mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-21PA00419 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LEONARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société à responsabilité limitée (SARL) Marketingevents a demandé au tribunal administratif de Paris la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2013, ainsi que des pénalités correspondantes.
Par un jugement n° 1815901 du 24 novembre 2020, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 janvier 2021, le 29 avril 2021, le 18 juin 2021, le 28 juillet 2021 et le 10 août 2021, la société Marketingevents, représentée par Me Léonard Anne, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1815901 du 24 novembre 2020 du tribunal administratif de Paris ;
2°) de prononcer la décharge des impositions contestées, en droits et pénalités ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été privée d'un débat oral et contradictoire dès lors que plusieurs réunions se sont tenues en l'absence de son gérant ;
- Mme B A n'était pas mandatée pour avoir un " dialogue " avec le vérificateur ;
- l'avis de mise en recouvrement est irrégulier dès lors qu'il ne comporte pas la mention de l'avis de la commission départemental des impôts ;
- l'administration aurait dû attendre l'avis de la commission départementale des impôts avant de mettre en recouvrement les rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2013 ;
- elle a été privée de la possibilité de saisir le comité de répression des abus de droit ;
- l'administration fiscale n'a pas donné suite à sa demande de saisine de la supérieure hiérarchique du vérificateur ;
- la proposition de rectification n'a pas été signée par la supérieure hiérarchique du vérificateur.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 février 2021, le 19 mai 2021, le 7 juillet 2021 et le 3 août 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- et le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les conclusions de M. Perroy, rapporteur public désigné en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative ;
- et les observations de M. C, représentant le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Marketingevents a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle l'administration fiscale a notamment mis à sa charge, selon la procédure de rectification contradictoire, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2013. La société Marketingevents relève appel du jugement par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2013 demeurant à sa charge.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction applicable au litige : " Avant l'engagement d'une des vérifications prévues aux articles L. 12 et L. 13, l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration ".
3. La charte du contribuable vérifié prévoit que si le vérificateur a maintenu totalement ou partiellement les redressements envisagés, des éclaircissements supplémentaires peuvent être fournis si nécessaire par l'inspecteur principal, et ultérieurement et le cas échéant, par l'interlocuteur spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur. Elle prévoit également que, en cas de difficultés, le contribuable peut s'adresser à eux au cours de la vérification.
4. La possibilité pour un contribuable de s'adresser au supérieur hiérarchique du vérificateur puis à l'interlocuteur départemental ou régional constitue une garantie substantielle ouverte à l'intéressé à deux moments distincts de la procédure d'imposition, en premier lieu, au cours de la vérification et avant l'envoi de la proposition de rectification, pour ce qui a trait aux difficultés affectant le déroulement des opérations de contrôle, et, en second lieu, après la réponse faite par l'administration fiscale aux observations du contribuable sur cette proposition, pour ce qui a trait au bien-fondé des rectifications envisagées.
5. La société Marketingevents soutient que l'administration fiscale n'a pas donné suite à sa demande de rendez-vous avec la supérieure hiérarchique du vérificateur. Elle produit, au soutien de ses allégations, d'une part, une copie d'un courrier daté du 30 novembre 2015, dans lequel son gérant indique qu'il " souhaite, comme indiqué dans la charte du contribuable vérifié, être reçu par Madame l'inspectrice principale des finances publiques [] afin d'exposer oralement [sa] position que votre réponse aux observations du contribuable n° 3926-SD datée du 2 novembre 2015 écarte, à tort, selon [lui] ", et d'autre part, un avis de réception, référencé 1A 113 516 3062 4, sur lequel a été apposé un tampon comportant les mentions " reçu le 3 décembre 2015 " et " Dircofi IDF ouest ". L'administration fiscale fait valoir que le seul courrier qu'elle a reçu le 3 décembre 2015 de la part de la société Marketingevents était un courrier de saisine de la commission départementale des impôts, également daté du 30 novembre 2015, et contenu dans un pli correspondant, selon ses propres écritures, à l'avis de réception référencé 1A 113 516 3061 7, et que le pli correspondant à l'avis de réception référencé 1A 113 516 3062 4, qu'elle admet, dans ses écritures d'appel, avoir effectivement reçu, ne comportait pas le courrier de saisine du supérieur hiérarchique du vérificateur produit par la société. Toutefois, l'administration fiscale ne produit, ni même ne précise, les documents qui auraient été contenus, selon elle, dans ce pli. Par ailleurs, elle ne fait pas état des diligences qu'elle aurait effectuées à la suite de la réception de ce pli. Dans ces conditions, la société Marketingevents doit être regardée comme ayant adressé aux services de la direction de contrôle fiscal le courrier du 30 novembre 2015 tendant à la saisine du supérieur hiérarchique du vérificateur. Or, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale n'a pas accédé à cette demande. Ainsi, et dès lors que la société Marketingevents a été privée d'une garantie substantielle, les impositions en litige ont été établies à la suite d'une procédure irrégulière.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Marketingevents est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée demeurées à sa charge au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2013 et des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des conclusions de la société Marketingevents présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement n° 1815901 du 24 novembre 2020 du tribunal administratif de Paris est annulé.
Article 2 : La société Marketingevents est déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée demeurés à sa charge au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2013, ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 3 : L'Etat versera à la société Marketingevents la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société Marketingevents et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée à la direction de contrôle fiscal Ile-de-France (division juridique).
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, où siégeaient :
- Mme Vinot, présidente,
- Mme Vrignon-Villalba, présidente assesseure,
- M. Aggiouri, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 14 décembre 2022.
Le rapporteur,
K. DLa présidente,
H. VINOT
La greffière,
E. VERGNOL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026