séjour sollicité :

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est contraire aux stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est contraire aux stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision désignant le pays de destination :

- elle a été prise en méconnaissances des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel (), peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. C, ressortissant de la République démocratique du Congo né le 25 décembre 1998, est entré en France à la date déclarée du 27 août 2014. Par une décision du 13 février 2018, la Cour nationale du droit d'asile a confirmé le rejet de sa demande d'asile. En conséquence, le 26 juin 2018, une mesure d'éloignement a été prise à son encontre, qu'il n'a ni contestée ni exécutée. Le 17 janvier 2022, M. C a demandé son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale en France. Par un arrêté du 7 juin 2022, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, assorti de l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a désigné le pays de renvoi. M. C fait appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :

3. En premier lieu, le requérant soutient que la décision de refus contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, selon lesquelles : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

4. Il ressort du dossier que le requérant, qui déclare séjourner sur le territoire français de façon continue depuis 2014, ne produit aucun élément probant de nature à corroborer cette affirmation. Il s'est maintenu en France en violation de l'obligation de quitter le territoire français qui lui a été signifiée en 2018 et s'est abstenu d'effectuer des démarches en vue de sa régularisation avant 2022, mettant ainsi les autorités françaises devant le fait accompli. Ainsi, il ne manifeste pas d'adhésion réelle aux valeurs de la République, dont le respect des lois et des institutions est une composante. Il apparaît également que M. C ne possède en France aucune famille autre que ses deux fils mineurs mentionnés dans son avis d'imposition relatif aux revenus de 2021, à l'entretien desquels sa contribution n'est pas établie à la date de la décision contestée. En outre, par des attestations soulignant ses qualités personnelles, émanant de tiers et de Mme B, compatriote qu'il présente comme sa concubine et la mère des enfants, pièces dépourvues de valeur probante et largement postérieures à la décision de refus, il ne justifie pas d'une relation ancienne et stable avec cette dernière à la date considérée. Au demeurant, M. C n'est pas dépourvu d'attaches personnelles ou familiales au Congo, où résident au moins plusieurs de ses oncles et tantes et où il a lui-même vécu la majeure partie de son existence. Par ailleurs, la production d'un diplôme de CAP en peinture obtenu en 2017 et de deux promesses d'embauche de 2021 ne sauraient, à elles seules, établir qu'il bénéficie d'une insertion socio-professionnelle significative sur le sol français. En particulier, M. C déclare sans l'établir vivre des revenus de Mme B, employée à temps partiel comme auxiliaire de vie par le CCAS de Grenoble, qui a ses deux enfants à charge. Ainsi, les éléments produits ne permettent pas de considérer qu'il dispose de ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins en France et qu'ainsi, il n'est pas susceptible de représenter une charge injustifiée pour les organismes sociaux. Enfin, rien ne s'oppose à ce que l'intéressé retourne en République démocratique du Congo le temps nécessaire à la régularisation de sa situation, ni même que la cellule familiale qu'il allègue former avec Mme B et ses fils ne pourrait se reconstituer dans le pays dont ils possèdent tous la nationalité. Par suite, le requérant ne démontre pas l'existence d'une vie privée et familiale ancrée dans la durée en France, à laquelle le préfet de l'Isère aurait porté une atteinte disproportionnée.

5. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, il n'apparaît pas que la décision de refus contestée porterait une atteinte disproportionnée au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts d'intérêt général poursuivis, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle n'est pas non plus entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

6. En troisième lieu, la décision par laquelle le préfet a refusé de régulariser sa situation n'est pas, en elle-même, susceptible de séparer le requérant de ses enfants ni de les priver de la possibilité de suivre une scolarité en France. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle aurait été prise en violation des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, en l'absence d'arguments spécifiques à l'obligation de quitter le territoire français prise à l'égard de M. C, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

8. En second lieu, il ne ressort pas du dossier que le requérant contribue à l'entretien de ses fils, ni même que Mme B, à supposer établie leur communauté de vie, ne serait pas libre d'accompagner le requérant hors de France, avec leurs enfants mineurs. Il ne ressort pas non plus du dossier que ces derniers ne pourraient débuter ou poursuivre une scolarité hors du territoire français, et notamment en république démocratique du Congo, pays dont ils possèdent la nationalité.

Sur la décision fixant le pays de retour :

9. En premier lieu, si le requérant se dit à présent menacé en cas de retour dans son pays d'origine, il ressort toutefois de sa demande de titre de séjour datée du 7 janvier 2022 qu'il a déclaré ne pas craindre pour sa vie et sa liberté en République démocratique du Congo, ainsi que l'avaient précédemment conclu l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, lors du rejet de sa demande de protection internationale. Il ne ressort d'aucun élément nouveau du dossier qu'il serait exposé, actuellement et personnellement, à des risques sérieux de traitements prohibés à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine.

10. En second lieu, il ne ressort pas non plus du dossier que la désignation du pays de retour porterait atteinte à l'intérêt supérieur des fils mineurs du requérant, dès lors qu'elle n'implique pas nécessairement une séparation d'avec l'un ou l'autre de leurs parents. En particulier, il n'est pas établi ni même allégué que la mère des enfants, qui ne bénéficie pas d'une protection internationale et dont le titre de séjour a expiré le 22 mars 2023, ne pourrait se rendre en République démocratique du Congo, pays dont elle est la ressortissante. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.

11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Lyon, le 18 décembre 2023.

Le président,

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Décisions similaires

CAA31contentieux des pensions

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01499

08/04/2026

CAA69contentieux des pensions

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — N° CAA69-24LY03638

02/04/2026

CAA75contentieux des pensions

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA00294

20/03/2026

CAA75contentieux des pensions

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA05555

20/02/2026

← Retour aux décisions