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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY03564

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY03564

mardi 14 mai 2024

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY03564
TypeOrdonnance
Recoursfiscal
PublicationC
Avocat requérantSELARL DU PARC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

La SELARL MJ et Associés, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de M. B A, a demandé au tribunal administratif de Dijon de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle M. et Mme B A ont été assujettis au titre de l'année 2012 et des pénalités correspondantes.

Par un jugement n° 2202368 du 21 septembre 2023, le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2023, la SELARL MJ et Associés, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de M. B A, représentée par Me Tauzin, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge de cette imposition ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les produits et les recettes des activités imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et des bénéfice non commerciaux sont surévalués ;

- les dépenses nécessitées par la profession d'huissier s'élèvent à 61 696,40 euros ;

- le salaire net de la salariée de l'entreprise d'administrateur de biens doit être admis en charges déductibles du bénéfice industriel et commercial ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

2. M. B A, qui a exercé la profession d'huissier de justice et une activité d'administrateur de biens jusqu'au 10 octobre 2012, date à laquelle il a été destitué, a été reconnu coupable des faits de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public commis entre juin 2004 et mai 2012 par un jugement du tribunal de grande instance de Dijon du 3 novembre 2016. Au titre de l'année 2012, M. et Mme A ont été taxés d'office à l'impôt sur le revenu sur le fondement de l'article L. 66-1° du livre des procédures fiscales, en l'absence de dépôt d'une déclaration d'ensemble de revenus malgré une mise en demeure, après que l'administration a évalué d'office le bénéfice non commercial de la profession d'huissier de M. A à 91 675 euros et le résultat de son activité commerciale d'administrateur de biens à 27 871 euros. La SELARL MJ et Associés, agissant en qualité de liquidateur judiciaire de M. A, relève appel du jugement du 21 septembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande de décharge des impositions procédant de ces redressements.

3. Aux termes de l'article L. 193 dudit livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Le bénéfice industriel et commercial et le bénéfice non commercial de M. A de l'année 2012 ayant été évalués d'office en application, respectivement, du 1° et du 2° de l'article L. 73 du livre des procédures fiscales, la SELARL MJ et Associés supporte la charge d'établir l'exagération des bases d'imposition retenues par l'administration.

4. En se bornant à se référer à un rapport de Me Bourtourault, administrateur judiciaire, dont d'ailleurs seul un extrait a été produit devant les premiers juges, faisant apparaître un résultat d'activité négatif de - 15 494 euros pour l'activité d'administrateur de biens et un bénéfice non commercial de 16 432 euros pour la profession d'huissier de justice sur la base de recettes de, respectivement, 143 083 euros et 59 195 euros, d'un montant supérieur aux montants de, respectivement, 134 274 euros et 58 324 euros, retenus par l'administration pour le calcul du bénéfice industriel et commercial et du bénéfice non commercial, la requérante ne peut être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe que les montants de recettes pris en compte par l'administration sont exagérés et qu'ils devraient être ramenés aux montants figurant dans ce document.

5. La requérante ne démontre pas davantage que les charges et les dépenses déductibles retenues par l'administration sont insuffisantes par de simples allégations non justifiées.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SELARL MJ et Associés est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions relatives aux frais liés à l'instance.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de la SELARL MJ et Associés est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SELARL MJ et Associés.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Fait à Lyon, le 14 mai 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Dominique Pruvost

La République mande et ordonne au ministre au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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