mercredi 11 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-21PA05734 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL INTERBARREAUX MONCONDUIT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au Tribunal administratif de Montreuil d'annuler la décision du 29 janvier 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, ensemble la décision du 24 novembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique.
Par une ordonnance n° 2100894 du 8 octobre 2021, le président de la 11e chambre du Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 et 18 novembre 2021, M. A, représenté par Me Monconduit, demande à la Cour :
1°) d'annuler l'ordonnance n° 2100894 du 8 octobre 2021, par lequel le président de la 11e chambre du Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande ;
2°) d'annuler la décision du 29 janvier 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, ensemble la décision du 24 novembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de faire droit à sa demande de regroupement familial dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa demande dans le même délai sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit quant au délai de saisine de la juridiction.
Sur la légalité de la décision du ministre de l'intérieur :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions du 1° de l'article L. 411-5 et celles de l'article R. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien, a présenté une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse. Il relève appel de l'ordonnance du 8 octobre 2021 par laquelle le président de la 11e chambre du Tribunal administratif de Montreuil a rejeté, comme étant manifestement irrecevable, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 29 janvier 2020 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande et de la décision du 24 novembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique dirigé contre cette décision.
2. En application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents des formations de jugement des cours " peuvent, () par ordonnance : rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
3. En premier lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Par suite, M. A ne peut, en tout état de cause, utilement se prévaloir de ce que l'ordonnance attaquée serait entachée d'une erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés ". Il ressort des motifs de l'ordonnance contestée que le président de la 11ème chambre du tribunal a précisé les éléments de droit et de fait sur lesquels il s'est fondé pour rejeter, comme étant tardives et par suite manifestement irrecevables, les conclusions de M. A dirigées contre la décision du 29 janvier 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis et ses conclusions dirigées contre la décision du 24 novembre 2020 du ministre de l'intérieur. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'ordonnance serait entachée d'irrégularité.
5. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". D'autre part, aux termes des dispositions du I de l'article 1er de l'ordonnance
n° 2020-306 du 25 mars 2020 : " Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus ". Aux termes du premier alinéa de l'article 2 de cette ordonnance : " Tout () recours () qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ". En application de ces dispositions, en l'absence de recours contentieux ou administratif exercé dans un délai de deux mois à compter du 23 juin 2020, les conclusions dirigées contre une décision dont le délai de recours aurait dû expirer entre le 12 mars et le 23 juin 2020 sont tardives et par conséquent irrecevables.
6. M. A a présenté le 22 janvier 2019 une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse. Par une décision du 29 janvier 2020, comportant l'indication exacte des voies et délais de recours ouverts contre cette décision, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande. Il ressort des pièces du dossier que, par un écrit daté du 4 février 2020, le requérant a indiqué s'être vu adresser cette décision le 3 février 2020, date à laquelle la décision doit en conséquence être regardée comme lui ayant été notifiée. En application des dispositions citées au point 5, M. A pouvait valablement présenter un recours contentieux ou administratif seulement jusqu'au 24 août 2020. S'il prétend avoir adressé un recours hiérarchique au ministre de l'intérieur le 21 août 2020, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un tel recours ait été notifié au ministre à cette date, M. A ne contestant d'ailleurs pas sérieusement la mention de la décision du ministre selon laquelle ce recours lui a été notifié le 26 août 2020. Par suite, c'est à juste titre que le premier juge a estimé qu'en l'absence de recours contentieux ou administratif exercé dans un délai de deux mois à compter du 23 juin 2020, les conclusions de M. A dirigées contre la décision du 29 janvier 2020 du préfet de la Seine-Saint-Denis étaient tardives et dès lors manifestement irrecevables, et qu'étaient également manifestement irrecevables les conclusions de M. A dirigées contre la décision du 24 novembre 2020, dès lors purement confirmative, par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président de la 11e chambre du Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande comme étant manifestement irrecevable. Par suite, la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction et sous astreinte ainsi que celles portant sur les frais liés à l'instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Paris, le 11 mai 2022.
La présidente de la 5ème chambre,
H. VINOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026