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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-25LY00122

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-25LY00122

jeudi 2 avril 2026

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-25LY00122
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre - formation à 3
Avocat requérantSONKO AMINATA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler les décisions du 14 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Par un jugement n° 2409246 du 19 décembre 2024, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.


Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 17 janvier 2025, M. A..., représenté par Me Sonko, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de Lyon du 19 décembre 2024 ;

2°) d’annuler les décisions du 14 mai 2024 de la préfète du Rhône le concernant ;

3°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale », ou subsidiairement, d’examiner à nouveau sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’arrêt, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
– le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé et entaché d’un défaut d’examen sérieux préalable car il poursuit effectivement des études, avec sérieux et assiduité ;
– il poursuit effectivement des études, avec sérieux et assiduité ;
– le refus de titre de séjour méconnaît le respect de sa vie privée et familiale protégé par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– l’obligation de quitter le territoire français a méconnu son droit à être entendu, garanti par l’article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;
– l’obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l’illégalité du refus de titre de séjour.

La demande d’aide juridictionnelle de M. A... a été déclarée caduque par une décision du 11 juin 2025.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– la convention du 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal sur la circulation et le séjour des personnes ;
– l’accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– le code des relations entre le public et l’administration ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
– le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a été dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir entendu au cours de l’audience publique le rapport de Mme Vinet, présidente-assesseure.


Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant sénégalais né en 1991, entré en France le 2 octobre 2023 sous couvert d’un visa de court séjour, a sollicité le 8 avril 2024 la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « étudiant ». Par décisions du 14 mai 2024, la préfète du Rhône a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office. M. A... relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l’annulation de ces décisions.

2. En premier lieu, aux termes de l’article 4 de la convention franco‑sénégalaise du 1er août 1995 : « Pour un séjour de plus de trois mois, (…) les ressortissants sénégalais à l’entrée sur le territoire français doivent être munis d’un visa de long séjour et des justificatifs prévus aux articles 5 à 9 ci-après, en fonction de la nature de leur installation ». Aux termes de l’article 9 de la même convention : « Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures (…) doivent, pour obtenir le visa de long séjour prévu à l’article 4, présenter une attestation d’inscription ou de préinscription dans l’établissement d’enseignement choisi (…) Ils doivent en outre justifier de moyens d’existence suffisants, tels qu’ils figurent en annexe. Les intéressés reçoivent le cas échéant, un titre de séjour temporaire portant la mention « étudiant ». Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite des études ou du stage, ainsi que de la possession de moyens d’existence ». Aux termes de son article 13 : « Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l’application de la législation respective des deux États sur l’entrée et le séjour des étrangers sur tous les points non traités par la convention. ». Aux termes de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui établit qu’il suit un enseignement en France ou qu’il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d’existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d’une durée inférieure ou égale à un an (…) ».

3. D’une part, la situation des ressortissants sénégalais désireux de suivre des études supérieures en France étant entièrement régie par les stipulations précitées de la convention du 1er août 1995, M. A... ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l’article L. 422-1 précité à l’encontre de l’arrêté litigieux.

4. D’autre part, il ressort des pièces du dossier et n’est pas contesté que M. A... n’était pas titulaire d’un visa de long séjour, en méconnaissance de l’article 4 de la convention franco‑sénégalaise. La préfète du Rhône pouvait ainsi, sur le fondement des stipulations précitées, lui refuser, pour ce motif, la délivrance du titre de séjour portant la mention « étudiant » sollicité. M. A... ne peut utilement faire valoir, compte tenu du motif de refus de titre de séjour qui lui a été opposé, qu’il poursuit effectivement des études, avec sérieux et assiduité et une volonté de progresser.

5. En second lieu, les moyens, déjà soulevés en première instance, tiré de ce que le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé et entaché d’un défaut d’examen sérieux préalable, de ce qu’il méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de ce que l’obligation de quitter le territoire français a méconnu son droit à être entendu, garanti par l’article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et de ce qu’elle est illégale du fait de l’illégalité du refus de titre de séjour, doivent être écartés par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.


DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A... et au ministre de l’intérieur. Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.


Délibéré après l’audience du 12 mars 2026, à laquelle siégeaient :
M. Arbarétaz, président,
Mme Vinet, présidente-assesseure,
Mme Corvellec, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.


La rapporteure,

C. Vinet

Le président,

Ph. Arbarétaz

Le greffier en chef,
Greffier de l’audience,




C. Gomez


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,

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