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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-25LY01786

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-25LY01786

mardi 7 avril 2026

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-25LY01786
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantLEMOUDAA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d’annuler les arrêtés du 14 mai 2025 par lesquels le préfet du Puy-de-Dôme, d’une part, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office et lui a interdit de revenir en France pendant deux ans et, d’autre part, l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement n° 2501401 du 5 juin 2025, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2025, M. A..., représenté par Me Lemoudaa, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement du 5 juin 2025 du tribunal administratif de Clermont-Ferrand ;

2°) d’annuler l’arrêté préfectoral du 14 mai 2025 l’obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant de revenir en France pendant deux ans ;

3°) d’enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
– il n’est pas établi que l’arrêté contesté ait été pris à l’issue d’un contrôle d’identité opéré selon les dispositions de l’article 78-2 du code de procédure pénale ;
– il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
– il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– le code de procédure pénale ;
– le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d’appel (…) peuvent, (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».

M. A..., ressortissant algérien né le 8 septembre 1985, est entré irrégulièrement en France en février 2022, selon ses déclarations. Après son interpellation et son placement en garde à vue dans le cadre d’une enquête d’usage de faux document, le 14 mai 2025, il a notamment, par un arrêté du même jour du préfet du Puy-de-Dôme, fait l’objet d’une décision d’obligation de quitter sans délai le territoire français assortie d’une interdiction de retour pendant deux ans. M. A... fait appel du jugement par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.

En premier lieu, si M. A... soutient que le contrôle d’identité dont il a fait l’objet a méconnu les dispositions de l’article 78-2 du code de procédure pénale, cette circonstance, dont il appartient au seul juge judiciaire de connaître, est sans incidence sur la légalité de l’arrêté préfectoral contesté. Le moyen tiré d’une telle irrégularité doit être écarté comme inopérant.

En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant, célibataire et sans enfant à charge, n’est entré en France qu’en février 2022 à l’âge de trente-cinq ans, et que s’il se prévaut de l’exercice d’activités professionnelles, depuis lors, il l’a fait de manière irrégulière sous couvert d’une fausse carte d’identité espagnole et ne justifie pas avoir tenté de régulariser sa situation au regard du séjour. Par ailleurs, la seule présence en France de sa sœur vivant dans l’Hérault et d’un oncle en région parisienne, ne saurait suffire à démontrer l’existence, dans ce pays de liens personnels intenses et stables de nature à faire obstacle à son éloignement ou à une interdiction de retour, alors, au demeurant, qu’il déclare conserver des attaches familiales en Algérie, en la personne de ses parents et de deux frère et sœur. Dans ces circonstances, le préfet du Puy-de-Dôme n’a pas méconnu son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en prenant à son encontre l’arrêté en litige et pour les mêmes motifs, cet arrêté ne peut être regardé comme entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée par application des dispositions précitées de l’article R. 222- 1 du code de justice administrative.

La présente ordonnance de rejet n’implique aucune mesure d’exécution et par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d’injonction présentées par l’appelant. Celui-ci étant, en outre, partie perdante à l’instance, ses conclusions tendant à la mise à la charge de l’Etat d’une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent également être rejetées.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Puy-de-Dôme.


Fait à Lyon, le 7 avril 2026.


Le président,




Eric Kolbert


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,


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