Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
Procédures contentieuses antérieures
Mme A... B..., épouse C..., a demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler l’arrêté du 27 septembre 2024 en tant que le préfet de la Drôme lui a ordonné de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination.
M. D... C... a demandé au tribunal administratif de Grenoble d’annuler l’arrêté du 27 septembre 2024 en tant que le préfet de la Drôme lui a ordonné de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays de destination.
Par un jugement nos 2409052-2409054 du 6 mars 2025, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté leurs demandes.
Procédures devant la cour
I- Par une requête enregistrée le 4 avril 2025 sous le n° 25LY00963, Mme A... B..., épouse C..., représentée par Me Chabal, demande à la cour :
1°) d’annuler, en ce qui la concerne, le jugement du 6 mars 2025 ;
2°) d’annuler l’arrêté préfectoral du 27 septembre 2024 la concernant ;
3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer son dossier ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des frais d’instance, en application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S’agissant de la décision lui refusant un titre de séjour :
– elle est entachée d’incompétence ;
– elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
– elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S’agissant de la décision désignant le pays de destination :
– elle est insuffisamment motivée ;
– elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
II- Par une requête enregistrée le 4 avril 2025, M. D... C..., représenté par Me Chabal, demande à la cour :
1°) d’annuler, en ce qui le concerne, le jugement du 6 mars 2025 ;
2°) d’annuler l’arrêté préfectoral du 27 septembre 2024 le concernant ;
3°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer son dossier ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des frais d’instance, en application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il présente les mêmes moyens que ceux invoqués par son épouse dans l’instance n°25LY00963.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) présidents des cours administratives d’appel (…) peuvent par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…). Les présidents des cours administratives d’appel (…) peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
Mme A... B..., épouse C..., et M. D... C..., ressortissants algériens nés respectivement le 14 septembre 2000 et le 28 novembre 1986, sont entrés en France le 16 janvier 2023, selon leurs déclarations. Le rejet de leurs demandes d'asile par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a été confirmé le 20 septembre 2024 par la Cour nationale du droit d'asile. Par deux arrêtés du 27 septembre 2024, pris sur le fondement des dispositions du 4° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le préfet de la Drôme leur a notamment fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné leur pays de renvoi. Par deux requêtes qu’il y a lieu de joindre, Mme A... B..., épouse C..., et M. C... font appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Grenoble a rejeté, chacun en ce qui les concerne, leurs demandes tendant à l’annulation, dans cette mesure, de ces arrêtés.
Sur les décisions refusant un titre de séjour :
Si, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : (…) 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (…) » et si le préfet de la Drôme a cru devoir, avant de leur prescrire l’obligation de quitter le territoire français, se prononcer, à l’article 1er de chacun des arrêtés contestés, sur le droit au séjour des époux C..., dont les demandes d’asile avaient été définitivement rejetées, il ressort des dossiers de première instance que le tribunal administratif n’était pas saisi de conclusions tendant à l’annulation de ces décisions qu’au demeurant, s’agissant de la délivrance d’un titre de séjour en qualité de réfugié ou de bénéficiaire de la protection subsidiaire, le préfet était tenu de prendre Il en résulte que les conclusions tendant à l’annulation de ces décisions sont irrecevables comme nouvelles en appel.
Sur les décisions désignant le pays de destination :
En premier lieu, les arrêtés contestés, qui visent les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont suffisamment motivées en droit. Elles le sont également en fait par l’indication, d’une part, que les intéressés sont de nationalité algérienne et, d’autre part, qu’ils n’établissent pas que leur vie ou leur liberté est menacée ou qu’ils sont exposés à des traitements prohibés à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le cadre de l’exécution de ces décisions. Par suite, le moyen tiré d’une insuffisance de motivation doit être écarté.
En second lieu, M. et Mme C..., dont les demandes de protection internationale ont été définitivement rejetées, en dernier lieu par la Cour nationale du droit d’asile, n’établissent pas, par leurs seules déclarations et les attestations de tiers dépourvues de valeur probante, qu’ils seraient exposés, de façon personnelle et actuelle, à des risques sérieux pour leur vie, leur liberté ou leur sécurité en cas de retour en Algérie. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions d’annulation présentées par les époux C... contre ces décisions sont manifestement dépourvues de fondement.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d’appel doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
La présente ordonnance de rejet n’implique aucune mesure d’exécution et dans ces conditions, les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte présentées par les appelants doivent être rejetées.
Il en est de même des conclusions tendant à la mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas partie perdante, de leurs frais d’instance.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de Mme C... et de M. C... sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., épouse C..., à M. D... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Drôme.
Fait à Lyon, le 23 décembre 2025.
Le président,
Eric Kolbert
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,