LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY01326

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY01326

lundi 20 octobre 2025

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY01326
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantABOUDAHAB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler la décision du préfet de l’Isère du 27 avril 2024 l’assignant à résidence durant quarante-cinq jours pour l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français du 31 janvier 2022.

Par un jugement n° 2402943 du 2 mai 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 7 mai 2024, M. B..., représenté par la SELARL Aboudahab agissant par Me Aboudahab, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement de la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Grenoble du 2 mai 2024 ;

2°) d’annuler la décision du préfet de l’Isère du 27 avril 2024 l’assignant à résidence durant quarante-cinq jours pour l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français du 31 janvier 2022 ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
S’agissant du jugement attaqué :
– il est insuffisamment motivé ;
– il omet de répondre au moyen tiré de ce que l’exécution de la mesure d’éloignement n’est pas une perspective raisonnable ;
S’agissant de l’assignation à résidence :
– elle ne peut se fonder sur l’obligation de quitter le territoire français du 31 janvier 2022, qui n’est plus exécutable dès lors qu’à la date de l’assignation il est en droit de bénéficier d’un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que l’exécution de l’éloignement méconnaitrait en outre l’article 3, 1° de la convention relative aux droits de l’enfant et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– elle a été prise sans examen de sa situation ;
– elle est insuffisamment motivée ;
– elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– la convention relative aux droits de l’enfant ;
– l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail, fait à Paris le 17 mars 1988, ensemble l'accord-cadre relatif à la gestion concertée des migrations et au développement solidaire, du protocole relatif à la gestion concertée des migrations (ensemble deux annexes) et du protocole en matière de développement solidaire (ensemble trois annexes) entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République tunisienne, signés à Tunis le 28 avril 2008 ;
– le code civil ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– le code des relations entre le public et l’administration ;
– le code de justice administrative ;

Vu la décision du 1er septembre 2025 par laquelle le président de la cour a désigné M. Stillmunkes, président-assesseur, pour statuer dans le cadre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris son dernier alinéa ;


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel, les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application des 1° à 7° ».

M. B..., ressortissant tunisien né le 22 juillet 1989, déclare être entré en France en 2018. Par décisions du 31 janvier 2022 dont la légalité a été confirmée en dernier lieu par une ordonnance devenue définitive du président de la cour du 27 février 2023, le préfet de l’Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français durant un an. M. B... s’est soustrait à cette mesure d’éloignement. Par la décision en litige dans la présente instance, édictée le 27 avril 2024, le préfet de l’Isère l’a assigné à résidence durant quarante-cinq jours pour l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français. M. B... fait appel du jugement par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’assignation à résidence.

Sur la régularité du jugement attaqué :

En premier lieu, le jugement est régulièrement motivé.

En second lieu, il ressort des pièces du dossier de première instance que M. B... a invoqué devant la première juge le moyen tiré de ce que l’assignation à résidence serait privée de base légale dès lors que l’obligation de quitter le territoire français pour l’exécution de laquelle elle a été prise serait illégale en tant qu’elle méconnaitrait son droit au séjour, de telle sorte que son éloignement ne pourrait être regardé comme une perspective raisonnable. La première juge, qui a pu interpréter le moyen ainsi formulé comme fondé sur une exception d’illégalité de l’obligation de quitter le territoire français, l’a écarté au point 2 du jugement. Le moyen d’appel tiré de l’irrégularité du jugement pour omission à statuer doit en conséquence être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement :

En premier lieu, la décision, qui expose ses motifs de droit et de fait, est ainsi régulièrement motivée. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le préfet n’a pas omis d’examiner la situation de M. B....

En second lieu et d’une part, aux termes de l’article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé (…)». Il appartient toutefois à l'administration de ne pas mettre à exécution une obligation de quitter le territoire français si un changement dans les circonstances de droit ou de fait a pour conséquence de faire obstacle à la mesure d'éloignement. Il en va notamment ainsi lorsqu’à la date d’une décision d’assignation à résidence prise pour l’exécution d’une obligation de quitter le territoire français, la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à l’étranger, cette circonstance faisant alors obstacle à ce que l’éloignement puisse légalement être mis en œuvre. Il en va également de même si, compte tenu de l’évolution des circonstances à la date de l’assignation, la mise en œuvre de l’éloignement méconnaitrait le droit de l’intéressé au respect de sa vie privée et familiale au sens de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou l’intérêt supérieur de son enfant au sens de l’article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant.

D’autre part, aux termes de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ».

Il ressort des pièces du dossier que M. B... est père d’un enfant, né le 4 janvier 2020 de son mariage avec une ressortissante française célébré le 22 juillet 2017 en Tunisie. Par jugement du 23 septembre 2022, le tribunal judiciaire de Bourgoin Jallieu a confié l’autorité parentale à la seule mère au motif que M. B... a abandonné sa famille à partir de juin 2019 et a adopté un comportement insultant et menaçant à l’égard de sa belle-famille. Par un arrêt du 23 mai 2023, la cour d’appel de Grenoble a confié l’autorité parentale conjointement aux deux parents, sans modifier toutefois le jugement précité en tant qu’il fixe la résidence habituelle de l’enfant chez sa mère et n’accorde à M. B... qu’un droit de visite médiatisé à exercer une fois tous les quinze jours, en mettant à sa charge une pension alimentaire mensuelle de 100 euros. Si M. B... soutient contribuer effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant, dans le cadre défini par le juge judiciaire, il n’établit pas le faire depuis la naissance de l’enfant ou depuis au moins deux ans à la date de l’assignation, alors notamment qu’il ne produit pas d’éléments sur des versements postérieurs à 2023 et que la dernière visite attestée remonte au 7 février 2024, soit plus de deux mois et demi au lieu de quinze jours à la date de la décision d’assignation. Il ne justifie dès lors pas relever des prévisions précitées de l’article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par ailleurs, il ressort des éléments produits en défense en première instance que M. B... est connu pour des faits de mariage frauduleux, d’abandon de famille et de menaces de mort réitérées. Il s’est maintenu irrégulièrement sur le territoire français en méconnaissance de la décision d’éloignement prise à son encontre le 31 janvier 2022. Alors qu’il a quitté son épouse et leur enfant à naitre à partir de juin 2019, il n’a engagé la procédure judiciaire précitée, visant à se voir reconnaitre des droits sur l’enfant, que le 1er avril 2022, postérieurement à la mesure d’éloignement précitée et au jugement du 10 février 2022 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cette mesure d’éloignement. Eu égard à la durée et aux conditions de son séjour, à son comportement et au caractère très limité et très récent des liens établis avec l’enfant, le préfet de l’Isère a pu, sans méconnaitre l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni l’article 3, 1° de la convention relative aux droits de l'enfant, estimer qu’à la date de sa décision d’assignation, l’obligation de quitter le territoire français du 31 janvier 2022 était susceptible d’être mise à exécution. Ce faisant, il n’a pas davantage entaché sa décision d’assignation d’erreur d’appréciation.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions de mise à la charge de l’État des frais exposés et non compris dans les dépens.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l’Isère.

Fait à Lyon, le 20 octobre 2025.

Le président assesseur de la 6ème chambre,




H. Stillmunkes


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Le greffier,

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions