Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Dijon d’annuler les décisions du préfet de la Côte d’Or du 28 mai 2024 lui refusant la délivrance d’un titre de séjour, l’obligeant à quitter le territoire français, lui refusant le bénéfice d’un délai de départ volontaire, désignant le pays de destination, lui interdisant le retour sur le territoire français durant quatre ans et l’assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans la commune de Talant.
Par un jugement n° 2401794 du 27 juin 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a renvoyé à la formation collégiale les conclusions relatives au refus de séjour, annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, M. B..., représenté par Me Ben Hadj Younès, demande à la cour :
1°) d’annuler l’article 4 du jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon du 27 juin 2024 ;
2°) d’annuler les décisions du préfet de la Côte d’Or du 28 mai 2024 l’obligeant à quitter le territoire français, lui refusant le bénéfice d’un délai de départ volontaire et désignant le pays de destination ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Côte d’Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour en application des dispositions de l’article L. 614-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S’agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
– elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
– elle est illégale en conséquence de l’illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour, qui est entachée de vice de procédure en l’absence de consultation de la commission du titre de séjour, qui méconnait l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qui fait une application inexacte de l’article L. 412-5 du code précité dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l’ordre public ;
S’agissant de la décision refusant l’octroi d’un délai de départ volontaire :
– elle est illégale, du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
– elle est entachée d’une erreur d’appréciation, dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace à l’ordre public ;
S’agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
– elle sera annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par une décision du 23 octobre 2024, le bureau d’aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d’aide juridictionnelle de M. B....
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
– le code de justice administrative.
Vu la décision du 1er septembre 2025 par laquelle le président de la cour a désigné M. Stillmunkes, président-assesseur, pour statuer dans le cadre de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris son dernier alinéa ;
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel, les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. Ils peuvent, de même, annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application des 1° à 7° ».
M. B..., ressortissant congolais né le 19 juin 1995, a sollicité la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par décisions du 28 mai 2024, le préfet de la Côte d’Or lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant quatre ans et l’a assigné à résidence. Le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon, après avoir renvoyé à la formation collégiale les conclusions relatives au refus de séjour et annulé l’interdiction de retour sur le territoire français, a rejeté le surplus des conclusions de la demande de l’intéressé qui tendait à l’annulation de ces décisions. M. B... fait appel du jugement uniquement en tant qu’il rejette ses conclusions relatives à l’obligation de quitter le territoire français, au refus de délai de départ volontaire et à la désignation du pays de renvoi.
Le préfet de la Côte d’Or a rejeté la demande de séjour présentée par M. B... au double motif qu’il ne remplit pas les conditions posées par l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu’en outre sa présence en France constitue une menace pour l’ordre public. À l’appui de ses conclusions d’appel, M. B... invoque, à l’encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus de délai de départ volontaire, les moyens susvisés, déjà invoqués devant le premier juge. Ces moyens ont été écartés à bon droit et de façon très circonstanciée par le jugement attaqué, dont l’analyse a été reprise au demeurant par le jugement de la formation collégiale du 19 décembre 2024, concernant la légalité du refus de séjour. Il ressort des pièces du dossier qu’il y a lieu d’écarter ces moyens par adoption des motifs du jugement du magistrat désigné, que la cour fait siens. Il en résulte par ailleurs que le requérant n’est dès lors pas fondé à demander l’annulation de la décision fixant le pays de renvoi par voie de conséquence de l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d’injonction et de mise à la charge de l’État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte d’Or.
Fait à Lyon, le 20 octobre 2025.
Le président assesseur de la 6ème chambre,
H. Stillmunkes
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,