vendredi 13 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-21PA03644 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | DIOP |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler la décision du 17 décembre 2020 par laquelle le préfet de police a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office.
Par un jugement n° 2101302 du 1er juin 2021, le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de M. A.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 juin 2021 et 4 avril 2022, M. A, représenté par Me Diop, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2101302 du 1er juin 2021 du tribunal administratif de Paris ;
2°) d'annuler la décision du 17 décembre 2020, par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le tribunal a commis une erreur de fait ;
- la décision de refus de séjour se trouve entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur de fait : il a déposé une demande d'autorisation de travail autorisant le renouvellement de son titre salarié ;
- elle est entachée de méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits des enfants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences personnelles ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire et celle fixant le pays de destination sont illégales du fait de l'illégalité du refus de séjour ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est dépourvue de base légale, sa situation de père d'un enfant français faisant obstacle à toute mesure de reconduction.
Par mémoire, enregistré le 12 avril 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête de M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits des enfants.
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né en 1996, entré mineur en France, s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité d'apprenti, renouvelé en qualité de salarié. Il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de salarié. Par arrêté du 17 décembre 2020, le préfet de police a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire et a fixé le pays de destination. Par jugement du 1er juin 2021 le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande dirigée contre ces décisions. Il demande à la Cour d'annuler le jugement du 1er juin 2021, ainsi que la décision préfectorale du 17 décembre 2020.
2. M. A soutient que l'arrêté préfectoral serait entaché d'un défaut d'examen en ce que, contrairement à ce que mentionne ledit arrêté, il a bien produit une demande d'autorisation de travail comme cela lui a été demandé et qu'il est père d'un enfant français. Si M. A s'est abstenu de remplir la partie de la fiche de salle relatif à sa vie familiale en France, il établit être père d'un enfant français. Il établit également avoir produit, avant la date de la décision attaquée, les demandes d'autorisation de travail demandées par l'administration. La décision du 17 décembre 2020, qui ne mentionne pas la présence de cet enfant et pointe l'absence de demande d'autorisation de travail, est ainsi entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et doit être annulée.
3. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à soutenir que c'est à tort que, par jugement du 1er juin 2021, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté préfectoral du 17 décembre 2020. Il y a lieu, dès lors, d'annuler le jugement attaqué ainsi que cet arrêté.
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A à l'occasion de l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Paris du 1er juin 2021 est annulé.
Article 2 : L'arrêté du préfet de police du 17 décembre 2020 est annulé.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 21 avril 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Carrère, président de la chambre,
- M. Simon, premier conseiller,
- Mme Fullana, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la Cour, le 13 mai 2022.
Le rapporteur,
C. BLe président,
S. CARRERE La greffière,
E. LUCE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026