vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-22PA00060 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MARCON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C B a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l'Etat à lui verser une somme de 16 400 euros au titre du préjudice que lui a causé la décision du 19 février 2019 par laquelle le recteur de l'académie de Créteil l'a suspendu à titre conservatoire de ses fonctions.
Par un jugement n° 1913059 du 5 novembre 2021, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 janvier et 10 octobre 2022, M. B, représenté par Me Marcon, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Montreuil ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 16 400 euros assortie des intérêts à compter du 22 juillet 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les faits sur lesquels est fondée la décision du 19 février 2019 ne présentaient pas un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité ;
- l'intérêt du service n'imposait pas de le suspendre ;
- le gel de sa notation constitue une sanction déguisée ;
- la décision fautive du 19 février 2019 lui a causé un préjudice de 16 400 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2022, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- sa décision du 19 février 2019 n'est pas fautive ;
- le préjudice allégué par M. B n'est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Jayer, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marcon, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. Peyrat, conseiller principal d'éducation, a été affecté à compter du
19 novembre 2018 au lycée Auguste Blanqui à Saint-Ouen afin d'assurer les fonctions de proviseur adjoint. Par un arrêté du 19 février 2019, le recteur de l'académie de Créteil l'a suspendu à titre conservatoire de ses fonctions pour une durée maximale de quatre mois, qui a pris fin le 18 juin 2019. Par un courrier reçu au rectorat le 22 juillet 2019, M. B a présenté une demande indemnitaire à hauteur de 16 400 euros au titre du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de sa suspension. A la suite du rejet implicite de sa demande, il a saisi le tribunal administratif de Montreuil afin qu'il condamne l'Etat à lui verser cette somme. Il relève appel du jugement par lequel le tribunal a rejeté sa demande.
2. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations du fonctionnaire, applicable au litige : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. / Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions. S'il fait l'objet de poursuites pénales et que les mesures décidées par l'autorité judicaire ou l'intérêt du service n'y font pas obstacle, il est également rétabli dans ses fonctions à l'expiration du même délai (). / En cas de non-lieu, relaxe, acquittement ou mise hors de cause, l'autorité hiérarchique procède au rétablissement dans ses fonctions du fonctionnaire. Un décret en Conseil d'Etat détermine les modalités de la publicité du procès-verbal de rétablissement dans les fonctions ". Ces dispositions trouvent à s'appliquer dès lors que les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
3. Il résulte de l'instruction que la proviseure du lycée Auguste Blanqui a transmis, le 18 février 2019, un rapport au recteur de l'académie de Créteil exposant plusieurs témoignages d'élèves et de surveillantes, recueillis le jour même, faisant état de propos et de gestes inappropriés de M. B à l'égard de plusieurs lycéens. Ces faits présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité compte-tenu, d'une part, de ce qu'ils émanaient de plusieurs lycéens et surveillantes, d'autre part, de leur caractère réitéré, de leur connotation ambigüe et de ce qu'ils concernaient une population pour l'essentiel mineure et placée sous l'autorité de M. B. La circonstance que ni les élèves, ni les parents n'aient porté plainte est à cet égard sans incidence, de même que la décision du procureur de la République de classer sans suite la saisine faite sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale, qui est postérieure à la décision en litige et qui, en déniant la qualification d'infraction pénale aux faits concernés, n'en a pour autant pas remis en cause la matérialité. Il en va de même des témoignages des personnes auditionnées à l'occasion de l'enquête de police, postérieurs à la décision en litige, ainsi que de l'état de service, des diplômes et des publications de M. B, nullement incompatibles avec la matérialité des faits qui lui étaient reprochés. Enfin, compte tenu des fonctions exercées par M. B, l'amenant à être au contact quotidien des élèves, et de la gêne occasionnée par son comportement dans la communauté éducative, et alors même que les termes employés par le rapport de la proviseure puissent apparaître excessifs, le recteur de l'académie de Créteil n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en décidant, dans l'intérêt du service, de le suspendre à titre conservatoire de ses fonctions.
4. Si M. B fait également valoir que le gel de sa note constitue une sanction déguisée, cette circonstance serait en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision de suspension contestée.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera transmise au recteur de l'académie de Créteil.
Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Heers, présidente de chambre,
M. d'Haëm, président-assesseur,
Mme Saint-Macary, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La rapporteure,
M. D
La présidente,
M. A
La greffière,
A. GASPARYAN
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026