LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY02412

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY02412

mercredi 11 mars 2026

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY02412
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Procédure contentieuse antérieure

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Dijon d’annuler la décision du 24 décembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître sa pathologie déclarée le 12 mars 2016 comme imputable au service.

Par un jugement n° 2200577 du 13 juin 2024, le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.


Procédure devant la cour

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 août 2024, 31 octobre 2025 et 18 décembre 2025, ce dernier mémoire n’ayant pas été communiqué, M. B..., représenté par la Selas Acta Publica, avocats, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 13 juin 2024 ;
2°) d’annuler la décision du 24 décembre 2021 précitée ;
3°) d’enjoindre au président du conseil départemental du Val-de-Marne de réexaminer sa demande de reconnaissance d’imputabilité au service de sa pathologie ;
4°) d’ordonner avant-dire-droit une expertise médicale ;
5°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B... soutient que :
– l’avis de la commission de réforme du 11 octobre 2021 était irrégulier et sa rectification imposait de réunir à nouveau la commission et de respecter la procédure contradictoire ;
– la décision en litige n’est pas suffisamment motivée ;
– l’administration s’est estimée à tort en situation de compétence liée et elle a ainsi entaché sa décision d’incompétence négative ;
– la procédure suivie est irrégulière faute pour l’employeur d’avoir diligenter une enquête administrative ;
– les circonstances de survenance de la pathologie justifiaient une présomption d’imputabilité au service ;
– la pathologie en cause est imputable au service et figure bien au tableau des maladies professionnelles.


Par deux mémoires en défense, enregistrés les 17 mars 2025 et 1er décembre 2025, le département du Val-de-Marne, représenté par Me Segalovitsch, conclut au rejet de la requête et demande à la cour de mettre à la charge de l’appelant une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le département du Val-de-Marne fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Une ordonnance du 3 décembre 2025 a fixé la clôture de l’instruction au 18 décembre 2025.

Par un courrier du 29 janvier 2026, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, que l’arrêt était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de de la méconnaissance du champ d’application de la loi en raison de l’application par la décision en litige de l'article 21 bis de la loi n° 83‑634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et de ce que la cour était susceptible de substituer d’office à ces dispositions celles de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984.

Par un courrier du 29 janvier 2026, les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que la cour, dans l'hypothèse où elle retiendrait le moyen tiré de l'erreur d'appréciation soulevé par M. B..., était susceptible d’enjoindre d’office au département du Val-de-Marne de reconnaître l’imputabilité au service de la pathologie de M. B... (syndrome du canal carpien bilatéral).

M. B... a présenté des observations à ces courriers le 3 février 2026.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
– le code général de la fonction publique ;
– la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
– le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
– le rapport de Mme Vanessa Rémy-Néris, première conseillère,
– et les conclusions de Mme Bénédicte Lordonné, rapporteure publique.



Considérant ce qui suit :

M. B..., adjoint technique territorial titulaire dans les fonctions d’agent d’entretien pour le département du Val-de-Marne, au sein de la direction de la protection de l’enfance et de la jeunesse, sur le site de placement familial de la Nièvre, a été victime le 8 septembre 2015 d'un accident qui a été reconnu imputable au service. Le 12 mars 2016, M. B... a déclaré un syndrome du canal carpien bilatéral qu’il estime imputable au service. Par une décision du 9 août 2017, le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cette pathologie. Cette décision a été annulée par un arrêt du 3 décembre 2020 de la cour administrative de Lyon au motif de l'absence du rapport du médecin de prévention. En exécution de cet arrêt de la cour, l’autorité territoriale a de nouveau saisi la commission de réforme interdépartementale de la petite couronne, qui a rendu un avis le 11 octobre 2021. Par une décision du 24 décembre 2021, le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de la pathologie déclarée le 12 mars 2016. M. B... relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cette décision.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

Aux termes de l’article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : « Le fonctionnaire en activité a droit : (…) /2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. (…) / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident (…). / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales (…) ».

Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l’exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu’un fait personnel de l’agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l’aggravation de la maladie du service.

M. B... soutient que le syndrome du canal carpien bilatéral qu’il présente est en lien direct avec l’exercice de ses fonctions, qui incluaient notamment l’entretien des espaces verts et impliquaient des tâches répétitives l’amenant à porter des charges lourdes et à utiliser des outils électriques provoquant d’importantes vibrations. Le requérant produit deux rapports médicaux, datés des 11 janvier 2017 et 19 février 2021, émanant respectivement d’un rhumatologue et du médecin de prévention faisant état de gestes répétés de flexion-extension des doigts, de préhension-lâcher et de pronosupination des deux côtés opérés par M. B... dans le cadre de son activité professionnelle notamment lors de l’entretien des espaces verts et attestant de l’absence d’état antérieur. Ces éléments suffisent à démontrer que la pathologie présentée par l’intéressé est en lien direct avec les fonctions qu’il a exercées, alors même que le requérant était, à la date de sa déclaration, placé en congé de maladie depuis plus de trois mois à raison de la pathologie dorsale reconnue imputable au service dont il souffrait. Par suite, le refus d’imputabilité au service de sa nouvelle pathologie opposé à M. B... est entaché d’erreur d’appréciation et la décision du 24 décembre 2021 doit être annulée.

Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit utile de diligenter une mesure d’expertise sur le fondement de l’article R. 621-1 du code de justice administrative ni d’examiner les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

L’annulation de la décision du 24 décembre 2021 par le présent arrêt implique qu’il soit enjoint au président du conseil départemental du Val-de-Marne de reconnaître l’imputabilité au service du syndrome du canal carpien bilatéral dont souffre M. B....

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B..., qui n’est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le département du Val-de-Marne au titre de ces dispositions. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du département du Val-de-Marne une somme de 2 000 euros à verser à M. B... au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.


DÉCIDE :


Article 1er : Le jugement n° 2200577 du 13 juin 2024 du tribunal administratif de Dijon ainsi que la décision du 24 décembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître la pathologie déclarée le 12 mars 2016 par M. B... comme imputable au service sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental du Val-de-Marne de reconnaître l’imputabilité au service de la pathologie déclarée le 12 mars 2016 par M. B....

Article 3 : Le département du Val-de-Marne versera à M. B... une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions présentées par M. B... est rejeté.

Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. A... B... et au département du Val-de-Marne.


Délibéré après l’audience du 24 février 2026 à laquelle siégeaient :
M. Jean-Yves Tallec, président de chambre,
Mme Aline Evrard, présidente-assesseure,
Mme Vanessa Rémy-Néris, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2026.


La rapporteure,





Vanessa Rémy-NérisLe président,





Jean-Yves Tallec
Le greffier en chef,





Cédric Gomez

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions