LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-25LY00672

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-25LY00672

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-25LY00672
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation5ème chambre - formation à 3
Avocat requérantLETELLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A... C... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler l’arrêté du 25 mars 2024 par lequel le préfet de la Drôme a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et de prendre les mesures d’exécution en résultant.

Par un jugement n° 2407716 du 17 décembre 2024, le tribunal a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 7 mars 2025, M. C..., représenté par Me LeTellier, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement et l’arrêté contesté ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.



Il soutient que :
– aucune disposition légale n’empêche un étranger de solliciter un titre de séjour bien qu’il ait pu vivre en France en situation irrégulière ou qu’il ait pu utiliser une fausse carte d’identité ; les raisons pour lesquelles il n’y aurait pas de considérations humanitaires ne sont pas explicitées ; le jugement méconnaît ainsi les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– il remplissait les conditions d’attribution d’un titre sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; il est intégré en France où sont ses attaches privées et familiales, alors qu’il a été relaxé des poursuites pour l’utilisation d’une fausse carte et ne constitue pas une menace pour l’ordre public ;
– il doit bénéficier des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; il peut se prévaloir d’un motif exceptionnel ; il est employé sous CDI depuis plus de cinq ans par la même entreprise qui souhaite l’embaucher dans des conditions règlementaires avec une rémunération supérieure au SMIC ;
– la mesure d’éloignement méconnaît de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En application de l’article R. 611-8 du code de justice administrative l’affaire a été dispensée d’instruction.

M. C... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 5 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
– le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
– le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

M. C... ayant été régulièrement averti du jour de l’audience ;

Après avoir entendu au cours de l’audience publique :
– le rapport de M. Picard, président ;
– et les observations de M. C... ;

Considérant ce qui suit :

M. A... C..., ressortissant sénégalais né en 2000, et entré en France, selon ses déclarations en mai 2018, relève appel du jugement tribunal administratif de Grenoble du 17 décembre 2024 portant rejet de sa demande d’annulation de l’arrêté du 25 mars 2024 par lequel le préfet de la Drôme a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.



Sur la régularité du jugement :

Compte tenu de l’articulation du moyen tiré de ce que l’intéressé pouvait se prévaloir de considérations humanitaires au sens l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la réponse apportée par le tribunal pour l’écarter n’apparaît pas entachée d’insuffisance de motivation. Aucune irrégularité du jugement ne saurait à cet égard être retenue.

Le moyen tiré de ce que le tribunal aurait estimé à tort que l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile faisait obstacle à ce qu’un étranger vivant en France en situation irrégulière et sous couvert d’une fausse carte d’identité puisse demander un titre de séjour, ne met pas en cause les conditions dans lesquelles le jugement a été rendu, et donc sa régularité, mais le bien-fondé de la solution retenue. Il ne peut qu’être écarté.

Sur la légalité des décisions :

Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (…) ».

5.
Si M. C... se prévaut d’un jugement du tribunal judiciaire de Valence du 27 novembre 2024, dont il résulte qu’il a été relaxé des poursuites engagées à son encontre du fait de l’utilisation d’un faux document d’identité, mais sans que les raisons d’une telle relaxe ne soient jamais explicitées, il ressort toutefois des pièces du dossier que, comme il l’a d’ailleurs reconnu dans sa demande devant le tribunal mais également devant la cour et malgré sa nationalité sénégalaise, rappelée dans plusieurs documents officiels, dont son passeport, il a acheté lors d’un passage en Italie une carte d’identité italienne pour 300 euros et s’est fait embaucher en 2019 par une entreprise française comme ressortissant italien. Par ailleurs, rien au dossier ne permet de dire que sa présence auprès des enfants de Mme B..., compatriote sénégalaise, dont le mari serait malade, serait indispensable. Et la situation exacte de ses parents et de ses rapports avec eux demeure incertaine alors que, comme le relève notamment sa compagne, il a conservé des attaches, en particulier familiales, au Sénégal. Malgré les qualités personnelles et professionnelles dont il peut faire état, le moyen tiré de la violation des dispositions précitées doit, dans ces conditions et, pour surplus, par adoption des motifs du tribunal, être écarté.

6.
Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale », sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1. (…) ».





7.
Si M. C... travaille depuis 2019 dans une entreprise française qui a récemment présenté une demande d’autorisation de travail en sa faveur, il n’apparaît pas, compte tenu notamment de ce qui a été dit plus haut, que des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifieraient son admission au séjour en application de la disposition ci-dessus.

8.
Pour les mêmes motifs que ceux développés au point 4, aucune atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale au sens des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n’apparaît procéder de la mesure d’éloignement prise à son encontre.

9.
Il résulte de ce qui précède que M. C... n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal a rejeté sa demande. Sa requête doit, dans l’ensemble de ses conclusions, être rejetée.

DÉCIDE

Article 1er :
La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 :
Le présent arrêt sera notifié à M. A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.

Délibéré après l'audience du 6 novembre 2025 à laquelle siégeaient :
M. Picard, président de chambre ;
Mme Duguit-Larcher, présidente assesseure ;
M. Moya, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2025.

Le président, rapporteur,

V-M. Picard
La présidente assesseure,

A. Duguit-Larcher


La greffière,





A. Le Colleter

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions